Bipolarité et sexualité : Un comportement tabou ?

Bipolarité et sexualité : Un comportement tabou ?

Le sexe, voilà un sujet qui est encore tabou pour beaucoup de personnes. Les patients qui souffrent de bipolarité ont une sexualité qui varie avec les phases, passant d’une diminution de la libido à l’hypersexualité. Pourtant, il est rare de trouver des personnes qui parlent librement du trouble bipolaire allié à la sexologie, faisons donc un petit tour des symptômes, phases et conséquences du comportement du bipolaire en rapport avec ses troubles sexuels.

Bipolaire et sexologie

Il faut quand même avouer (en général) que le sexe fait partie de la vie de tous. Les relations sexuelles consentantes entre 2 personnes créées de profonds sentiments intimes et amoureux. Elles améliorent également la qualité de la relation (sociale et amoureuse) entre 2 personnes. Même si cela existe, une relation à long terme ne peut guère être envisagée et durer sans relations sexuelles entre les 2 partenaires.
D’après plusieurs études, les personnes qui ont une vie sexuelle active sont beaucoup mieux mentalement et physiquement que celles avec une activité sexuelle minime. Le sexe est bon pour la santé et voici pourquoi :

  • Il remplace le sport : Pendant un ébat sexuel, le cœur bat plus vite, la respiration est plus profonde afin de donner davantage d’oxygène aux muscles qui travaillent.
  • Il améliore le système immunitaire : Les personnes ayant au minimum 1 rapport sexuel hebdomadaire ont des anticorps plus forts. Les anticorps sont indispensables pour la bonne immunité (protection) du corps contre les maladies.
  • Il réduit le risque d’avoir une crise cardiaque : Les personnes qui ont fréquemment des rapports sexuels ont une meilleure santé cardio-vasculaire. Cela est dû au fait de l’exercice pratiqué régulièrement ainsi qu’à l’équilibrage de la testostérone et des œstrogènes que cela engendre.
  • Il permet un meilleur contrôle de la vessie (femme) : Durant un acte sexuel, les muscles sont employés à l’intérieur du plancher pelvien. Si ces muscles sont souvent sollicités, alors ils seront plus forts et cela engendrera un meilleur contrôle sur la vessie.
  • Il réduit la douleur : Des scientifiques ont démontré qu’avoir un orgasme sexuel réduisait la sensation de la douleur grâce notamment à une augmentation d’ocytocine qui va libérer des endorphines.
  • Il réduit le niveau de stress et améliore le sommeil : Après un rapport sexuel, une hormone, qui est la prolactine, est libérée dans le corps. Cette hormone agit comme un décontractant / un calmant, elle aide ainsi à se sentir confortable.

Quand l’activité sexuelle est active, cela provoque tous les bénéfices décrits ci-dessus. Si l’activité sexuelle est faible, cela peut provoquer des conséquences problématiques, autant pour les partenaires que pour l’entourage. Le trouble bipolaire et le sexe peuvent être associés en permanence, comme s’il existait un lien perpétuel. Il faut savoir que la vie sexuelle et son fonctionnement sont bien plus impactés par les troubles bipolaires que par tout autres types de troubles mentaux et psychiques.

La bipolarité est une maladie qui est constituée de phases maniaques (ou hypomaniaques), dépressives, mixtes (période de dépression et de manie mêlées) ainsi que de phases normales appelées « euthymiques ». Quand les symptômes changent, la sexualité du bipolaire change aussi. Ces changements influent sur le comportement et inévitablement sur les rapports avec l’entourage. En analysant les informations sur la sexologie reliée au trouble bipolaire, on peut arriver à mieux comprendre chaque état comportemental en fonction de la phase pour ensuite diminuer l’impact négatif que cette situation créée. 

Hypersexualité et phase (hypo)maniaque

Selon les critères du spectre bipolaire, la phase maniaque est une période qui a une durée d’une semaine minimum. Durant cette période de manie, l’humeur du bipolaire est haute, « up », avec une joie intense, une énergie débordante et un faible besoin de sommeil. Le bipolaire au stade maniaque fait aussi de mauvais choix, son jugement n’est pas en phase avec la réalité. La phase hypomaniaque a une durée de 4 jours minimum avec des symptômes semblables à la manie, sauf au niveau de l’intensité. Les symptômes de l’hypomanie sont d’une plus faible intensité que ceux de la manie.

On ne dénombre pas beaucoup de troubles mentaux qui confirment la prise en compte de la sexualité dans le diagnostic ; comme peut l’être celui du trouble bipolaire. En période maniaque, le bipolaire est généralement très attiré par les comportements où il y a des objectifs, comme le sexe via la séduction par exemple. Le patient peut alors être très intéressé par les rapports sexuels, que ce soit avec sa(son) partenaire ou avec d’autres personnes (connaissances ou non) . D’ailleurs, beaucoup de témoignages de maniaco-dépressifs confirment cet attrait sexuel avec des personnes avec qui ils n’auraient jamais eu de rapports en dehors de cette période de manie. C’est ce symptôme qu’on appelle l’hypersexualité ou « trouble hypersexuel ».

Certaines personnes vont alors se révolter en proclamant : « Qu’est-ce qu’il y a de mal à avoir des rapports sexuels quand on en a envie, même si c’est exagéré ?! » … Souvenez-vous que l’impulsivité est un symptôme premier de la phase maniaque, cela résume une perte de contrôle sur son propre comportement ; c’est l’impulsivité sexuelle dans ce sujet précis. Sous l’effet de l’impulsion et en pleine crise de manie, le bipolaire aura certainement des rapports sexuels non-protégés et c’est cela qui est très dangereux ; voilà ce qu’il y a de mal !! Les maladies sexuellement transmissibles sont alors le risque premier, avec la grossesse non souhaitée pour les femmes également …

Avoir un intérêt démesuré pour le sexe est la définition principale de l’hypersexualité, les impulsions sexuelles sont bien plus intenses et fréquentes. Il existe aussi d’autres signes d’hypersexualité que l’impulsivité sexuelle, comme par exemple :

  • Une masturbation très fréquente.
  • La pensée principale est préoccupée par le sexe.
  • Une impossibilité à contrôler sa conduite sexuelle.
  • L’activité sexuelle est intense mais aucune satisfaction n’est obtenue.
  • Le sexe est pratiqué pour atténuer une douleur (analgésique).
  • Une pratique des rapports sexuels avec plusieurs partenaires, même des inconnus.
  • Des relations sexuelles risquées et inappropriées sont fréquentes.
  • Un visionnage excessif de films pornographiques.
  • Une mise en danger de la relation conjugale par des infidélités sur le long terme.
  • Aucune émotion n’est ressentie lors des actes sexuels.

En conclusion, la conduite sexuelle telle une addiction perturbe fréquemment la solidité des relations sur le long terme ; L’infidélité est d’ailleurs souvent citée par les ex-conjoints de bipolaires. Selon certaines organisations de santé mondiale, on affirme que plus de 25% des personnes souffrant de bipolarité et étant en phase maniaque ont une hypersexualité bipolaire, certains spécialistes annoncent jusqu’à 80% !!! L’hypersexualité est plus présente chez les femmes que chez les hommes. En ce qui concerne les adolescents, ce trouble sexuel est représenté par un comportement inapproprié envers les adultes, des flirts répétés et des conversations fréquentes faisant allusion au sexe.

Les pulsions sexuelles peuvent donc paraître compliquées à contrôler, mais il existe pourtant des solutions, des étapes, pour modérer ce type de comportement où la sexualité est extravagante, en voici quelques-unes …

L'auto-contrôle

Devenir son propre moniteur, voilà une solution. Savoir s’auto-contrôler veut dire qu’il faut faire attention à soi-même ainsi qu’à ses réactions envers l’entourage. Pour stopper l’hypersexualité de sa vie, il faut d’abord pouvoir s’en apercevoir ; logique ! Pendant la montée d’une nouvelle phase de manie (analyse de symptômes maniaques), il faut se préparer en amont, car plus la phase maniaque aura une influence négative sur votre comportement et vos humeurs, plus le suivi sera difficile. La sous-solution est de demander de l’aide, à une personne de confiance qui connaît la bipolarité, pour surveiller les symptômes et comportements alarmants d’une hyperactivité sexuelle.

Traiter les troubles bipolaires

Si les troubles bipolaires ne sont pas traités correctement, la vie sexuelle de la personne ressemblera à ses humeurs : Instable. En maintenant stable les symptômes de la bipolarité, notamment en phase maniaque ou hypomaniaque, la gestion de l’hypersexualité sera indirectement traitée dans le même temps ! Il faut également savoir que certains types de médicaments peuvent aider à cibler les hormones en cause de la dépendance sexuelle. Ils réduisent également les facteurs déclencheurs d’hypersexualité, comme le stress par exemple.

Reconnaître les facteurs déclencheurs

Il faut se poser les bonnes questions pour arriver à identifier les éléments déclencheurs de l’hypersexualité et se demander pour quelle(s) raison(s) on a tant envie de faire l’amour :

  • Ai-je bu trop d’alcool ?
  • Ai-je été dans un endroit où le sujet principal était le sexe ?
  • Ai-je regardé dernièrement un film montrant plusieurs scènes de sexe ?
  • Ai-je juste une envie soudaine sur l’instant présent (sans réelle cause) ?

Il ne faut pas oublier que lorsque l’on traverse une période de manie, la mémoire ainsi que les pensées sont généralement altérées, donc, encore une fois, il faut toujours prendre des notes et un ami peut aussi aider.

Éviter les situations à risques

Quand les facteurs déclencheurs de cette envie sexuelle extravagante sont identifiés et clairs, il ne reste plus qu’à les éviter ; Facile !! Car il faut le rappeler : Le sexe pendant la phase maniaque agit comme une addiction

Prenons l’exemple de la personne alcoolique qui veut arrêter de boire ; va-t-elle se rendre dans un bar ? Ou la personne trop dépensière qui souhaite arrêter ; va-t-elle se rendre dans le plus grand centre commercial de sa ville avec toutes ses cartes bancaires ? 

NON, bien sûr ! Voilà pourquoi il est tout aussi normal de s’éloigner de tous les éléments identités comme « provocateurs d’hypersexualité » pour rester en sécurité pendant cette période « up ».

Trouver le bon dosage

Chaque personne est différente et chaque maniaco-dépressif a des symptômes différents, aussi bien dans leurs formes que dans leurs intensités. 

C’est pourquoi il faut pouvoir trouver le bon équilibre, réguler un dosage adéquat à chaque situation d’envie sexuelle. Il faut bien se dire que, chez certains patients, l’hypersexualité fait des ravages et est lourde de conséquences ! 

Pour certaines personnes, il faudra donc s’abstenir de toute relation sexuelle pendant un temps, tandis que d’autres pourront modérer leurs envies face au passage à l’action. L’important est de ne pas accentuer le symptôme d’hypersexualité, mais il ne faut pas que ce bridage engendre d’autres symptômes tout aussi néfastes pour le malade ! 

Pour certains, il faudra se limiter à un seul partenaire sexuel (le sien) et se protéger à chaque fois, tandis que pour d’autres la masturbation peut être une solution douce ; cela réduira progressivement les symptômes de ce trouble sexuel, tout en limitant la brutalité de la restriction (déconseillé en phase maniaque – bridage = irritabilité). 

Cela contribue à limiter les conduites à risques et conséquences parfois désastreuses, tout en menant une – faible – vie sexuelle (si possible bien sûr) …

Parler de son hypersexualité

Il faut oublier ce sujet qui serait soi-disant tabou, c’est faux ! Parler de ses tendances sexuelles à son psy fait partie de la thérapie du patient bipolaire. 

Chez certaines personnes, l’hypersexualité est le principal symptôme de la phase maniaque, c’est donc bien un élément qu’il faut comprendre et traiter ! Retracer ses précédentes périodes d’hyper-sexualité avec son thérapeute ou psy est donc un bon travail de suivi pour arriver à gérer les futures crises à venir … 

Ce passé sexuel sera difficile à expliquer c’est sûr, mais il sera bénéfique pour le futur . Il ne faut pas oublier que le professionnel n’est pas là pour vous juger ou se moquer de vous, il est là uniquement pour vous aider, vous soigner, vous stabiliser … Et si le problème principal de votre trouble bipolaire est le sexe, alors il faut en parler librement !

Hyposexualité et dépression

Comme on pourrait dire, de l’autre côté de la bipolarité se trouve la dépression avec (enfin sans !) le sexe, plus communément appelé « hyposexualité », et se traduit principalement par une perte ou diminution significative de la libido. 

Le bipolaire qui est dans une phase dépressive observe un désintérêt total pour le sexe et n’a que très peu, voire aucun, désir sexuel ; même avec sa(son) partenaire… Si on voulait suivre certaines logiques françaises, le contraire d’une mauvaise chose (l’hypersexualité) devrait donc être une bonne chose (l’hyposexualité), mais ce n’est malheureusement pas comme cela que ça marche dans la maniaco-dépression !!! 

Cette démotivation pour les rapports sexuels peut être un véritable handicap et source de problèmes graves, surtout au sein du couple. La frustration s’installe alors dans la vie du patient et peut augmenter le niveau de la dépression. Voici quelques actions à réaliser pour minimiser l’impact de cette hyposexualité qui est aussi déclenchée par le stade dépressif …

En parler avec son psychiatre

Quand on souffre de bipolarité, on est généralement suivi par un psychiatre, qui est le prescripteur du traitement médicamenteux et suit l’environnement psycho-social du patient. 

Il faut savoir que beaucoup de médicaments, notamment les antidépresseurs comme le Cymbalta, ont de gros effets indésirables qui impactent directement sur la libido du patient (perte ou nette diminution) ; on les appelle les « effets secondaires sexuels ».

Les médicaments contre la dépression influencent beaucoup la fonction érectile chez l’homme (dysfonction érectile masculine) et la fonction orgasmique chez la femme (dysfonction orgasmique féminine) .

Les médicaments contre la dépression influencent beaucoup la fonction érectile chez l’homme (dysfonction érectile masculine) et la fonction orgasmique chez la femme (dysfonction orgasmique féminine) .

On rappelle qu’un manque d’activité et/ou de performance sexuelle chez l’homme ou la femme peut aggraver la condition dépressive du bipolaire, alors pourquoi ne pas en parler avec son psychiatre qui pourra peut-être prescrire d’autres médicaments n’ayant pas d’effets secondaires contre la libido ?

En parler avec son médecin généraliste

Comme avec son psychiatre, il est important de parler de tous ses problèmes avec les professionnels de santé qui suivent notre dossier. Le médecin généraliste est bien souvent un médecin de famille, un conseiller dans la santé personnelle sur toute la vie de chaque patient. 

C’est le professionnel de santé qui nous connaît le mieux en général ! Les préoccupations qu’un patient a au cours de sa vie, il est à même de bien les comprendre et de pouvoir trouver des solutions rapides, parfois très efficaces, et suggérer des idées sur-mesures avec son patient ; auxquelles ce dernier n’aurait jamais pensé !!!

En parler avec son(sa) conjoint(e)

La frustration sexuelle au sein d’un couple peut être une source de séparation (divorce) sur le long terme ; surtout s’il n’y a aucune communication sur le sujet, la situation actuelle… Parler de la situation dans laquelle on se trouve, rechercher les causes et trouver ensuite des solutions, voilà des actions positives qui sont à réaliser en couple afin de garder une bonne osmose au sein de la relation amoureuse ; même sans rapport sexuel !

Ne pas rester les bras croisés

Quoi qu’il en soit, devant un trouble sexuel, il faut prendre une décision ! Soit on est d’accord d’aggraver notre situation conjugale pour vivre sans relation sexuelle, soit on se bouge le cul pour faire avancer la situation dans le bon sens ; et en même temps on améliore notre état dépressif (dans le bon sens bien sûr !). Pour cela, il faut planifier un nouvel élan amoureux avec des petits gestes pleins de tendresse comme :

  • Avoir des moments d’intimité obligatoires à heure fixe.
  • Se tenir la main quand on se promène.
  • Se faire des câlins.
  • Avoir des rapprochements significatifs (comme se blottir l’un contre l’autre sous la couette) .

Apporter un contact physique et rapproché facilite la transition pour l’envie sexuelle, la reprise de la libido. Bien évidemment, cela ne fonctionne pas au bout de 3 jours !! Il faut du temps et de la motivation … Avec le temps, le contact / désir sexuel revient naturellement et on est de nouveau plus heureux.

Comment doit réagir le conjoint du bipolaire face à un trouble sexuel

Quand on a un partenaire qui souffre du trouble bipolaire et qui subit simultanément des changements au niveau de sa sexualité de la même manière que son humeur, suivant les phases, il est primordial de fixer des règles et des limites envers le comportement du patient, de son conjoint. 
Il faut savoir quel niveau de tolérance on souhaite accepter / refuser à chaque type de comportement sexuel, qu’il soit « hypo » ou « hyper ». Quelles actions faut-il engager lorsque la limite est enfreinte ? Il faut trouver le bon dosage afin de ne pas froisser encore plus son partenaire (ni trop strict et ni trop laxiste), car il est tout aussi frustré que le conjoint en bonne santé. 
Cela est très difficile à mettre en œuvre, car les changements sont fréquents et variables en intensité, surtout lorsqu’ils sont associés aux troubles bipolaires … Certaines relations sont brisées à cause de ce changement continuel de comportement sexuel, car le partenaire peut ne pas comprendre ce revirement soudain de l’hypersexualité en hyposexualité … Le conjoint peut se sentir encore plus dévalorisé si le bipolaire avait une activité sexuelle externe en complément ; dit « hypersexterne ».
Il faut garder en tête que le partenaire doit prendre soin de lui aussi. Pour le conjoint d’une personne ayant des troubles sexuels, le risque est une baisse de l’estime de soi et un sentiment de culpabilité peut s’installer. Il faut que le partenaire prenne du recul sur la situation sexuelle de son conjoint bipolaire afin de ne pas succomber également à sa détresse et être affecté physiquement et émotionnellement. Pour pouvoir aider son conjoint, le partenaire doit se préserver en bonne santé.

Détresse sexuelle et qualité de vie chez les femmes souffrant de troubles bipolaires

C’est d’après une récente étude associant les troubles bipolaires, la (dys)fonction – satisfaction et détresse sexuelle ainsi que la qualité de vie des femmes qu’on a pu étudier si la détresse sexuelle était liée aux symptômes affectifs et si la qualité de vie était associée à la satisfaction sexuelle. 

Ont été utilisés sur des patientes souffrant de troubles bipolaires : les échelles de manie, de dépression et divers autres questionnaires sur la fonction – détresse sexuelle et qualité de vie pour comparer ces variables.

Résumé de l’enquête :

  • L’étude se porte sur 61 femmes ayant entre 19 et 63 ans (moyenne de 34 ans) et résidant au Danemark.
  • Seulement 8 femmes ont déclaré être inactives sexuellement (4/8 avaient plus de 50 ans et 3/8 ne se considéraient pas en détresse sexuelle !) .
  • 41 femmes ont déclaré avoir une déficience de leur fonction sexuelle.
  • 15 femmes ont déclaré souffrir de dysfonctionnement sexuel et être en détresse sexuelle.
  • 33 femmes ont signifié être en détresse sexuelle.
  • 24 femmes ont signifié être insatisfaites de leur vie sexuelle.
  • Les femmes souffrant de bipolarité sont plus stressées que les personnes sans troubles bipolaires, mais aucune différence n’a été signalée concernant l’altération de la fonction sexuelle.
  • Sur l’échelle de la manie, les femmes étant en période maniaque avaient une meilleure fonction sexuelle.
  • Sur l’échelle de la dépression, les femmes étant en période dépressive étaient plus en détresse sexuelle.
  • Les femmes non-atteintes de troubles sexuels, mais souffrant de troubles bipolaires, avaient une meilleure qualité de vie par rapport aux bipolaires atteints de troubles sexuels.
  • 5 femmes seulement étaient sans traitement médicamenteux.
  • 5 femmes ont signalé des problèmes d’orgasme.

Il a été conclu que les femmes atteintes de troubles bipolaires étaient plus susceptibles d’être en détresse sexuelle. Leur fonction sexuelle semblait être étroitement liée à leurs humeurs ainsi qu’à leur qualité de vie.

Définition de la détresse sexuelle associée à la bipolarité

Il faut noter que c’est la dysfonction sexuelle qui cause le plus souvent une détresse sexuelle. On regroupe l’évaluation de celle-ci en 4 parties :

  • Le désir / L’intérêt
  • L’orgasme
  • La douleur
  • L’excitation

Ce dysfonctionnement peut être causé par des problèmes psychosociaux, des interactions biologiques ou des éléments ayant une influence négative sur le bien-être humain. En bref, le risque est plus important lorsque certains éléments sont visibles, comme :

  • Un mauvais statut socio-économique 
  • Un trouble psychiatrique 
  • La durée de la relation 
  • La ménopause 
  • Les effets secondaires de certains médicaments (antidépresseurs, psychotropes, etc.).

Une autre étude sur plus de 4 000 personnes a confirmé que les troubles mentaux sont souvent associés à une dysfonction sexuelle et une détresse sexuelle chez la femme.
On sait que les périodes de manie et de dépression peuvent être déclenchées par le stress. Les patients bipolaires sont plus fragiles, ce qui fait que la détresse sexuelle pourrait être une cause favorisant la phase maniaque ou dépressive.

Poids et médicaments : Des facteurs importants de troubles sexuels

Sur la présente étude Danoise, la majorité des patientes bipolaires avaient un IMC plus élevé que la population générale. Cela est certainement dû au fait de la prise de certains médicaments (ce paramètre n’a pas été prise en compte ; ce n’était pas l’objectif premier). Les traitements étaient principalement des antipsychotiques, comme la Quétiapine (Xeroplex), et/ou des stabilisateurs d’humeur, comme le Lithium (Teralithe) et/ou la Lamotrigine (Lamictal). La prise de poids est un des effets secondaires très connu de ce type de traitement bipolaire, un IMC haut est souvent associé à une inactivité sexuelle ou à l’altération de la fonction sexuelle. C’est pour cela que, dans cette étude, il est difficile de savoir si la dysfonction sexuelle est due à la prise de poids, aux médicaments (effets secondaires ou pas), au diagnostic psychiatrique ou à d’autres facteurs secondaires …

Selon d’autres études :

  • La Quétiapine serait moins influente sur la vie sexuelle que d’autres antipsychotiques
  • La Lamotrigine n’aurait pas d’impact sur le dysfonctionnement sexuel
  • Le Lithium associé à des benzodiazépines serait en cause de 50% du dysfonctionnement sexuel de ces patients. Dans la présente étude, 4 femmes étaient sous Lithium + benzodiazépine et 3 ont signifié une dysfonction sexuelle… 

Source : International Journal of Bipolar Disorders

Bipolarité et infidélité : Comment sauver son couple

L’hypersexualité est un symptôme, un trouble, qui peut nuire gravement à une relation avec le temps. Très présent dans les phases (hypo)maniaques, voici quelques solutions pour essayer de sauver son couple s’il est en péril à cause d’une infidélité due à l’hypersexualité de sa(son) partenaire.

Savoir ce qu’est l’hypersexualité

On l’a dit plus haut : Le bipolaire qui a un trouble hypersexuel est semblable à un toxicomane ou un alcoolique ; le sexe est une addiction, identique à une drogue ! Telle une dépendance, cette hyperactivité sexuelle peut détruire une relation, un mariage… 

On sait que lorsque l’on parle d’infidélité, c’est le conjoint qui a été trompé qui souffre, mais il faut savoir que la personne qui réalise cette tromperie souffre également ! C’est le sentiment de culpabilité qui fait souffrir le bipolaire, l’angoisse d’avoir blessé son(sa) conjoint(e), tout en sachant qu’il est incapable de stopper / contrôler cette addiction néfaste pour son couple.

Quelles sont les actions à mettre en place ?

Dès l’apparition des premiers signes d’un comportement ou de pensées avec comme sujet central « le sexe », il faut demander de l’aide. Le trouble bipolaire est la première chose à traiter, sans cela, la vie sexuelle du patient sera instable. Si la phase maniaque ou hypomaniaque est traitée, alors les symptômes tels que l’hypersexualité seront aussi canalisés et réduits au minimum. Le traitement d’un trouble bipolaire peut inclure des médicaments, comme les thymorégulateurs ou antipsychotiques, mais aussi des TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales). Le principal est de commencer à parler avec son conjoint d’un plan d’action, écrit, afin d’être prêt à agir lors des prochains épisodes.

Savoir qui on est

Si on connaît la définition principale de l’hypersexualité, il faut maintenant savoir ce que cela signifie pour chacun de nous ! Comment cela se traduit-il ? Par des envies de sexe (tout le temps) qu’on ne peut y résister par exemple … 

Essayer d’agir sur ses pulsions peut être une contrainte sur la vie autour de soi. Il faut cependant bien arriver à repérer les symptômes précurseurs afin de savoir à quel moment on a besoin d’aide et à quel moment le plan d’action pour contrer ses impulsions doit être mis en service. Réduction du stress, communication avec un professionnel, etc.

Être prêt à en parler

Il faut arriver à parler librement des problèmes sexuels au sein du couple. Ce dernier doit être très informé sur l’ensemble du trouble (manie + hypersexualité) et de ses conséquences. Savoir comment chacune des 2 personnes ressent cette sexualité désinhibée et comment cela l’affecte mentalement et physiquement. 

Souvent, il faut définir des limites permises dans la « liberté sexuelle » et parler librement des risques encourus, comme les maladies sexuellement transmissibles. Il ne faut pas oublier que c’est avant tout le trouble bipolaire qui a un impact sur la vie sexuelle.

La santé sexuelle du bipolaire – Conclusion

Le bipolaire a une relation très intime avec le sexe qui est d’ailleurs rythmé par ses humeurs et ses phases. Comme avec les troubles de l’humeur, ce trouble comportemental et sexuel est à connaître par cœur : C’est-à-dire aussi bien l’hypersexualité que l’hyposexualité. 

Le moment idéal pour en parler est quand le bipolaire traverse une période stable. Il faut donc analyser -ensemble- tout ce qui provoque ce trouble sexuel comme les facteurs déclencheurs. Ceci est indispensable pour espérer arriver à stopper, ou au moins minimiser, les « activités extra-sexuelles ». Un travail titanesque, une bonne analyse et une excellente communication peuvent aider le bipolaire à retrouver un bon « équilibre sexuel ».

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