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Mon conjoint bipolaire est perdu

 

Leap
 Leap
(@leap)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 5 mois
Msg: 3
Début du sujet  

Bonjour, 

Je me présente mais je vais garder mon prénom anonyme, je suis "Léa", j'ai 27 ans et mon conjoint aussi. J'ai découvert il y a un an et demi lors de sa première crise qu'il était bipolaire.. Sa famille ne m'en avait jamais parlé et lui non plus d'ailleurs, il m'a simplement expliqué qu'il avait une injection tous les 3 mois dû au fait qu'il a fumé de la drogue quelques années auparavant et que ça ne lui convenait pas, que suite à ça il a été hospitalisé car il a demandé de l'aide et que depuis il a une injection tous les 3 mois, je suis donc resté sur cette version. Cependant, il y a un an et demi à l'approche de son anniversaire il allait très mal, il me reprochait un tas de choses et me disait qu'il ne savait pas s'il pourrait y arriver, qu'il était perdu et ne savait pas s'il pouvait rester avec moi, il m'a finalement quitté.. Cela a duré 3 semaines et c'est durant ce temps que j'ai trouvé l'ordonnance de son injection et en tapant le nom sur internet je me suis rendue compte que c'était pour soigner la bipolarité supprimer le lien J'ai ensuite tenté d'en parler à sa mère avec qui je m'entends très bien et elle m'a en effet fait comprendre que c'était ça sans pour autant poser le mot de la bipolarité en me disant que son fils n'est pas fou etc.. Et qu'elle avait peur de me le dire par peur que je prenne la fuite. 
Suite à ces 3 semaines il est revenu en s'excusant et en se rappelant à peine de toutes les horreurs qu'il avait pu me dire, que j'étais la femme de sa vie, qu'il ne savait pas pourquoi il m'avait fait ça etc.. 
Cela faisait un an et demi que tout se passait bien, nous avions même prévu de nous marier dans 8 mois et voilà qu'il y a deux semaines il m'annonce qu'il est perdu, qu'il ne sait plus où il en est, qu'il a peur de me faire souffrir dans le futur car quand il ne va pas bien parfois il fait n'importe quoi, qu'il ne sait pas s'il est fait pour être en couple, il ne parle actuellement même plus à sa mère de qui il est pourtant très proche etc.. Je précise que nous vivons ensemble depuis + de 2 ans Et là il a souhaité que l'un de nous parte un peu afin de créer le manque et qu'il se retrouve seul pour bien réfléchir à ce qu'il doit faire à savoir tout arrêter définitivement ou revenir et être sûr de lui.
Aujourd'hui je me sens très seule dans ce que je vis car c'est pas tous les jours faciles de vivre avec un conjoint bipolaire c'est pour cela que je cherche du soutien et du réconfort sur ce forum car une chose est sûre je sais que je l'aime, qu'il est l'homme de ma vie et que j'accepte sa maladie même si c'est dur, je veux être un soutien pour lui mais comment faire ? Avez-vous vécu une situation similaire ? Si ici il y a des personnes souffrant de bipolarité pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous ressentez durant ces phases dépressives ou hypomaniaque svp ? 
Signé : une femme forte qui aime éperdument. 


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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 2279
 

Bonjour, 

Votre ami est il suivi par un professionnel ? Sinon, ce serait peut être la première chose à lui conseiller.

Quant à vous, vous pouvez également consulter en CMP, les rendez vous sont gratuits, pour en apprendre un peu plus sur sa maladie. Vous pouvez aussi adhérer à une association pour être conseillée.

Mais ce qui est sûre, c'est que vous ne devez absolument pas vous laisser entrainer par le mal être de votre ami. Vous devez le soutenir mais continuer à vivre normalement.

Bon courage à vous deux.


NooN ont aimé
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NooN
 NooN
(@noon)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 2 ans
Msg: 895
 

@leap

Posté par: @modocool

Mais ce qui est sûre, c'est que vous ne devez absolument pas vous laisser entrainer par le mal être de votre ami.

C'est tout à fait exact. Il faut que vous sachiez vous protéger vous-même.

Posté par: @leap

Si ici il y a des personnes souffrant de bipolarité pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous ressentez durant ces phases dépressives ou hypomaniaque svp ? 

Nous avons tous vécu ces phases, teintées par notre histoire et notre personnalité. Il y a autant de "bipolarités" qu'il y a de malades. Vous ne trouverez aucune réponse tranchée sur ce qu'il va advenir de votre couple. Vous ne devez que vous en inspirer, afin de prendre du recul, pour, quitte à me répéter, vous protéger.

Ainsi, vous pouvez rechercher des histoires proches de la votre sur ce forum, grâce à quelques mots clés. Mais il n'y a rien de mieux qu'une discussion avec un professionnel ou une rencontre dans un groupe de parole type UNAFAM ou Argos2001. Sinon vous allez imaginer beaucoup de choses, comme la plupart des gens qui n'ont jamais été exposés à la maladie mentale.

Si vous souhaitez faire le premier pas, pour votre bien mutuel, il se doit d'en faire un en allant consulter ou en vous mettant au moins dans la confidence de ce qui le ronge.

Est-ce utile de cacher quelque chose depuis cet événement ?

 

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Leap
 Leap
(@leap)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 5 mois
Msg: 3
Début du sujet  

@modocool Bonjour, 

 

Oui en effet, il est suivi par un psychologue mais je ne sais pas si c'est assez, il me semble qu'il le voit quelques fois dans l'année mais je ne sais pas exactement combien de fois étant donné qu'il ne sait pas que je suis au courant de sa maladie. 

En effet je pense que consulté moi-même me ferait du bien afin de comprendre et de connaître les comportements à adopter dans ces cas. 

Bien sûr c'est ce que j'essaie de faire, j'essaie de prendre du recul sur la situation et de me protéger tout en étant là pour lui. J'essaie également de positiver et me dire que ce n'est pas ma faute que ça ira mieux. 

Merci de votre réponse en tout cas, cela m'aide encore un peu +. A très bientôt, 🙂 


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Leap
 Leap
(@leap)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 5 mois
Msg: 3
Début du sujet  

@noon Bonjour, 

Tout d'abord un grand merci pour votre réponse. 

En effet, je suis consciente qu'il faut que je me protège et je pense sincèrement avoir la force pour y arriver et être là pour lui. 

J'imagine que chaque phase est différente d'une personne à l'autre car tout dépend de l'histoire et des peurs de chacun.. Je vais comme vous me l'avez conseillé essayer de trouver des histoires proches de la mienne mais j'ai bien conscience que chaque cas est différent et que je n'aurais pas vraiment de réponse mais juste échanger avec vous me fait me sentir moins seule tout de même. 🙂 

Pour le moment il ne sait pas que je suis au courant de sa maladie et on m'a surtout dit de ne jamais lui en parlé car c'était à lui de le faire. Je pense aussi que le jour où il m'en parlera et qu'il verra que je serais toujours là il ira un peu mieux ou du moins ça lui fera du bien de savoir que je ne l'abandonnerai pas car je pense que cela fait parti de ses peurs que je fuis quand je saurais. 

 

En tout cas merci pour vos réponses sincèrement, cela me réconforte un peu de savoir que je ne suis pas seule. 

A très bientôt, prenez soin de vous !


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NooN
 NooN
(@noon)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 2 ans
Msg: 895
 

Bonjour @leap 

Posté par: @leap

juste échanger avec vous me fait me sentir moins seule tout de même. 🙂 

Mais il n'y a aucun problème pour cela.

 

Posté par: @leap

Si ici il y a des personnes souffrant de bipolarité pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous ressentez durant ces phases dépressives ou hypomaniaque svp ? 

Pour vous donner une idée, la maladie est vraiment entrée dans ma vie il y a 3 ans. Du moins, ma première phase aigüe qui m'a envoyé en hôpital.

La phase que l'on appelle up, fut une mixte pour moi (à chaque fois d'ailleurs). C'est à dire un enchevêtrement d'excitation et dépression à la fois. J'étais une boule de nerfs ; il ne fallait pas me parler de travers à ce moment. Puis le deuxième symptôme le plus évident fut l'hypersexualité, qui signa le malaise. Mais n'ayant jamais eu conscience d'être malade, je pensais m'être libéré, tout simplement. Ha, j'oubliais. L'envie de suicide. Ou comment simuler dans sa tête la façon la plus efficace de le faire avec un balcon comme accessoire, ou en s'achetant un 9mm sur le darknet. En fait, je partais en vrille jour après jour.

Vous n'imaginez pas le retentissement sur mon couple, avec deux gosses. D'où cette fameuse "protection" dont je vous parle, à l'envers des conjoints, encore et toujours.

Quand le SAMU est venu me chercher, m’emmener n'était plus un choix à prendre.

Puis à mon retour, il y eut la dépression seule. Toujours bien crasse, à passer son temps allongé sur le dos à regarder le luminaire au plafond sans aucune raison. Je le connais maintenant par cœur. Rien d'exaltant en somme. C'est la phase qu'on redoute tous le plus.

Nous sommes tous différents dans ce genre de situation.

Mon couple a tenu le coup, mais en subit encore les contrecoups (job, arrêt maladie long, comorbidité, etc.). A l'époque, elle me regardait dans les yeux, et j'y voyais une interrogation du type : Normal, pas normal ?

Quelle est la/ma normalité ? Moi qui m'en étais faite une toute propre avant de décompenser. J'en ai trouvé une autre aujourd'hui, de normalité, 3 ans après.

Si vous voulez vous livrer, n'hésitez pas. J'ai ouvert le bal 😋 


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Tellement H
(@tellement-h)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 10
 

Bonsoir @leap

Je prend de la temps de répondre en tant que conjointe de bipolaire type 2.

Notre histoire n'est pas tout à fait la même, puisque j'ai su asse rapidement dans notre relation que mon conjoint était suivi par un psychiatre.

Pour la petite histoire nous sommes ensembles depuis 2 ans, la quarantaine passée chacun et un enfant de chaque côté d'un union précédente. 

J'ai une garde partagée de mon côté  les vacances uniquement du sien, la maman ayant déménagé à plusieurs centaines de kilomètres. 

Mon Chéri, est suivi depuis plus de 15 ans, sans vraiment avoir posé de réel diagnostic jusqu'à il y a un an, moment où il la dépression s'intensifie et qu'il faut vraiment agir.

Prise de rendez vous en HP, dans une aile dédiée uniquement à la bipolarité et le verdict tombe Bipolaire type 2.

Je l'accompagne dans ses démarches, le soutien, l'aide qud le quotidien devient trop pénible... etc 

Cela fait quasiment 8 mois que nous oscillons entre dépression légère et sévère, un an d'arrêt maladie, un dossier d'invalidité déposé, et "accepte" il y 10 jours.

C'est quelqu'un de terriblement fort, ancien addict à à peu prêt tout, alcool, drogues douces, dures, cigarettes, vitesse, bagarreur, bref une vie très rock and roll!

Il a su arrêter tout ça, seul.

Je ne l'ai pas connu comme cela, tout cela était déjà derrière lui, mais il pense, souvent, cela lui manque, et j'avoue que ça me fait peur.

Bref, pour me rapprocher de ton histoire, oui c'est difficile, la limite entre le trait de caractère initial et ce qui est induit par la pathologie est souvent difficile à cerné, 

Ce que j'ai appris dans  es moments un peu compliqués, c'est que la pathologie est certes lourde, que l'on peut essayer au mieux de comprendre mais que jamais on ne peut se mettre à leur place, que le traitement est extrêmement lourd, avec des effets secondaires...etc, mais que malgré tout, on est pas des super héros, ni même des médecins et que pour les soutenir au mieux, il faut aussi et avant tout que l'on reste solide et que pour cela, il faut se laisser du temps pour souffler.. je me pensais égoïste la 1ere fois que je me suis dis cela, mais en réalité c'est la clé pour arriver à les aimer toujours plus.

Mon conjoint est une perle, un homme bienveillant, généreux, drôle, fort, j'ai un profond respect pour lui.

Il est amoureux, je n'en doute pas une seconde, je l'aime profondément, passionnément et sincèrement aussi, mais parfois, il change de visage, dis des choses dures, injustes et qui ne sont pas toujours cohérentes...

Je serre les dents à ce moment là, je range mon point, je chouine un coup dans mon coin, et quand je sens que le moment est propice, je lui en parle tranquillement, pas de reproches, du moins j'essaie,  des fois ça fini par sortir quand même, mais ça nous permet qud même de comprendre et de ne pas se fâcher. 

Et au même titre que ton ami, il ne se souvient plus toujours vraiment des mots qu'il a utilisé,

J'avoue ne pas toujours dire les termes exacts car cela le blesse beaucoup de mal me parler, et le voir pleurer parce que je suis triste n'arrange bien évidemment rien ni pour moi ni pour lui

Nous ne vivons pas ensembles,  par choix, et j'avoue qu'aujourd'hui, cela me paraît en effet plus judicieux,

Il n'aime pas que je le vois mal, il a besoin de calme, je suis plutôt une pile électrique, je travaille beaucoup avec des horaires à la con parfois, c'est bien comme cela finalement 

Cette pause avec ton ami, aussi dure soit elle, doit te servir à te re-centrer sur toi même, prends du temps pour toi, obliges toi à lui laisser de l'espace,

Tu peux tout à fait lui montrer que tu es là pour lui, mais peut être a t'il besoin de s'assurer qu'il peut rester seul et que tu peux en faire de même.

L'HP où il consulté régulièrement, propose des rendez vous et des "ateliers de paroles" pour les accompagnants, ça aide réellement à mieux comprendre et à accepter, peut être que cela pourrait t'aider à te soulager un peu.

Je ne suis pas certaine de t'avoir beaucoup aidé... 

Mais si tu le souhaites je te lirais avec attention de nouveau

 

Tout plein de courage 


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