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Aemi
 Aemi
(@aemi)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 3
Début du sujet  

Bonjour à tous !

Je suis la compagne d'un homme qui souffre de troubles bipolaires. Je n'ai pas l'habitude des fora mais là je ressens le besoin d'intervenir, chercher de l'aide peut-être, au moins un retour d'expériences c'est certain.

Nous nous sommes rencontrés de manière plutôt rocambolesque, à défaut d'un autre adjectif.

Nous avons sympathisé lors d'une sortie, il a été plutôt direct en m'annonçant qu'il était alcoolique abstinent, père de 3 enfants et souhaitait quitter sa femme. De mon côté, bien que m'entendant toujours très bien avec mon ancien compagnon, la flamme de mon couple s'éteignait sagement.

J'ai dit non et finalement nous nous sommes croisés pendant 3 mois, où il me relançait chaque fois. Et j'ai dit oui, il n'était alors pas divorcé, j'assume la responsabilité de mes actes. Finalement, il a fait son choix et a entamé une procédure de divorce, après moults péripéties et quelques mois à se fréquenter.

Et là… Sa femme est partie du jour au lendemain avec les enfants, nous nous étions séparés car son discours changeait constamment. Il m'a appelée, paniqué, je suis venue le soutenir. C'est ainsi que commence notre histoire. 

Sa femme demandait une ordonnance de protection pour des violences physiques et psychologiques, arguant de comportements liés à l'alcool et de troubles bipolaires. Je me suis basée sur sa parole qu'il était innocent de ces accusations pour l'aider à se défendre et à ester en justice en adoptant le point de vue qui consiste à penser que c'était une personne en grande fragilité, liée au contexte et à un chemin de vie très accidenté. Pendant des mois cela a été un travail de chaque instant, stressant, anxiogène, destructeur mais pas que. Et après un an et demi où nous vivons ensemble, avec tout ce que cela peut comporter, oui nous sommes rendus à l'évidence qu'il souffre de bipolarité, avec toutes les commobidités que cela comporte et une vraie alteration du lien interpersonnel en phase maniaque et dépressive.

De mon côté je suis une cure analytique, j'avais repris des études en psychologie mais l'année d'étude a coîncidé avec les prémisces du divorce, je me suis jetée à corps perdu dans son histoire, essayant de l'aider. Je sais pourquoi j'ai choisi l'homme avec qui je suis. Je me place dans des relations triangulaires de type victime/bourreau/sauveur. J'ai joué les sauveuses face à son ex-femme/bourreau, me suis placée en victime face à lui/bourreau et me rends bien compte que le fil est ténu pour que je ne devienne pas moi-même bourreau de l'homme que j'aime. Il est en effet, pour moi, assez délicat de rester zen et maître de moi-même lors d'une de ses crises. Un état hypomaniaque voire maniaque est normal pour moi, je suis surdouée, cela joue sur mon rythme, mes pensées, mon empathie, mon observation et mon analyse de la réalité. Sauf que je ne suis dépendante à rien, organise minutieusement mes projets (partir vivre à l'autre bout du monde me prend quelques mois et une planification sans faille, je peux donc prendre des décisions radicales mais elles sont soupesées) je me place dans le collectif je n'agis pas contre quelqu'un et j'écoute beaucoup. Sans compter qu'en terme psychanalytique je suis de type hystérique. Il faut entendre par là que mon corps somatise beaucoup et que je suis en recherche de mouvement de vie, donc de désirs.

Voilà !

C'est décousu, veuillez m'excuser. 

Le fond du problème c'est que je n'ai jamais envisagé de mettre un frein à la liberté de l'autre. Or, là, il faut dans une certaine mesure. 

J'ai toujours conçu les relations comme parfaitement égalitaires. Oui mais là ce n'est pas tout à fait possible non plus. Il faut être plus "maternante" ce qui crée une forme de hiérarchisation de nos rapports.

Nous envisageons un enfant. Là, c'est tellement le bordel dans mes pensées que je ne sais même plus où j'en suis.

Je me demande parfois ce qui nous lie, ma névrose et sa psychose ? Nos qualités humaines ? L'amour ?

Oui clairement je suis perdue. La question de savoir si je dois l'accompagner pour s'en sortir, se stabiliser et au final le quitter quand je serai certaine qu'il a tous les appuis pour s'en sortir où choisir de créer une famille et m'engager est impossible à trancher. Techniquement cela me rend folle.

Je ne sais même pas ce que je viens chercher ici. Mais vous lire m'a déjà permis de m'adapter. Hier, il a pris ma voiture, signé l'acte de vente de son ancienne maison, s'est s'est saoulé, est allé acheter de la cocaïne, revenu à pas d'heure sans que je puisse le contacter car il avait éteint son téléphone puis est parti en pleine nuit pour errer pendant 4 h avant de revenir vers moi comme si de rien n'était. 

Avec le recul de ce matin, j'aurai pu prévoir le coup, beaucoup d'émotions ont été libérées par cette signature.

Oui. Mais là, je ne sais même plus qui prendra en charge sa maladie, moi, lui, nous ? Suis-je vraiment capable de l'aider ? Est-ce que je veux de cette vie ? 

 

Merci de m'avoir lue.


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OuiEtNon
(@ouietnon)
Bipo
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 45
 

Bonjour,

 

Très dure ta situation 🙁

Je me permets d'intervenir uniquement par rapport au fait que tu parle d'un projet d'enfant juste avant de parler d'une crise soldée par alcool, cocaïne et errance.

 

Si tu as conscience de la situation, tu sauras que ce n'est pas un environnement sain pour en avoir et élever un (du moins tant qu'il n'y a pas de stabilisation).

 

Car si la signature lui a fait ça, imaginez l'annonce de la grossesse ou l'accouchement etc...

 

C'était juste mon com' à deux sous.

 

Courage à vous.


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Nath
 Nath
(@nath8)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 4 ans
Msg: 901
 

Bonjour Aemi, 

Avant toute chose, toi qui a l'air très structurée dans ta vie, et très bien organisée 🙂 , tu ne parles pas beaucoup de sentiments dans ton post. Peut-être faudrait il déjà te poser la question de savoir si tu aimes vraiment cet homme ? Je veux dire l'aimer profondément, du genre ou il te manque quand il s'absente, ou tu te sens vraiment complice avec lui. Es tu du genre à écouter plutôt ton coeur ou la raison ?

Ensuite, OuiEtNon a raison : les conditions ne sont pas réunies en ce moment pour avoir un enfant, tu ne trouves pas ?

Tu ne parles pas de traitement. Ton ami n'en a pas ? Dans ce cas là, ta vie et la sienne resteront très compliquées, voire deviendront un enfer. Penses-tu vraiment que son ex-femme affabulait en parlant de lui ? C'est vrai que ça peut arriver, mais bon...

Si tu veux faire ta vie avec lui, il faut qu'il se fasse suivre et qu'il se débarrasse de ces addictions, qui, de toute façon, ne seront pas compatibles avec un traitement. Tu dois réussir à l'en persuader si tu veux un jour espérer avoir une vie sereine avec lui.

Courage à vous deux !


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ver00
(@ver00)
Super Bipolaire
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 3015
 

Salut Aemi,

 

Que dire de  plus, Nath a vraiment un bon sens de l'analyse , je ne  peux qu'approuver son post . .


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Nath
 Nath
(@nath8)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 4 ans
Msg: 901
 

C'est gentil, ver00, ton post équilibre  les méchancetés que j'ai pu lire ces derniers jours sur moi  😋 


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Peri
 Peri
(@peri)
Bipo
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 25
 

La bave du crapaud ne doit pas atteindre la blanche colombe.

Ta bienveillance et ta bonne humeur nous faut réellement du bien.


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ver00
(@ver00)
Super Bipolaire
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 3015
 

Oui, je suis souvent admirative de tes post, continue comme ça, Nath, c'est vraiment super .


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ver00
(@ver00)
Super Bipolaire
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 3015
 

Il règne ici, une ambiance de compassion et d'humour que l'on voit rarement sur le net .


vanessa7131 ont aimé
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Nath
 Nath
(@nath8)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 4 ans
Msg: 901
 

Je vous voir venir, les filles ! Vous voulez me chiner des kinder Bueno, mais y'a pas moyen, c'est pas négociable, ça  🙄 !

Je me souviens qu'à chaque fois que je préparais ma valise avant d'aller accoucher (et c'est quand même arrivé un paquet de fois  🤨 ), je mettais un gros paquet de kinder bueno dedans pour mon séjour à l'hôpital  🤩 )

D'ailleurs, maintenant que je fais mon auto-analyse, est-ce que je n'aurais pas fait autant d'enfants pour me donner une raison d'acheter des kinder buenos ?  🤔 

Quand je vous dis qu'on a tous un grain !  😋 


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Lyco
 Lyco
(@lyco)
Bipo
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 22
 

Ma mère lorsqu'elle était enceinte mangeait des kilos de fruits rouges, et elle a fait de même quand c'était pour mon jeune frère.

Des barquettes et des barquettes de fraises et de cerises du verger d'un oncle qui en avait des tonnes chez lui.

C'est à se demander si ce n'est pas à cause de ça que je suis moi-même un gros addict aux cerises, framboises, ... Je pourrais m'en enfiler des kilos aussi 😍 


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Nath
 Nath
(@nath8)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 4 ans
Msg: 901
 

Alors moi, je ne coûtais pas cher : je mangeais toutes les croûtes de pain  🤨  au grand désespoir de tout le monde, puisque je décroûtais tous les pains que je voyais  😆 

Quand je vous dis que j'ai un gros grain  🙄 


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vanessa7131
(@vanessa7131)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 96
 

Moi c'était les cornichons, une vraie passion! Lol


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Aemi
 Aemi
(@aemi)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 3
Début du sujet  

Merci pour la lecture que je viens de faire. Du coup, ça m'a mis du baume au cœur !

Concernant le projet d'enfant, il faudrait que je me fasse opérer d'un fibrome et que je passe par une FIV. Donc la question se pose en terme de désir et de projet sur du très long terme. Mais je suis bien consciente qu'en l'état ce serait apocalyptique. 

Après, structurée je ne le suis pas tant que ça. Il m'a poussé indirectement à me structurer. C'est une bonne chose, il m'a permis de grandir, dans le bon sens. Si je ne ressentais pas d'amour pour cet homme formidable alors je l'aurai quitté avant. Il m'a fait peur, m'a fait craqué de rage, de colère mais j'ai toujours compris. Du moins j'en ai l'impression car nous avons fait un sacré bout de chemin à force de communication, de questions, d'explications. Ce qui l'a mené à une prise de conscience extrêmement pénible. Il est donc sous traitement depuis 1 mois. Mais ce n'est pas simple.

Il n'est pas facile de se dire en pleine bouffée délirante que finalement le souci c'est sa perception personnelle de la réalité. Et que la personne en face est de bonne foi. Quand je vois le temps que ça m'a pris, avec l'aide d'une psy, de me rendre compte que ses accusations, remontrances, rabaissements et autres sont le fruit d'une perception erronée et qu'il est donc de bonne foi… Je me dis que de son côté ça doit être le chaos total de voir la personne qu'il aime lui soutenir une version en opposition complète d'avec la sienne. Il faut une sacrée dose d'amour pour se remettre en question quand on est persuadé d'avoir raison. Finalement la "folie" c'est un truc qui devient presque palpable dans ces cas là et qui n'existe que parcequ'il y a une opposition que l'on nomme norme.

Mais je ne détiens pas la vérité, si ma perception rejoint la norme, ça ne veut pas dire que la sienne n'a pas de sens. C'est un mécanisme de défense et il sert à quelque chose. De vital sinon il n'existerait pas. Il s'agit de détricoter pour comprendre. Mais ça c'est plus simple à dire qu'à faire. Car il y a l'épuisement, la confiance qui s'érode d'un côté et de l'autre, le stress, l'angoisse… Nous sommes tous deux hypersensibles et susceptibles, nous nous ressemblons sur plein de choses. Et je suis très empathique donc je flippe au moindre changement. Il le ressent. C'est le bordel.

Bref ! 🙂

Concernant les accusations de son ex-femme je pense qu'il y a du vrai. En fait, en un an je suis passé de sa part à un "elle ment" ferme au dévoilement pas à pas de la vérité et le reste je l'ai compris avec mon expérience.

Mais tout est en nuances dans la vie, on dira donc que c'était de la conjugopathie. 

Ah ! J'adorais manger les pépins des cerises, les pépins de tout d'ailleurs...

Prédestinée j'vous l'dis !

 


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