Forum des bipotes

Mon espace création en couleurs  

 

lilierose
(@lilierose)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 1 mois 
Msg: 53
22/12/2018 9:10  

Bonsoir,

Vu que j'écris, même si je passe plus de temps à construire mes récits ou à tenir différents journaux, j'ai pensé que je pourrais poster moi aussi quelques textes  et partager quelques images de mes coloriages de mandala.

Voici un premier texte : 

(il est un peu triste, mais j'en ai d'autres plus gais).

La lune

En cette fameuse soirée d'un mois de janvier sordide, je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Je tournais sans cesse dans mon lit, recherchant la position la plus adéquate pour pouvoir enfin me détendre et me sentir à mon aise.

La chaleur des draps m'enveloppait et malgré ça, par moment, des sueurs froides me glaçaient. Au début, je mis ça sur le compte de la contrariété et de la tension que je ressentais de voir mon pays et ma planète en plein malaise.

Alors que je repensais à cette journée mouvementée, je réfléchis et me dis que j'avais dû me tenir trop de temps en plein courant d'air, lorsqu'au cours de cette dernière, j'avais souhaité aérer la maison toute entière, ouvrant toutes les fenêtres en grand pour faire pénétrer l'air pur.

Celle de ma chambre n'était d'ailleurs pas encore refermée, il était pourtant déjà tard, minuit pile, voici l'heure que la pendule affichait.

Les courants d'air de ce froid nocturne venus de l'extérieur me saisirent alors et je sentis qu'en moi la fièvre montait inexorablement. Afin de la faire redescendre et vu l'état passable dans lequel je me trouvais, j'entrepris de me lever et de me traîner lourdement jusqu'à l'ouverture par laquelle l'air passait. Lorsque je parvins à son niveau, saisissant chacune des poignées pour enfin clore l'espace par lequel le vent froid s'engouffrait, je l’aperçus.

Elle, la Lune, belle et blonde, pleine, toute ronde, me toisant de toute sa splendeur, de toute sa hauteur. Je me surpris alors à imaginer à ce qu'auraient bien pu penser ses habitants, s’ils avaient existé.

Sûrement sidérés de notre comportement et bien impuissants face à la déchéance de notre planète, à ses bouleversements apocalyptiques, climatiques, à ses guerres et à leurs rites, comment nous auraient-ils considérés ?

Certainement comme des êtres sans scrupules et remplis de lâcheté. Mais heureusement, la Lune n'est pas encore peuplée. Je me surpris alors à penser à la solitude dans laquelle le satellite naturel devait se trouver plongé.

Sur ce dernier, pas de guerre, pas de violence, pas de terreur ni de misère, mais des plaines entières vides, sans champs de batailles. Le calme devait certainement y régner, un bienfait dont la Terre, elle, ne se trouvait pas armée.

Ce qu'elle pouvait être belle et ravissante, solitaire et bouleversante cette lune. Je me mis à observer alors son incroyable clarté se refléter sur les rosiers, dans les jardins et les bosquets. Je l'admirais durant de longs instants, briller dans le firmament, et figeais cette image dans ma mémoire en cet instant.

Particulièrement apaisée, malgré la fièvre qui elle ne cessait de grimper, je refermais la fenêtre bien décidée à laisser ouverts les volets. Ensuite, je me recouchais, bien au chaud cette fois-ci dans une demie obscurité qui laissait aux murs et au plafond, les ombres danser.

Peu à peu, le sommeil me gagna, je m'endormis et dans mes songes, je la revis. La vie et son côté impitoyable ne faisaient que renforcer le côté admirable du satellite fort vénérable. Je commençais d'ailleurs à m'attacher à sa lumière, à sa beauté. La lune était devenue mon amie, elle me paraissait si majestueuse. Un sentiment de liberté m'envahit soudain. Dans cette utopie, vers elle je m'envolais, quittant cette planète qui ne cessait de se dégrader. Je m'en rapprochai petit-à-petit et lorsque je parvins à son niveau, je pus saluer enfin mon amie.

Bonjour objet céleste,

De la vie, je me déleste.

Accepte-moi en ton centre,

Laisse-moi bâtir sur ta surface

Mon nouvel antre.

 

Mon existence terrestre ne m'intéresse plus

Dans les méandres de la guerre l'homme s'englue

Je ne souhaite plus être une entité

D'une planète autant bafouée.

La nature est pourtant si belle,

Elle mériterait d'être respectée

Et l'homme hériter des mêmes effets,

Mais ces armes chimiques montant jusqu'au ciel

La pollution de notre vie plastifiée 

Ne font que la dégrader.

 

Je quitte donc ma planète

Laissant derrière moi ma quête.

Une quête de bonheur,

Altérée par la peur.

 

La lune m'écouta attentivement

et finit par m'accepter,

à condition de ne faire venir sur elle que moi

et jamais ces acharnés.

 

Je la remercie, me sentant enfin libre.

Je continuerai à vivre comme un électron libre.

"On ne fait rien d'extraordinaire sans hommes extraordinaires et les hommes ne sont extraordinaires que s'ils sont déterminés à l'être."


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lilierose
(@lilierose)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 1 mois 
Msg: 53
22/12/2018 9:20  

En voici un autre, bien plus court et plus joyeux : 

 

Pollution littéraire

« Approchez ! Approchez ! Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, venez découvrir notre restaurant littéraire « A la saveur des bons mots ».
Ici on ne mange pas de fins mets délicats en sauce mais bel et bien, au contraire, des mots inutiles, des mots vains, des mots trop souvent répétitifs, des mots familiers, des gros mots.

Tout doit être recyclé par votre organe cérébral.
Fini les « donc », « alors », ou autres conjonctions de coordination répétées trop souvent. Ici les déchets littéraires servis dans l'assiette se transforment en magnifiques phrases, tout droit sorties de vos fines bouches une fois le trop plein avalé.

Une bouchée de mots putrides et inopportuns est égale à un paragraphe.
Fini les « parce que », « bien que », « qui », « que ». Bienvenue au mot adéquates, utiles, importants, dont Molière aurait été fier.
« Le chemin est long, du projet à la chose » disait-il.

Il en va de même de la digestion de tous ces mots gluants qui polluent et embrument votre esprit et qui vous permettent pourtant désormais, grâce à notre restaurant, d'envisager l'écriture autrement.

C'est un processus qui demande du temps également mais plus vous viendrez chez nous dîner souvent, plus vos capacités à réinventer les mots trop usagés prendra de l'ampleur et gagnera à se faire reconnaître.
Heureusement, il vous sera possible, si l'envie vous en prend, de digérer tranquillement en vous relaxant et en méditant sur les mots nouveaux que vous pourrez rencontrer dans notre bibliothèque spéciale créativité.

Vous en ressortirez grandis, chargés d'une nouvelle banque de données verbales.
Fini pour vous les auxiliaire tant de fois écrits et répétés : être et avoir ! Fini les verbes qui reviennent constamment : paraître, sembler, dire, etc. ! Fini les redondances insupportables à la longue ! Fini les lourdeurs ! Fini la pollution ! Vous parviendrez dorénavant par remplacer tous ces éléments par d'autres moins usités, plus constructifs et plus harmonieux.

Je vous souhaite un bon appétit ainsi qu'une agréable prise de conscience littéraire, dans notre restaurant de bibliothéconomie « A la saveur des bons mots ».

"On ne fait rien d'extraordinaire sans hommes extraordinaires et les hommes ne sont extraordinaires que s'ils sont déterminés à l'être."


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