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LES ECHECS MEDICAUX DES HOPITAUX PSYCHIATRIQUES

 

vincent
(@vincent)
Bipo
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 22
Début du sujet  

Suite à une agréable période de contention de 10 jours dans les HP de Paris (je plaisante), je vais vous parler de mon expérience : une hospi de 2 mois sous contrainte.
Premier point; à mon arrivée : direction la chambre d'isolement pour 3/4 jours.
Drôle d'expérience :

-odeurs de pisse
-pyjama
-on a beau taper sur la porte pour négocier une simple bouteille d'eau, le personnel s'en fout royalement
-ma technique : rester collé à la porte et dès que j'entendais parler ou circuler une infirmière à proximité, la je demande 1,5 l d'eau de source
(ça use, c'est épuisant, on est un peu réduit au statut d'esclave et je me pose une question : est-ce que le milieu carcéral (la chambre d'iso ressemble à ça) n'est pas un tout petit peu plus respectueuse des personnes.

A titre indicatif, ces 3/4 jours ressemblaient à une espèce de trou noir quasi total. Pour vous donner un aperçu en pourcentage, je me souviens de 5% des évenements.

Ensuite; retour à une chambre classique : un soulagement extrêmement profond. Je vais développer autour de l'accompagnement avec mon médecin psychiatre.
J'ai croisé certains psy qui respiraient l'humanité. Malheureusement pour moi, je suis tombé sur le pire loustic : arrogance, aucune écoute, pas de bienveillance, entretiens en mode interrogatoire de police...

De manière générale, pour rencontrer les médecins, et la ils sont tous pareils; aucun respect de leurs engagements (ex. rendez-vous à 10h " A bah non Monsieur on verra cet après-midi")
Un autre souvenir qui me revient; toujours sur la base d'un rdv prédéfini( "A bah non votre médecin est en arrêt maladie") donc changement de psychiatre donc on repart totalement à zéro.

Un autre aspect qui fait que j'ai très très très mal vécu mon hospi; mon psy m'a harcelé à chaque entretien pour me mettre soit sous tutelle soit sous curatelle. Malheureusement, c'est mon père qui voulait initier cette démarche. A chaque entretien, ma position a été de dire NON de manière très ferme mais j'étais à 2 doigts de craquer.

J'ai un exemple dans mon entourage; un bon pote qui est sous tutelle/curatelle : il est dépendant d'un tiers systématiquement pour un simple retrait de 40 euros.

Ma vision de cette privation de liberté; par ex. ; je rencontre une jeune femme sympa et on a envie de se prendre un resto dans la soirée, " excuse moi mais je vais d'abord voir avec ma curatrice donc le resto, ce sera dans 3 ou 4 jours" ça jette un froid.
Pour aller droit au but, je pense à nouveau à mon pote; à un certain niveau, il ne sera jamais libre et autonome matériellement et financièrement. J'exagère un peu, je pense qu'une partie de sa vie est brisée.

J'en reviens aux conditions d'hospi:

-on contemple les murs 10h par jour
-les 3 quarts des douches sont HS
-les sanitaires sont dans un état épouvantables
-1 seule activité en 2 mois ; 2h de patisserie
-radio HS
-pas de portable
-des livres complètement périmés ( années 50)
-café léger ambiance tisane (j'en ai quand même ramené un peu de l'extérieur
-50% des infirmiers et aides soignants n'ont plus la flamme et la passion du métier

Pour en finir avec la dimension toxique des HP, je vais être un peu brut de décoffrage, je suis sorti aussi malade qu'en entrant.

Un peu de lumière :

-solidarité entre les patients
-Fou rires
-les clopes dans les chambres
-se foutre bien comme il faut de la gueule de certains patients (je sais que c pas très fair play)
-copiner avec certains aides soigants ou infirmiers pour casser du sucre sur le dos de certains psychiatres

Ma psychothérapeute actuelle m'a parlé de la manière dont on pouvait mieux soigner les gens : maison en province, pleine nature, activités artistiques, accompagnement psy bienveillant et professionnel, psychologues...

Voila

J'ai fini

Au plaisir de vous lire

Vincent
-


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ver00
(@ver00)
Super Bipolaire
Inscription: Il y a 4 ans
Msg: 3016
 

Et, ben, pas terrible tout ça ! J'ai aussi de moches souvenirs de la contention . Et de ma venue aux urgences, les hommes de ma famille me tenaient de force . On ne peut en vouloir à personne, on est ingérable .... Mais c'est dur . Faut oublier ... Et allez vers l'avenir, c'est à dire, l'observance du traitement .


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Zorglub
(@zorglub)
Grand Bipolaire
Inscription: Il y a 12 mois
Msg: 298
 

Je plussoie, quand on est confronté à l'institution psychiatrique on se dit qu'on est encore aux temps de la préhistoire... D'où l'intérêt de trouver le traitement adéquat, et de bien se surveiller soi-même pour éviter d'avoir affaire à eux ! 


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