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Parole
(@parole)
New Member
Inscription: Il y a 1 an
Posts: 2
Début du sujet  

Bonjour à toutes et à tous,

Je viens de m'inscrire.

Fin 2019, en dépression sévère, je suis allé en clinique psychiatrique. J'en suis ressorti  6 semaines plus tard, avec l'hypothèse diagnostic d'un trouple bipolaire de type 2 et un traitement par Lamotrigine.

Depuis, en réexaminant ce que j'ai vécu ces dernières années, l'hypothèse s'est confirmée et je dois dire que ça m'en a mis un coup.

Me considérer comme un malade psychiatrique, c'est dur. En repensant aux moments de mon existence qui peuvent être mis sur le compte de cette pathologie, la place qu'occupe la maladie dans mes pensées augmente. C'est comme si accepter la maladie lui donnait plus de poids et réduisait l'espoir d'aller mieux. Bref (c'est un comble! ) tout cela me déprime.

Avez-vous déjà vécu quelque chose comme ça ?

Par ailleurs, j'envisage de participer à des groupes de parole comme en propose l'association Argos 2001.

Certains d'entre vous ont-ils eu cette expérience ?

J'espère avoir le plaisir de vous lire.

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Ce message a été modifié Il y a 1 an par Parole

   
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Daria
(@daria)
Reputable Member
Inscription: Il y a 1 an
Posts: 320
 

Oui, est-ce qu'on est pas tous passés par là?

Moi, oui. Ah une époque, je faisais même des crises d'angoisses en prenant mon lithium. Mais d'un autre côté aussi j'étais soulagé. J'ai compris que si j'avais ces comportements, ce n'est pas parce que j'étais folle comme tout le monde le disait. J'étais malade. Le psy qui s'occupe des bipolaires là où je suis soignée, m'avait donné un fascicule où il disait qu'on était malade comme un cardiaque ou un diabétique. Il y a des choses qui fonctionnent mal dans notre cerveau. Si tu te renseigne, tu verras que la recherche avance et comprends un peu plus notre fonctionnement.  

Ce que tu fais c'est de l'auto-sigmatisation. Je connais très bien... seulement, grâce à mon psychiatre qui est un peu dingue, j'ai compris que je ne suis pas plus cinglée que les autres. Déjà tous ceux qui nous stigmatise en réalité c'est qu'ils ont peur et ce qui leur fait peur, c'est de devenir fou comme nous. Parce qu'on est dans une société de l'hyper contrôle. Avoir des failles, c'est une faiblesse alors les gens s'inventent des vies, où ils doivent faire mieux que les autres. 

-Je gagne 1600€ par mois.

_ah ben c'est bien  moi, je gagne 1700 €

- ah mais je ne t'ai pas dit j'ai le 13eme mois!

Bref, t'as qu'a regarder les réseau sociaux. C'est très intéressant. C'est remplit de narcissisme, de mégalomanie, de gens qui se victimise pour avoir une certaine gloire (attention). Pour moi, les réseaux sociaux sont les H.P du virtuel. 

Et si tu regarde dans la rue. Ce n'est pas mieux. Et on ne parle pas de tous les politiciens français qui je pense représente pas mal de cas psychiatrique mais ça c'est mon avis. Pas de politique içi. 

Tu connais Winston Churchill? C'est celui qui a gagné la guerre contre H. Et bien, il était bipolaire. Il avait ce qu'il appelait son "black dog", son chien noir qui le faisait tomber dans de profondes mélancolies à ne pas se lever pendant des jours. Et pourtant, ce grand monsieur a eu assez de rage pour arrêter la folie meurtrière, la mégalomanie de Hitler. 

Je suis aussi bipolaire de type de 2. Je tombe dans de très profondes melancolies. Je fais de l'hypomanie mais ça s'arrête à une grande gaieté et à une obsession pour un sujet qui j'avoue à une époque me faisait acheter un tas de livres. Je n'ai pas d'hypersexualité ou tout ceux qui vont trop haut ont.

Mais être bipolaire, c'est aussi des bons côtés. On est souvent très créatifs. On a une certaine vision du monde. Il faut exploiter ce côté là chez toi. Ta maladie est là alors autant l'accepter et prends ton traitement.  

Après ben le passé est passé. Il faut regarder en avant. 


   
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Mily
 Mily
(@mily)
Reputable Member
Inscription: Il y a 1 an
Posts: 383
 
Posté par: @parole

Bonjour à toutes et à tous,

Je viens de m'inscrire.

Fin 2019, en dépression sévère, je suis allé en clinique psychiatrique. J'en suis ressorti  6 semaines plus tard, avec l'hypothèse diagnostic d'un trouple bipolaire de type 2 et un traitement par Lamotrigine.

Depuis, en réexaminant ce que j'ai vécu ces dernières années, l'hypothèse s'est confirmée et je dois dire que ça m'en a mis un coup.

Me considérer comme un malade psychiatrique, c'est dur. En repensant aux moments de mon existence qui peuvent être mis sur le compte de cette pathologie, la place qu'occupe la maladie dans mes pensées augmente. C'est comme si accepter la maladie lui donnait plus de poids et réduisait l'espoir d'aller mieux. Bref (c'est un comble! ) tout cela me déprime.

Avez-vous déjà vécu quelque chose comme ça ?

Par ailleurs, j'envisage de participer à des groupes de parole comme en propose l'association Argos 2001.

Certains d'entre vous ont-ils eu cette expérience ?

J'espère avoir le plaisir de vous lire.

Bienvenue à toi @Parole 🤗 je comprends tout à fait ce que tu partages. Pour moi ça a duré plusieurs mois le fait de laisser trop de place à cette maladie dans ma vie. Je suppose que c'est une réaction "normale" du diagnostic. Au début pour moi tout allait bien et puis ensuite catastrophe je suis malade de la tête. Ensuite je me suis sentie plus malade qu'avant le diagnostic. Et puis au fur et à mesure que j'apprends à déceler les symptômes et à apprivoiser ma bipo sauvage, j'ai envie de te dire qu'elle ne prend plus autant de place dans la vie. 

(Dans mon cas la psychothérapie aide beaucoup 😊)

Peut être le temps de la digestion ? 😯 Et je fais également la supposition que l'on se débat avec nos apprioris conscients et inconscients sur la maladie mentale.

Comme le dit si bien Daria, il y a de nombreuses personnalités qui ont ce trouble...il est possible de faire de notre différence un petit truc en plus 😉


   
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NoNo21
(@nono21)
New Member
Inscription: Il y a 1 an
Posts: 1
 

😉 😉 


   
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Zorglub
(@zorglub)
Reputable Member
Inscription: Il y a 2 ans
Posts: 310
 

Digérer le diagnostic, ça prend du temps, il peut y avoir différentes étapes, l'acceptation, le rejet, le doute... Perso je ne me considère pas comme malade, et encore moins comme malade psychiatrique, ou malade mentale, ou que sais-je encore. Je me définie comme "pas la plus équilibrée des filles", et j'ai découvert qu'autour de moi j'ai bien des gens plus fragiles qu'il n'y parait, quelles qu'en soient les raisons... Même si je me pose encore de temps en temps des questions, j'ai appris à relativiser, et je me dis qu'après tout on en ignore plus sur le cerveau qu'on en connait aujourd'hui. L'essentiel c'est d'être bien avec soi-même. 

Ce message a été modifié Il y a 1 an parZorglub

   
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Parole
(@parole)
New Member
Inscription: Il y a 1 an
Posts: 2
Début du sujet  

@mily merci beaucoup pour ton commentaire.

C'est la première fois que je reviens sur le site depuis novembre.

Depuis, il y a eu de formidables changements dans ma vie. Depuis plus de deux mois, je ne me suis jamais senti aussi serein de toute mon existence. Mon traitement est en cours de réduction et peut-être, à voir selon l'évolution avec mon psychiatre, va-t-il être arrêté d'ici un an.

Du coup, j'ai retrouvé une relation de confiance et de complicité disparue depuis 8 ans avec ma fille.

Mon travail libéral connaît une activité comme jamais auparavant et des projets dont je rêve depuis plus de 10 ans sont sur le point de se concrétiser.

Si on m'avait dit ça le 12 novembre, date de mon message, à un moment où je n'arrivais quasiment pas à sortir de chez moi, ne serait-ce que pour faire des courses, jamais je n'y aurais cru.

Alors, quelle que soit l'intensité de la détresse, quelle soit la noirceur de ses pensées, quelle que soit la perte de tout espoir en l'avenir, tout cela n'est qu'imaginaire. Le réalité est autre. La vie peut nous surprendre soudainement et radicalement.

Bien à vous Mily


   
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Vincentristana
(@vincentristana)
Eminent Member
Inscription: Il y a 2 ans
Posts: 27
 

Bonjour Mily

 

Entre le 12 novembre et le 5 février, quel changement certes? Moi aussi j'ai connu ce genre de revirement. Tu as en tout cas une manière très concise et belle pour décrire ce qu'est vivre avec un/des TB. En particulier cette phrase résonne en moi: "C'est comme si accepter la maladie lui donnait plus de poids et réduisait l'espoir d'aller mieux." Je tiens un blog ( https://bipolaroid.org/ ); plus j'écris et plus ça me défoule et plus j'ai l'impression d'accepter la maladie mais en même temps plus j'ai l'impression de vivre à travers ma maladie (et de lui donner du poids, donc, comme tu l'écris). 

Si tu lis l'anglais (ou peux le traduire automatiquement), il y a sur le susdit blog un article sur les revirements brutaux qui peuvent se produire depuis la dépression vers l'euthymie/l'hypomanie (comme ce que tu sembles connaître): https://bipolaroid.org/2022/01/07/from-dog-man-underwater-to-stars-in-an-eyelash-the-logic-magic-of-bipolar-disorder/

Bon encouragement pour tout. Et attention aux excès d'enthousiasme dans le travail comme ailleurs... 

 

Vincent

 


   
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marie-lou
(@alice)
Estimable Member
Inscription: Il y a 6 ans
Posts: 144
 

Bonjour Parole,

Oui c'est dur d'accepter.Je ne sais pas si j'ai accepté.

par contre,je n'arrive pas à accepter tout ce qui qui tourne autour et les conséquences.

Quand j'ai eu compris le diagnostique après 7 ans d'un traitement inefficace (j'ai enfin changé de médecin),je l'ai dit autour de moi,j'étais tellement soulagée d'avoir une bonne raison à fournir pour toutes mes dépressions alors que les gens devaient se que j'avais besoin d'un coup de pied aux fesses puisque j'avais tout pour être heureuse.

Mauvaise réaction. On ne me répondait pas ,on me regardait bizarrement, et il y a les gens regardent sur internet.

 Etant dans le déni (ou c'est de la bêtise)je n'avais rien dit à ma famille).

Et poser des mots sur ce que j'avais vécu était impossible.Si bien que je dis "ça va" ou "ça ne va pas".les seuls à qui j'ai essayé de parler de mes troubles actuels (petits par rapport à avant) ont minimisé.J'ai ecrit à mon frère (médecin) un jour de grand désespoir,même pas un petit sms.

donc,il y a ceux qui ne comprennent pas,ceux qui s'en foutent,et ceux qu'il faut épargner.

Mon mari est parti.je pourrais lui casser la figure de n'avoir rien fait  pour sauver, pour toutes ses crasses et son mépris.  mes enfants sont grands,je ne peux plus travailler.plus de maison.plus de prêt. grandes difficultés pour sortir de chez moi donc plus de vie sociale et des parents dont il faut s'occuper,désespoir de les voir chuter.

Bref,seule pour encaisser la douleur, de ne pas pouvoir dire,de n'avoir aucun soutien.

Beaucoup de ressentiment par rapport à cette cochonnerie de maladie.

J'ai l'impression d'avoir été déchargée du train où sont les gens qui ,même si tout le monde a un grain,ont une vie normale et pour qui la souffrance n'est quasi-quotidienne et d'être dans le fossé à le regarder passer.

J'ai l'impression d'être à côté de la vie.

Et même si ça s'arrange un jour,que de tant perdu,que de souffrance inutile.

Non, en y réfléchissant,je n'ai rien accepté du tout.


   
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Alexlhea
(@alexlhea)
Active Member
Inscription: Il y a 8 mois
Posts: 6
 

Merci pour votre magnifique texte vous m'avez conforté dans le combat merci beaucoup 


   
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