Forum des bipotes

Parcours depuis août  

 

Colibribleu
(@colibribleu)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 5 mois
Msg: 15
12 novembre 2019 13 h 46 min  

Bonjour à tous,
J’espère que pour vous ça se passe un peu mieux que moi en ce moment 🙂.
Depuis le 5 août j’enchaîne hospitalisation sur hospitalisation, j’avoue d’avoir beaucoup de mal à changer de lieux rapidement et de psychiatres (5 en tout, celui qui me suit à l’extérieur et ceux de l’hôpital) Première hospitalisation d’un mois et demi où j’ai enchaîné phase basse et haute (autant dire que j’étais super bien et que je me sentais vivante avec énormément d’énergie et pleins de projets de création et de voyages. J’ai dépensé énormément d’argent aussi), je suis au final sortie stabilisée enfin à peu près avec en traitement 200 mg de lamictal et du seresta.
Je suis retourner chez-moi dans mon appartement, j’ai dormi deux jours épuisée par la conduite (je sais ce n’est pas prudent du tout 😣) et les quelques courses à faire. J’ai rangé un minimum les affaires qui traînaient un peu partout car ma famille est passée me voir le samedi.
Je commençais à me réhabituer progressivement à mon univers, mon médecin me trouvait même mieux j’avais retrouvé le sourire.
Quelques jours après à la demande de la première psychiatre de l’hôpital avec qui ça s’était super bien passé je me suis retrouvé dans un autre hôpital pour retrouver un équilibre alimentaire car je ne mange pratiquement plus ou ce qui traîne quand ça ne va pas. Cette hospitalisation s’est très mal passé. Autant dire que c’était une prison, pas le droit de sortir plus d’une heure par jour dans la campagne (autant dire que c’était le seul moment d’oublier l’hôpital et de se sentir à peu près bien). Obligation de faire des activités angoissantes pour moi. Le début d’une crise s’est amorcée. Ça a commencé par un manque d’énergie, l’envie de ne rien faire, de rester allongée, d’attendre que le temps passe, dormir en continu pour oublier et ne plus penser. Jusqu’à s’autodétruire pour résister à la mort ou rechercher le bonheur et l’extase une dernière fois avant la mort menaçante. Je n’avais qu’une idée obsédante: boire, boire de l’alcool pour être heureuse, euphorique dans ma bulle, pouvoir tout faire, créer sans limite quelques heures seulement de répit. J’en ai parlé au psychiatre de l’hôpital, il n’a rien fait, ni pris au sérieux la situation. Pourtant il savait que j’étais bipolaire. Je suis restée un mois ici, c’est moi qui ai voulu partir contrairement à l’avis médical mais je n’aurais jamais supporté deux mois de plus dans cet hôpital où je mourrais à petit feu. Le psychiatre de toute façon je ne le voyais qu’une fois toutes les trois semaines alors pour le suivi en cas de crise ce n’est pas super. Je suis sortie, retourner voir mon médecin, évidemment elle ne pas trouver bien. Elle m’a dit que je pouvais toujours retourner à l’hôpital. Et elle n’a pas voulu que je reprenne le travail. De toute façon je n’en avais pas la force. Elle m’a dit que je pouvais venir la voir si ça n’allait vraiment pas. À ce moment là je voulais retourner à l’hôpital mais ma famille devait passer chez-moi avant de partir en vacances. Pour une fois je voulais les voir en dehors de l’hôpital même pas bien. J’ai pris sur moi, dépenser toute mon énergie pour paraître à peu près bien mais ça n’a pas marché. J’avais encore envie de boire, ma vie avait cessé de défiler dans ma tête. J’ai commencé par penser à tous les moyens d’en finir sans chance de se rater. Je ne pensais qu’à ça, plus qu’à ça en me disant que ceux que j’aime faisaient bien leur vie sans moi et que ça serait pareil si je disparaissais. Un soir chez des amis, je me suis mise à boire ça me donnait une occasion et un prétexte pour céder à cette pulsion obsédante. J’ai bu jusqu’à me sentir bien. La sensation est restée quelques heures mais le lendemain je sombrais davantage avec un sommeil profond et je n’avais qu’une envie recommencer. Je suis ensuite restée chez-moi à dormir, à ne pas pouvoir me lever, sans force de faire la vaisselle, descendre la poubelle et gérer les papiers administratifs. L’appartement s’est transformé en chaos total. Le lundi dernier je suis allée voir mon psychiatre, nouveau traitement: toujours le lamictal, antidépresseur et seresta. Je devais le revoir ce vendredi. Mais bon entre temps, jeudi dernier j’ai fini par atterrir à l’hôpital psy encore une fois. Après pleins d’hésitations, je me sentais être un fardeau, je suis allée voir mon médecin et la seule chose que je lui ai dit: je veux aller à l’hôpital. Mes mains tremblaient, j’étais blanche avec l’envie d’avaler des anxiolytiques avec de l’alcool car mardi en psycoeducation la psychiatre a dit que ça faisait beaucoup dormir. Elle a appelé un taxi ambulance car évidemment elle n’était pas d’accord pour que je conduise. Je suis arrivée jeudi à l’hôpital mais pas dans la même unité que la dernière fois car il n’y avait plus de place. La psychiatre qui m’a reçu a encore intensifié mon traitement, plus de lamictal, la même dose d’antidépresseurs, et beaucoup plus d’anxiolytiques, augmentation du seresta mélangé à de l’atarax. J’ai dormi pendant trois jours et trois nuits de suite entrecoupés des réveils par les infirmières pour aller manger, faire une prise de sang et prendre ma tension.
Je n’ai toujours pas récupéré, j’ai toujours des pensées tournées vers la mort mais au moins je ne pense plus à boire. Et je suis relaxe avec tous les anxiolytiques que j’avale même si je me pose beaucoup de questions pour la suite de l’hospitalisation j’angoisse beaucoup pour ça. Pour l’instant je pense que je vais rester quelques semaines ici, le temps de me stabiliser. La seule chose que j’ai dû mal à accepté c’est d’être plus ou moins contrainte à manger alors que je ne veux pas.
Je ne sais pas si après l’hospitalisation on peut demander un congé longue maladie car après tout ce temps passé en hospitalisation et le travail angoissant qui a aggravé une de mes crises, je ne me vois pas reprendre tout de suite surtout qu’en ce moment la mémoire et la concentration sont au plus bas. J’angoisse terriblement de reprendre le travail car il faut être à la fois polyvalent et décrocher le téléphone (source de panique pour moi) et quand je ne suis pas dans ma phase haute je n’arrive pas à tenir la cadence et je rentre épuisée car ce travail devant un écran demande beaucoup de concentration.
Je ne sais pas si certains d’entre vous en ont fait la demande et si celle-ci a été acceptée et pour combien de temps ?
Par la suite, quand je serais bien stabilisé au mieux, j’envisagerai sûrement un mi temps thérapeutique. Mais j’aimerais surtout me reconvertir vers un emploi qui me correspond mieux. Pour le moment je monte mon dossier de reconnaissance travailleur handicapé pour avoir au moins des adaptations de poste et des possibilités d’avoir un emploi plus compatible avec la maladie
Voilà c’est le parcours de cet été jusqu’à l’automne bien avancé

Demain j’ai rendez-vous avec la Vie, ce soir je valse avec la Mort


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ver00
(@ver00)
Super Bipote
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 1653
12 novembre 2019 17 h 39 min  

Oui grosses épreuves  Colibribleu , j'espère que tout va s'arranger pour toi ; On est tous plus ou moins passé par des grosses galères ici, et avec un traitement adapté, on s'en remet ... Bonne chance à toi et courage ...

Bipolaire et fière d'y être.


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Colibribleu
(@colibribleu)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 5 mois
Msg: 15
12 novembre 2019 17 h 52 min  

@ver00

Merci beaucoup ça demande beaucoup de patience et de temps mais on y arrive toujours avec des hauts et des bas 

c’est un combat de tous les jours 

Demain j’ai rendez-vous avec la Vie, ce soir je valse avec la Mort


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