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Questionnements d'une nouvelle

 

Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
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Bonjour,

Après plus d'une semaine de réflexion, je me décide enfin à coucher à l'écrit ce qui se passe dans ma tête. J'espère que certains d'entre-vous qui me liront se retrouveront dedans et pourront m'éclairer, bien que je sache pertinemment que vous n'êtes pas psys, mais vos expériences peuvent être utiles et bénéfiques.

 

Je n'ai pas été diagnostiquée bipolaire, mais je me pose beaucoup de questions depuis près de deux semaines maintenant. Je vous explique :

Petite, j'ai été harcelée à l'école dès mon entrée à la maternelle jusqu'au début du primaire. Du CE1/CE2 à la 4e (au collège), j'ai été tranquille avec cela. Vers le milieu de la troisième, cela a recommencé et j'ai développé (je n'ai mis des mots là-dessus qu'il y a quelques mois, alors que ces faits datent maintenant d'il y a six ans maintenant) une dépression plutôt sévère (je m'étais beaucoup scarifiée et j'avais voulu me suicider, mais je n'ai pas réussi à aller au bout de mon geste).

La remise en route vers le bonheur a été compliquée : en seconde (au lycée), je suis repartie de zéro puisque je ne connaissais personne (j'ai toujours eu très peu voire aucun ami) et j'y ai rencontré mes meilleurs amis d'aujourd'hui que je vois régulièrement malgré nos horizons d'études différents. Je continuais de me faire du mal et mes notes étaient en chutes libres (comme en 3e au collège, mes professeurs pensaient que je ne travaillais pas : ce n'était pas faux, mais j'avais toujours été une grande travailleuse oscillant entre les 11 et 13 de moyenne générale, je n'avais simplement plus aucune force en moi pour bosser). J'ai réussi ma seconde de justesse, mais j'ai dû redoubler ma première.

Un événement important s'est produit cette année-là puisque mon oncle s'est suicidé. Cela m'a profondément marquée, bien que je ne fus pas proche plus que cela de lui, mais il faisait partie de ma famille. Je me suis sentie coupable (et je me sens encore coupable aujourd'hui) car j'ai vu la peine que cela à provoqué à toute ma famille et j'ai failli leur causer moi-même cette peine : pire, j'ai l'impression de ne plus avoir le droit de me faire du mal pour éviter de leur provoquer une seconde souffrance.

J'ai vécu deux années de première assez difficiles (le harcèlement n'était pas présent, mais j'étais à l'écart de tout le monde avec mes rares amis). Vers la fin de ma deuxième première, j'ai appris que ma meilleure amie nous mentait depuis trois ans sur elle et sur sa vie. Lui ayant raconté ce que je vous raconte là, cela m'a fait énormément de mal et je me suis sentie trahie. C'est très dur pour moi d'exprimer ce que je ressens. Je n'ai parlé de cela qu'à deux personnes (à une seule pour ce qui va suivre et encore...). Je cache toujours ma souffrance et mes problèmes pour ne pas faire de mal à mes proches.

En terminale, tous mes amis avaient quitté mon lycée et je me retrouvais seule avec un "pote" et un ami. Les gens ne me parlaient jamais. Timide de nature je n'arrivais pas à aller les voir, je me sentais seule, ignorée... Bref : cette année-là fut un véritable calvaire. J'ai également commencé à faire des crises d'angoisse qui handicapait totalement ma scolarité. J'ai dû louper beaucoup de cours à cause de cela : j'étais incapable de venir au lycée ou d'y rester plus qu'une heure. Je suis anxieuse, angoissée et stressée de nature (mes ongles et mes peaux en sont le témoins, j'ai commencé à les ronger à 1 an et demi...) et cela a aggravé ma nervosité.

J'ai pu passer l'année suivante (en licence 1) plus ou moins tranquillement sans faire de crise d'angoisse, malgré mon anxiété, mes angoisses et mon stress toujours présents (je vomissais chaque matin avant d'aller en cours de septembre à novembre/décembre). J'ai cependant réussi à me faire des amies et ça m'a rassurée, d'autant plus que j'ai bien réussi mon année.

Les étudiants sont obligés d'aller faire une visite médicale en début d'année avec le médecin de la faculté et après examen, celle-ci m'a fortement recommandé d'aller voir la psychologue de la fac (alors que je ne lui avais rien dit sur mes problèmes personnelles). Me sentant un peu obligée, c'est donc ce que j'ai fait (au cours de ma vie, j'ai vu 3 psychologues et une psychothérapeute qui ne m'ont fait aucun ou peu de bien). Aujourd'hui, j'ai 20 ans et j'entre en deuxième année de fac (ma première dépression est donc apparue à l'âge de 14 ans).

J'ai mis six ans avant de me rendre compte que j'avais fait une dépression durant ma dernière année de collège. Il y a deux semaines, j'ai enfin réalisé que j'avais un autre trouble psychologique : des troubles obsessionnels compulsifs. Je ne veux pas entrer dans les détails car j'ai vraiment peur de ces troubles qui m'angoissent encore plus. J'étais seule pendant deux semaines et mes TOCs se sont aggravés, j'ai fait deux ou trois crises dont une qui m'a mise au plus mal. Ces troubles ont commencé à apparaître fin collège, mais avant mon premier épisode de dépression.

 

Vous devez vous dire que visiblement je semble faire une dépression sévère depuis six ans et qu'il n'y a aucun lien avec la bipolarité, mais pourtant : je suis quasiment persuadée d'avoir vécu au moins deux épisodes d'(hypo)manie au cours de cette année (un en janvier et un en avril, je crois), mais j'en ai vécu peut-être trois de plus (un qui remonte à octobre/novembre de 2019 où j'ai même fait un diaporama pour convaincre mes parents d'avoir un deuxième chat..., un autre qui date de juillet concernant un projet professionnel et le dernier depuis près d'une semaine, mais pour ces trois-là je suis moins sûre de moi et je préfère ne pas les catégoriser pour éviter de fausser mon jugement).

J'avais "oublié" que la bipolarité existait, jusqu'à il y a deux semaines. Par moments, je vivais une dépression avec des périodes où je pétais la forme, où je vivais ma meilleure vie, puis je me suis souvenue qu'être maniaco-dépressif ça existait (autant vous dire que j'ai eu le moral au plus bas, je crois même que c'est cela a déclenché une crise de TOC...).

J'ai fait beaucoup de tests pour me rassurer de ne pas être bipolaire (avoir une maladie plus grave qu'une grippe me stress beaucoup). Je sais bien que ces tests ne sont pas sûr à 100%, mais ils permettent d'avoir un ordre d'idées et de dégager des pistes pour se rassurer. Et bien les résultats sont tombés... Soit c'était "bipolarité" (sur ce site, j'étais à 44/45 sur 50, j'ai fait le test deux fois pour être sûre de ne pas m'être trompée), soit j'avais "vécu un épisode d'(hypo)manie", soit j'avais "vécu un épisode dépressif" (bon, en gros si j'ai vécu séparément ces deux épisodes, cela revient au même...).

J'ai donc décidé de repenser aux fois où j'aurais pu vivre un épisode d'(hypo)manie, mais n'en étant pas consciente, je n'ai pas d'exemples concrets (en-dehors des phases dépressives, il m'arrive parfois d'être en pleine forme, d'être un véritable moulin à paroles, je suis extrêmement créative, je n'ai plus aucun filtre quand je parle je dis tout ce qui me passe par la tête, j'ai parfois des envies délirantes et quand ce n'est pas de la joie c'était une irritabilité incroyable, on ne peut rien me dire sans que je m'énerve ou le prenne mal... Je fais également beaucoup de choses sous le coup de l'impulsivité quand je suis en forme, mais je me suis toujours dit que c'était comme tout le monde). D'ailleurs, je souffre d'insomnie, mais il m'arrive de peu dormir (comme ces derniers jours) sans que je ne ressente la fatigue.

Par ailleurs, depuis que j'ai "réalisé" que la bipolarité existait, j'ai l'impression que mon pseudo-épisode d'(hypo)manie actuel est exagéré, que je fais "semblant" alors que je n'arrive pas à me contrôler. Mon anxiété aggrave même cela et je n'arrive pas à retenir ce que je pense ou ce que j'écris (c'est sans doute d'ailleurs pour cela que je me confie sur ce forum...). Je fais tout de manière irréfléchie et je m'en rends compte, sauf que je n'arrive pas à y aller contre... Je ne fais que parler et ce à toute vitesse (j'ai toujours eu un débit de paroles extrêmement élevé, si bien que quand on commence à me connaître, on me demande de répéter car on ne comprend pas ce que je dis), je suis surexcitée, je ne tiens pas en place une minute... J'essaye de me calmer, mais cela ne dure quelques secondes avant que je ne me remette à gesticuler dans tous les sens. Pourtant, je culpabilise dans ma tête car je ne peux m'empêcher de penser : "si je n'avais pas lu les troubles bipolaires, je ne serais pas ainsi" alors qu'en y réfléchissant bien... Je n'ai pas besoin de les avoir lus pour être comme ça, puisque je l'étais déjà avant.

 

Du coup, aujourd'hui je suis un peu perdue. Je suis très stressée à l'idée qu'on me diagnostique en dépression sévère ou bipolaire (car avec mon cas, je pense sincèrement que c'est soit l'un soit l'autre...) accompagné de troubles obsessionnels compulsifs. Je sais que je "dois" en parler, mais c'est au-dessus de mes forces, je ne m'en sens pas capable et je me sens même coupable à l'idée d'en parler quand je suis dans un moment de déprime.

Est-ce que certains d'entre vous se retrouvent totalement ou partiellement dans mon cas ?

 

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire, j'espère que mon message n'aura pas été trop brouillon.

J'espère obtenir des réponses dans les prochains jours 🙂


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Melo
 Melo
(@malette)
Super Bipolaire
Joined: 1 year ago
Msg: 3039
 

Salut.

tu devrais aller voir un psychiatre. Comme ça tu seras fixé. Ne reste pas seule avec y’a douleur.

bon courage.


Ems ont aimé
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Elona
(@elonawasikowska)
Grand Bipolaire
Joined: 3 years ago
Msg: 381
 

Bonjour,

Je connais bien le harcèlement scolaire vu que j'y ai eu droit pendant 7 ans. J'étais une élève brillante, mais aller à l'école était devenu l'enfer et ça a été la chute libre: Redoublements et ma mère qui me disait à quel point je la décevais, dépression et ma mère qui me traite de paresseuse, phobie scolaire et ma mère qui minimisait ça,... (Oui le rôle de ma mère a été sale). L'enfance et l'adolescence sont des périodes critiques dans la construction de l'image de soi, et malheureusement le harcèlement scolaire laisse des dégâts à long terme.

De quoi as-tu peur exactement dans le diagnostic? Que tes doutes soient confirmés ou du traitement que ça va impliquer? Que quelque chose soit diagnostiqué ou pas, tu es en souffrance. Coller un nom dessus ne va pas l'aggraver. Que du contraire, ce sera la porte ouverte à une prise en charge et un traitement qui t'aidera à avoir une vie normale. Je pense que tu devrais consulter et ne pas avoir peur, tu n'as rien à perdre et peut-être beaucoup à gagner.


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Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
Topic starter  

@malette C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à en parler et c'est vraiment un exploit que j'ai réussi à tout coucher à l'écrit comme ça. Malheureusement, en ce moment j'en dis "trop" à mon amie la plus proche, je n'arrive pas à contrôler ce que je dis... Donc peut-être que ça sortira à un moment ou un autre sans que je ne le veuille vraiment.


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Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
Topic starter  

@elonawasikowska J'ai oublié de préciser, mais ma mère a souffert de dépression sévère et j'ai peur qu'avec mes propres problèmes ça la refasse souffrir ou même que mes parents divorcent à cause de moi. J'ai vraiment du mal à en parler et j'ai peur qu'on me catalogue de folle, que les gens auxquels je tiens m'abandonnent... C'est compliqué. Pour le moment, c'est dans ma tête et j'ai peur que le diagnostique rende les choses concrètes. Je n'arrive même pas à penser "je suis ..." avec le mot derrière.

 

De plus, avec tout ce que j'ai dit j'ai oublié de parler du fait que j'avais des troubles alimentaires. Je ne mange pas le matin (comme beaucoup de monde) et le midi et le soir c'est une bataille interne pour me forcer à manger la plupart du temps (soit je ne mange rien ou presque rien, soit je mange tout et n'importe quoi...).

This post was modified 8 months ago by Isc_

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kust
 kust
(@kust)
Super Bipolaire
Joined: 4 years ago
Msg: 2794
 

Direction le psychiatre 

Réfléchir tout seul dans son coin de si on est bipolaire ou pas ça n a aucun intérêt 

Et vu les antécédents familiaux je trainerais pas trop, la depression que vous avez faite n a rien de sévère, ça peut aller beaucoup plus loin, je vous souhaite de trouver le courage d aller consulter que ca ne soit le cas :/


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Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
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@kust Ça m'aide à me rassurer plutôt que de m'enfoncer dans une idée qui serait fausse.

Je sais que les choses auraient pu aller plus loin (hospitalisation par exemple), mais durant six ans les "bas" étaient vraiment très bas et je pense que ce n'est pas une dépression légère. Après je suis très loin d'être la pire, ce serait stupide de prétendre le contraire, c'est sûr.


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Elona
(@elonawasikowska)
Grand Bipolaire
Joined: 3 years ago
Msg: 381
 

@isc_ Justement, si ta maman a des soucis de dépression sévère, c'est une raison de plus pour consulter car il y a une composante héréditaire. Et une dépression mal prise en charge peut devenir chronique. Donc il ne faut pas trop traîner... 
Si ça se trouve, on te diagnostiquera tout autre chose, des troubles anxio-dépressifs par exemple, et tu te sera fait tout ce mal à ressasser pour rien. Tu pourrais même en parler à ta maman, si elle est passée par là elle devrait comprendre et ne pas te juger, et elle pourra alors t'accompagner dans des démarches pour te soigner.

Pour la culpabilité... Je sais que c'est facile à dire, mais tu dois penser à toi. Ta maman a ses problèmes, tu as le droit d'avoir les tiens aussi. Tu dois arriver à t'en détacher. Que tes parents divorcent à cause de toi me semble extrême dans ce cas, s'ils le font ce sera pas pour ça. C'est normal d'avoir peur du regard des autres au début vu l'image qu'à la psychiatrie ("fous/folles"), mais je le redis et j'insiste: Tu dois penser à toi et prendre soin de toi.


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Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
Topic starter  

@elonawasikowska Je comprends ce que tu veux dire, mais en me renseignant sur la bipolarité, je ne pensais pas avoir autant de symptômes compatibles... Je pensais me rassurer en étant persuadée que rien ne concordait avec mon état, mais je comprends ce que tu veux dire. Il faut que j'essaye d'en parler à ma mère, mais manquant cruellement de confiance en moi, cela me panique beaucoup à l'idée d'évoquer le sujet avec elle que ce soit pour ça ou pour la dépression.

 

Merci pour tes mots assez réconfortants 🙂 


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Mosis 7
(@mosis-7)
Grand Bipolaire
Joined: 12 months ago
Msg: 387
 

Bonsoir et bienvenue, 

Tout d'abord, c'est une bonne chose d'avoir surmonté tes réticences et d'avoir écrit ce message. C'est jamais facile de se livrer même sur Internet et c'est aussi difficile de prendre conscience que ça va pas. 

Les autres membres t'ont donné le meilleur conseil, en discuter avec un psychiatre. C'est le meilleur conseil qu'on m'ait donné, aller voir le médecin quand ça va pas, pas attendre d'aller encore plus mal.

Bon courage


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Isc_
 Isc_
(@isc_)
Mini Bipo
Joined: 8 months ago
Msg: 6
Topic starter  

@mosis-7 Bonsoir.

Merci pour votre retour, mais je pense que j'ai angoissé pour rien. J'ai eu pas mal de soucis dans mon passé, mais je semble remonter la pente après ma dernière déprime puisque je vais très bien ces derniers temps 🙂

C'est très gentil d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre 🙂


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