Dois reprendre mon ...
 
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Dois reprendre mon traitement?

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willow
(@willow83)
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Bonjour,

Je viens vers vous car je me dis qu'ici je serais surement comprise et pas jugée. Je n'ai pas très envie de parler à mon entourage des problèmes que je rencontre actuellement.

Je vais essayer de faire court mais il faut que je me présente un peu.

Je vais avoir 35 ans d'ici peu, j'ai toujours été une enfant avec un sacré caractère, calme mais il ne fallait pas m'embêter, ado j'étais la rigolote, la grande gueule de service, j'aimais qu'on me remarque, faire rire les autres, je n'avais pas peur de dire haut et fort ce que je pensais, ce qui m'a souvent fait du tort en fait puisque je me retrouvais exclue des autres groupes. Avec moi ça a toujours été très net, on m'adore ou on me déteste...

Je me suis mise en couple très jeune, à 17 ans, au départ, il était fou de moi, me disait que j'étais belle, intelligente, il m'admirait, j'adorais ca...On s'est mis en ménage rapidement et la passion a fait place au quotidien pour lui, et moi accro aux sentiments forts je me suis persuadée avec les années qu'il ne m'aimait que tièdement, que je n'étais pas assez inintéressante, pas assez mince, pas assez... Bref, on a acheté une maison, on s'est marié, on a eu une premier bébé pour nos 24 ans. Je me sentais bien dans mon rôle de mère, à tout faire à fond, l'allaitement 18 mois, les petits pots bio maison, à vouloir révolutionner notre façon de vivre et de manger, voir ma petite toucher de l'herbe et des pâquerettes me comblait de bonheur mais lui non, du moins c'est l'impression que j'en avais. J'avais la sensation qu'il n'était pas heureux d'être père, que notre famille lui pesait et cela me faisait beaucoup de mal, mais c'est quelqu'un qui parle peu (alors que moi beaucoup)... Rapidement, je veux un autre enfant, je tombe enceinte tout de suite, la petite n'a que 15 mois. La grossesse se passe bien physiquement mais psychiquement c'est un désastre, je suis fatiguée, mon ainée me réveille 2-3 fois par nuit, et je me sens délaissée par mon mari qui ne me touche plus, ne se montre pas tendre du tout. Je fais mes première crises de rage face aux oppositions de mon pauvre petit bout de 18 mois. Je me fais peur, je suis comme spectatrice de ce montre qui hurle sur ce bébé, j'ai l'impression de voir ma mère. Je prends vite rendez vous chez un psy car mon comportement me fait peur, je m'imagine faire du mal à mon enfant et je ne veux pas. La psy me prend de haut, me dit que je ne sais pas élever ma fille et que c'est une enfant roi, je me sens incomprise, première tentative psy ratée, je n'y retourne pas.

Après mon accouchement, je découvre que mon mari, flirte avec une collègue, il ne s'est soit disant rien passé mais rien que de savoir qu'il en a une autre en tête, je suis anéantie, je pleure des jours entiers, je me demande ce que j'ai fait de mal. Je lui demande de choisir entre elle et moi. Il choisit notre famille, on enterre le dossier, on en reparle plus, du moins lui ne veut pas en parler alors pendant des années je continue de vivre avec cette douleur, j'ai l'impression d'être une merde, je m sens grosse moche, j'ai peur qu'il me quitte, je m'éteins...

Malgré tout, je continue de marcher au projet, j'ai besoin de ca pour me sentir vivante. Mariage, maison, bb1, BB2, vite il faut autre chose pour donner un sens à ma vie. Ca sera maison 2, on se lance dans l'auto-construction d'une maison, je suis euphorique, je dors peu, je fais des plans sans arrêts, on vends notre jolie maison qu'on vient juste de terminer alors qu'on en a jamais vraiment profité ( mais je ne m'en rend pas compte, je suis déjà à 200% dans mon nouveau projet). Suite à la vente je me retrouve seule avec mes petits de 4 et 2 ans dans mon appart pourri qu'on loue pendant les travaux, mon mari sur le chantier dès qu'il sort du travail et qui se tue à la tâche, je gère le foyer, les courses, la bouffe, le ménage, les enfants, mon travail, car oui je travaille, je suis prof, tout ca sans l'aide de personne. Au boulot, je suis harcelée par ma directrice d'école, je plonge, dépression carabinée, je passe mon temps à chialer, je me sens merdique, mon couple bat de l'aile, chacun est centré sur sa propre fatigue, sa souffrance. J'ai un déclic le jour où je m'imagine sauter par la fenêtre de mon immeuble... Je n'ai pas envie de mourir, mais je ne veux plus vivre comme ça.

Je prends rdv chez un psychiatre, pour lui c'est évident, je suis bipolaire, il me met sous depamide, je suis moins agressive mais honnetement, y'a pas grand chose qui bouge, il ne m'écoute pas, passe 80% de la consult à me parler de ses bouquins, de la vie des autres bipolaires, je ne me sens pas comprise, pas soutenue...

J'apprends peu de temps après que j'aurai un poste à 100% dans ma classe en septembre, pour la première fois depuis le début de ma carrière. UP UP UP, un projet, je me sens pousser des ailes et je prépare mes cours comme une dingue tout l'été... C'est une nouvelle école, des nouveaux collègues, je suis sur mon nuage...

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Je m'investis à fond dans ma nouvelle classe, je délaisse mon foyer, me rapproche d'un collègue sympa , on discute boulot, je me sens interressante, intelligente, je le fais rire... et classique, je tombe amoureuse, je mets un temps fou à m'en apercevoir mais à la fin de l'année c'est évident, il m'attire +++ Rongée par la culpabilité, j'avoue tout à mon mari qui tombe des nues... Je promets de mélogner de ce collègue (à qui je n'ai rien dit de mes sentiments), mais je n'en fais rien, l'année d'après on se rapproche encore plus pour finalement s'avouer nos sentiments. Mon mari découvre vite la chose. Je m'enlise dans cette histoire, j'ai besoin du collègue mais j'aime mon mari dont je tombe enceinte plus ou moins par accident. Je décide de garder le bébé, lui n'en veux pas mais je le menace de le quitter s'il m'oblige à avorter. Je mène une double vie alors que je suis enceinte, je me dégoute, je finis par quitter le collègue, qui entre temps s'est séparé de sa femme à cause de moi, mais nous restons en contact, je n'arrive plus à vivre sans lui, sans ses paroles, sans ses SMS. J'aime les deux, j'ai honte. Mon psy est contre cette grossesse et me dit d'avorter, je m'y oppose, et monsieur se met en colère et me dit que ce n'est plus la peine de compter sur lui. J'arrête mon traitement, qui d'après moi ne sert à rien de toute façon, et je me retrouve enceinte, sans suivi, sans traitement, avec une vie perso chaotique. Je vais dans le mur et je ne le vois pas. Pendant ma grossesse, je cache le diagnostique à toute l'équipe médicale.

Mon mari, peu de temps avant mon accouchement se rend compte que j'échange toujours des sms avec lui et me menace de me quitter définitivement. Cette fois ci, je dis adieu à mon collègue, je suis malheureuse comme les pierres mais je ne veux pas perdre mon mari...

J'accouche d'une petite fille, elle est belle, je l'ai désirée plus que tout, mais je suis triste, je pense à mon amant, j'en perds le sommeil, je deviens folle. Je décide de consulter une nouvelle psychiatre, on me remet sous depamide mais c'est innefficace, et puis la psy ne me connait pas, il faut du temps pour cerner un patient. Bref, je reprends ma relation adultère, je me sens merdique mais c'est plus fort que moi. Mon mari finit par s'en rendre compte. Il veut divorcer, je ne veux pas. Malgré tout, je continue de le tromper, je vais de plus en plus mal, je n'arrive plus à travailler, les disputes sont incessantes à la maison, je finis par le quitter pour mon amant avec qui j'imagine vivre la dolce vita.

C'est une longue depression qui m'attend, je suis à la fois terriblement heureuse de pouvoir profiter de mon amant qui est devenu mon officiel, mais la perte de mon mari me rend folle. Je pleure tout le temps, je fais une crise d'hystérie le jour où je découvre que mon ex voit d'autres femmes, je casse tout dans sa maison, j'explose son ordinateur, je me revois hurlant et pleurant par terre au milieu de mon carnage, quelle horreur...

 

 


   
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willow
(@willow83)
Active Member
Inscription: Il y a 5 ans
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Je m'apercois que j'ai écris un roman, je suis désolée...

je vais sauter quelques années... Aujourd'hui, je suis toujours en couple avec mon collègue, nous avons fait construire une maison où nous avons emménagé avec nos 5 enfants, nous venons d'avoir une adorable  petite fille.

J'ai du arrêter mon traitement par théralithe pendant ma grossesse, la psy m'avait jugée suffisament stable pour m'en passer. Elle m'a autorisé l'allaitement sous réserve que tout se passe bien en post partum.

Oui mais voilà que revienne les idées noires, je suis irritable, colérique, je gueule pour tout et sur tout le monde, la vie à 8 est difficile, je passe mes journées à faire des lessives, à donner le sein, à faire la bouffe, je n'y arrive pas, plus...

Je recommence à rêver de mon ex mari, qui au passage est en couple avec la collègue avec qui il avait flirté 8 ans auparavant...

Un jour je me sens terriblement amoureuse de mon conjoint, je reve de mariage, de voyages, un jour je suis distante et je lui en veux d'être entrée dans ma vie.

J'ai honte de ressentir tout ca. J'ai honte d'avoir infligé une garde alternée à mes enfants pour n faire que gueuleur quand ils sont là. Je ne supporte pas les enfants de mon conjoint, j'ai mal au dos sans arrêt. Je suis fatiguée...

Il y a encore quelques semaines je disais que non, je n’étais pas bipolaire, et aujourd'hui 'ai l'impression que cette putains de maladie m'a volé ma vie.

J'ai rdv chez ma psy la semaine prochaine, je voulais allaiter ma petite, j'ai honte de devoir arrêter car je ne suis pas capable de tenir sans traitement. Je n'ai personne à qui parler, je ne veux surtout pas en parler à mon conjoint car je sais que la dépression déforme la réalité. je ne veux pas qu'il croit que je regrette mes choix.

Me me sens seule, je ne sais pas quoi faire. Suis je malade? La vie est elle juste trop difficile? En attendant, je ne me sens pas capable de reprendre le travail après mon congé maternité et bien sûr, je me sens nulle, j'ai honte.

merci de m'avoir lue...


   
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David
(@alien)
Noble Member
Inscription: Il y a 5 ans
Posts: 2099
 

Bonjour wilow

J'imagine que avec 6 enfantes c'est très difficile!En plus la maladie dans tout ça,ça aide pas.Tu est déjà a de nouveau sous le traitement?? Theralithe??Je compatisse avec toi,la charge est lourde.J'imagine que tu as pas beaucoup de temps pour toi tout seul.Je vraiment pas la conseille a ta donné.Il faut avoir courage!

bon journée a toi et surtout bon courage!!


   
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Marie
(@auraliza)
Estimable Member
Inscription: Il y a 5 ans
Posts: 229
 

Bonsoir’willow

ton récit me touche je m.y reconnais .....tu n es pas seule, ici on a tous ces problèmes....en plus tu as énormément de choses à t occuper, six enfants ce n est pas rien. Je suis instit comme toi et je’ me reconnais dans l.histoire de ta vie. Je crois qu il serait raisonnable que tu reprennes un traitement, je suis certaine que ça atténuerait tes difficultés. Et ne dis pas que tu es nulle ne’ culpabilises pas, c est typique de la maladie de se trouver nul.....tu es un être humain qui fait ce qu elle peut et c est déjà beaucoup. Je te souhaite beaucoup de courage, tiens bon....

 


   
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Dominique
(@doz-didiou)
Eminent Member
Inscription: Il y a 5 ans
Posts: 27
 

Tu as du mérite de t'occuper de tout ce foyé, ce n'est déjà pas simple quand on es pas malade, alors croit en toi, reprend ton traitement des que nécessaire. Je te souhaite plein de courage! 


   
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willow
(@willow83)
Active Member
Inscription: Il y a 5 ans
Posts: 11
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Bonjour,

tout d'abord merci pour vos réponses et paroles rassurantes.

Il y a des moments où j'arrive à me dire que je m'en sors pas si mal, que même des non bipolaires ne s'en sortiraient pas forcément non plus avec tout ce monde à la maison. J'ai une maison propre, on mange bien, plutôt très bien d'après ma famille même,  je m'occupe des enfants, je ne me laisse pas aller. Mais je crois que je m'en impose trop et je n'écoute  pas les signaux d'alerte que sont ma fatigue, mon irritabilité, ma colère.

Ce matin je suis partie marcher 1 heure avec ma petite en écharpe, et j'ai décidé de ralentir le rythme. Je vais m'accorder du temps, reprendre la méditation, la lecture,la marche, m'imposer des temps quotidiens pour moi. Pour la maison, je vais faire le minimum syndical, une lessive par jour c'est déjà bien, la deuxième ca sera si j'ai le temps, priorité à ma santé mentale car je me sens bouffée par le quotidien, j'étouffe.

J'ai commencé à écrire une lettre à mon cher et tendre pour lui expliquer .

Prendre un peu de recul, ca soulage ddéjà un peu.

Ce qui me chagrine c'est l'allaitement, j'adore ça, ce sont des moments si intenses, si calins, j'ai pas envie d'arrêter. J'aimerais qu'on me donne un traitement compatible mais je sais que je réagis très bien et vite au lithium qui lui est totalement contrindiqué. Je ne me sens pas au fond du gouffre, peut-être que la dépamide suffira... Je dois discuter de ça avec ma psy la semaine prochaine.

 


   
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 Anonyme
Inscription: Il y a 53 ans
Posts: 0
 

C’est très positif tout ça s’accoder du temps pour soi quand on a une grande famille 👍🏻 


   
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