Bipolaire en demande d’aide : Détecter les signaux de détresse !

Vivre avec une personne bipolaire n’est pas facile; par exemple, ce n’est jamais facile de savoir quand on doit intervenir auprès de la personne pour lui apporter notre aide – dont elle a besoin – ! La majorité des personnes proches de bipolaires estiment qu’il faut respecter un certain « droit de liberté » afin de ne pas trop paraître curieux et/ou envahissant … Pourtant, pour une personne souffrant de troubles bipolaires, c’est tout le contraire : elle a besoin de votre aide et le ressent; même si le contraire se fait entendre ou voir, à l’intérieur d’elle-même, c’est différent .

 

Les signes qui indiquent qu’une personne bipolaire a besoin d’aide !

Il existe des signes précurseurs qui ne trompent pas quand on parle d’appel à l’aide de la part d’une personne souffrant de bipolarité . Il faut bien se dire qu’une crise maniaque ou dépressive peut aussi être le résultat d’un appel au secours manqué de la part des proches … Voici donc quelques signaux qui doivent alerter un proche pour lui dire que la personne bipolaire qu’il côtoie a besoin d’aide …

 

Un comportement changeant

Si une personne bipolaire est, normalement, toujours dans l’empathie et la bienveillance, mais que tout à coup elle devient brutale, indifférente, égoïste, sans-coeur, et donc insensible envers les autres personnes l’accompagnant, c’est un premier appel à l’aide . Si vous êtes un conjoint ou faites partie de la famille d’une personne bipolaire, vous avez déjà entendu ce genre de phrase :

« Je ne t’ai jamais aimé ! » / « Vous voyez enfin ma vraie personnalité ! » etc etc …

 

Plus aucune écoute

Un second signe alarmant affecte la faculté d’écoute du maniaco-dépressif . Toujours pareil, si la personne a un soudain revirement contraire dans sa façon de se comporter et de parler . On peut apercevoir un léger degré de narcissisme car elle ne parlera que d’elle et n’écoutera même pas son interlocuteur; sans même s’en rendre compte ! Elle n’attendra même pas votre réponse à ses questions et passera d’un sujet à l’autre; exemple :

« Tu as vu mes supers belles baskets ? Elles sont belles hein ? J’en ai marre de regarder la télé, je vais acheter un sandwich, tu veux venir ? J’ai trop faim, hier j’étais malade ! » etc etc …

Ce type de discussion « monologue » peut faire sourire quand on ne vit pas la situation, mais en réalité il n’y a rien de drôle pendant cette situation pour la personne proche . Est-ce un phénomène de stress et que la personne bipolaire ne peut pas attendre la réponse ou ne veut pas l’entendre de peur d’être déçue ??? Mystère …

 

Une augmentation de la colère

Un autre signal d’alerte est l’irritabilité du bipolaire . C’est un véritable état pathologique qui peut se révéler être très dangereux en fonction des proportions que la crise entraîne . Dès les premiers signes d’irritabilité, pourtant pour des choses débiles futiles au début, elle peut vite passer de simples violences verbales à des violences physiques . Un exemple de parole prononcée sous l’effet de la colère :

« Pourquoi mon t-shirt est rangé à l’envers ?! »

C’est encore un appel à l’aide du bipolaire qui est à gérer dès les premières apparitions d’une crise de colère .

 

La fugue / La fuite

Un autre signe annonciateur d’appel à l’aide de la personne atteinte de troubles bipolaires : la fugue – ou la fuite – . Cette situation peut être un vrai cauchemar pour les personnes proches … Souvent, ce phénomène se produit quand le patient n’est pas diagnostiqué; pendant une période maniaque bien souvent . Difficile de savoir quand elle va partir sur un coup de tête et, surtout, difficile de savoir pourquoi ?! Fuir la maladie ? … Beaucoup de maniaco-dépressifs avouent avoir déjà fugué sans prévenir leurs proches ! Prendre un train et se retrouver dans une ville qu’ils ne connaissent pas et se demander qu’est-ce qu’ils font là quelques jours plus tard … Voilà le risque pour une personne bipolaire qui n’a pas reçu d’aide à temps !

 

Un manque d’intérêt

La personne bipolaire qui est en crise va souvent ressentir une perte d’intérêt grandissante envers des choses, qu’en temps normal, elle est passionnée . Ca peut être un sport, un série tv, une passion créative ou même passer du temps avec ses enfants ! Si cette personne a des animaux, il y a un risque qu’elle oublie de leur donner à manger, et/ou de les sortir; elle pourra même avoir l’idée de les expulser de chez elle, car trop contraignants … La vie professionnelle peut aussi être affectée dangereusement par ce type d’émotion; L’envie d’arrêter d’aller travailler peut être envisagée . La pensée pourra alors être du style :

« Je m’en fous si je suis viré(e) ! Je suis capable de retrouver un travail n’importe quand ! »

Ce signe peut donc avoir des conséquences graves s’il n’est pas détecté à temps par les proches …

 

Une envie de rester couché(e)

Le canapé ou le lit sont souvent les meubles préférés des personnes bipolaires en dépression ! Si vous connaissez une personne souffrant de maniaco-dépression qui reste au lit de longues heures, il faut essayer de la motiver, lui parler, lui changer le moral ( ce n’est pas obligé de lui dire de sortir; la brusquer ne sert à rien; sinon aggraver les symptômes de la dépression comme la culpabilité ! ) . Rester couché toute la journée durant plusieurs jours peut aggraver la dépression si aucune aide n’est signifiée à la personne malade … Si une personne reste couchée, c’est que quelque chose ne va pas, il faut donc l’aider à s’en sortir du mieux que vous pouvez .

 

C’est -toujours- de la faute des autres

Une personne bipolaire vous dit que tout est de votre faute et se sent, à contrario, insultée / persécutée ? C’est aussi un signal qui doit vous mettre la puce à l’oreille comme quoi quelque chose ne va pas ! Par exemple si, lors d’une simple discussion, vous parlez de tous vos problèmes et que le bipolaire rétorque :

« Alors comme ca je suis ton souci ?! Je suis donc le problème de tout le monde alors !? Vous vous êtes regardé avec tous les problèmes que vous avez dans votre vie ? »

C’est encore une fois un appel à l’aide, une façon d’attirer l’attention sur lui; on peut d’ailleurs se rendre compte de l’incohérence des propos du bipolaire dans un tel appel à l’aide …

 

Un changement dans l’apparence

Une personne bipolaire qui change soudainement sa façon de s’habiller ou de se maquiller peut être utilisé comme un « sos » pour vous dire que quelque chose ne va pas . Sa façon de marcher ou de vous regarder fait aussi partie de ce type de signal . Cela indique aussi un changement d’ambiance, un changement d’humeur en général .

 

Si vous êtes un proche d’une personne souffrant du trouble bipolaire, vous pouvez commencer par vous créer une liste de rappels concernant les symptômes de la maladie et de ses épisodes maniaques et dépressifs . Cela peut vous aider à mieux réagir face aux premiers signaux d’alerte de votre proche malade . Il ne faut pas oublier qu’un problème récurrent de concentration, de colère, d’anxiété ou d’irritabilité n’est pas à prendre à la légère et qu’ils ont souvent une cause déclenchatrice, une signification cachée …
Il faut apprendre à faire confiance en votre intuition et ne pas avoir peur d’aider la personne aimée qui souffre de bipolarité et a toujours besoin d’une aide externe .

 

Bipolarité et aide

Quand aider une personne bipolaire ?

J'aime, je partage et je tweet Le Bipolaire : C'est gratuit !

Inscrivez-vous à la newsletter LeBipolaire.com ! Recevez avant tout le monde nos derniers articles sur la maladie bipolaire ( conseils, témoignages et autres actualités ... )
Publié dans BIPOLAIRE : Des troubles mentaux de la personnalité maniaco / dépressif Tagués avec :
16 commentaires sur “Bipolaire en demande d’aide : Détecter les signaux de détresse !
  1. Gabrielle dit :

    Facile à comprendre, simple, juste.

    Merci

  2. Gabrielle dit :

    Parler, de la douceur, ne pas juger. Conseiller la visite chez le psychiatre ou psychothérapeute.

    De l’amour encore et toujours.

    • Origami dit :

      Je prend le cas de min mari car vous êtes tous différents dans vos façon de réagir hein…
      Je fais déjà tout va… Je ne le juge pas, je me renseigne, je me fait aider (psy pour moi psychiatre groupe de parole etc) je lui parle de tout de rien de nous de sa maladie et de ce que j’apprends… J’essai des approches (prendre dans les bras u’ petit bisous des compliments) je pense avoir tout essayé. Et avant tout je l’aime et je lui dit… Mais rien… Il est hermétique à tout ça. Me rejette. Rejette nos enfants. Se renferme. Fait comme ci nous étions pas là…

      • Nath dit :

        Je rajouterai aux propos d’Origami : pourquoi, malgré toutes les preuves d’amour, toute la patience qu’on peut avoir…pourquoi est-on rejeté ou ignoré alors qu’avec les autres, leurs relations n’ont pas changé ?
        Je croyais naïvement que lors d’une dépression, c’est tout le monde qu’on fuit ?

        • Julie dit :

          Bonjour,
          En dépression je fuis tout le monde, même si je sais que je peux être désagréable j’essaie de rester disponible pour mes enfants et mon mari. Je fais le minimum mais je ne m’en prends pas à eux, lorsque mon mari me demande si ça va et que j’ai très envie de lui crier « tu vois pas que j’ai envie de creuver » je lui réponds « pas vraiment ». Je n’ai jamais été méchante avec mes proches, ils n’y sont pour rien. Ce n’est pas parcequ’ on est malade qu’on doit s’en prendre à la terre entière. Si je m’écoutais je ne sortirais pas de mon lit !!!! Mes enfants n’ont rien demandé et je ne veux pas qu’un jour l’un d’eux ait un trouble à cause de cette maman. Conjoint protégez vous et je pense que vous avez le droit aussi de leur dire qu’à un moment donné vous aussi vous êtes exténués et que vous ne tiendrez pas longtemps. C’est un peu comme ci mon mari attrapé une maladie contagieuse et qu’il ne voudrait pas se faire soigner et rester à mon contact et celui des enfants et ben je m’excuse mais hors de question qu’il nuise aux enfants, tu veux pas te faire soigner, c’est ton choix mais tu te casses. Il ne faut pas qu’il entraîne tout le monde dans sa chute. Bon courage

          • Origami dit :

            Nath après je pense que ça dépend des caractères aussi. Mais surtout et cedt Laurent et beaucoup de mes séances chez le psy lol qui me font dire aussi que les blessures de l’enfance y jouent fortement sur leur réaction (et la je ne parle pas des symptômes)

            Tjs l’exemple de mon mari (désolée c’est celui que je connais le mieux mdr) il a eu une enfance de merde et surtout un abandon de sa mère… Du coup tant qu’il ne travaillera pas sur ça, il mettra en péril tjs ses relations amoureuses et ses enfants. J’entends par la (bon après je ne suis pas psy mais je le ressens comme ça) qu’il n’est pas bien de par sa maladie mais aussi les failles de son enfance font qu’il pense que personne ne peut l’aimer… Donc il va détruire tout ce qu’il construit et me pousser à le quitter pour dire Ha tiens tu vois je le savais je me fait tjs abandonner…

            Je me trompe peut être mdr… Mais c’est le constat que je fais à chaque crise (up ou down)

      • Gabrielle dit :

        Je viens de te lire. Effectivement, nous sommes tous différent. POur ma part, si j »avais eu de l’amour comme tu en donnes, j’aurais certainement moins sombré . Tu me sembles adorable, ouverte, aimante. Il faut TE protéger.

        Il doit être très dépressif. Le traitement ne l’aide pas ? est-il depuis longtemps dans cet état ?

        • Origami dit :

          Gabrielle
          On a du cette après-midi qu’il rentrait dans une clinique à 300 bornes d’ici…
          Je suis partagée au vu de ses hospitalisation qui ont fait pire que mieux… Mais aussi qu’il va peut être être soigné correctement cette fois ? Je l’espère…

          Lui est soulagé et a même repris le dialogue avec moi.. Wahouuu. Pareil je me dis il est tellement content de partir qu’il est guilleret.. Pfff je préfère me rassurer en me disant qu’il se dit également qu’il sera soigné.

          Tu vois c’est ambiguë dans ma tête aussi mdr.

          Pour te répondre en 6 ans il a fait trois hypomanie et le double de dépression dont deux qui ont fini en clinque. (pendant les hypo il me quitte..) il n’est traité que depuis fin juin et « seulement » pour la cyclothymie… (le diagnostic étant cyclothymique sous réserve de bipolarité)

          Je ne comprend pas non plus pourquoi il est hermétique à mon amour… Notre amour car nos enfants sont dingue de lui… La peur ? Trop d’amour ? On l’aime mal ?

          Enfin bref.. Que de question… Mais oui malgré. Tout je sais que min mari n’est pas celui qu’il est en ce moment… Mon mari est quelqu’un de bien et un bon papa.

          • Gabrielle dit :

            Je lis qu’il est traité depuis peu et je suppose que tu sais que le traitement met du temps à agir. Son traitement n’est peut être pas définitif.

            En ce qui concerne sa réaction de rejet, je pense que tu lui accordes un amour inconditionnel comme une maman le fait avec son enfant et qu’il sait que quoiqu’il fasse pour le moment tu seras là.

            IL y a aussi le fait qu’il est tellement mal u’il n’y a pas de place pour l’amour pour le moment; Il a tellement de choses à régler avec lui-même.Il est content de partir car il va être entouré, materné, soigné autrement qu’avec toi qui est dans l »émotion. IL espère être soigné…enfin…correctement et dans la durée.

            MAIS Origami,pense à toi, à tes enfants. Fais toi plaisir. Ne t’oublie pas. Profite aussi de son absence pour respirer un peu.

            Il veut se soigner, il y a du progres dans le sens où il a un traitement.

            Patience et amour dans le respect de chacun.

            Bravo.

  3. Nath dit :

    Origami,
    Je suis contente pour toi que ça bouge enfin ! 🙂
    Tu vas pouvoir respirer un peu (enfin, pas facile avec 3 bout’d’chou^^), mais au moins tu sauras ton mari entre de bonnes mains. Et lui va pouvoir se faire soigner correctement.
    Que du positif, donc !

    • Origami dit :

      Merci les filles…

      Gabrielle c’est exactement ça… Enfin je le pense également. Car il rejette aussi son père.
      J’ai espoir que cette fois ci il va être soigné correctement… En même temps j’ai une peur bleue que ça recommence comme a chaque hospitalisatuin…

      Même maintenant je pense à moi… Je suis certes au début de min chemin mais je fais en sorte d’être bien pour que mes petits soient bien (psychologue psychiatre sport unafam par exemple) mais il est vrai qu’avec trois petits ça réduit les possibilités de sortir du quotidien lol.
      Allez in croise les doigts… Ça ira.

  4. potu dit :

    ce nest pas facile a comprendre certains jours jai vecut 5ans avec une elle ma quitter elle sest leme pas pourquoi moi encore moins helas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.