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  • alice a adressé une note au groupe Logo du groupe Votre quotidien avec la maladieVotre quotidien avec la maladie il y a 1 mois et 1 semaine

    Bonjour à toutes et tous!
    Il y a très longtemps que je n’ai rien partagé sur le site, mais là, je me retrouve dans une situation banale bien sûr, mais compliquée pour moi.
    D’habitude, tous les ans, je passe de longs mois en bonne sante, euthymique quoi, c’est-à-dire ni « up » ni « down ». Mais il y a 16 mois environ, j’ai arrêté mon traitement plusieurs mois. Du coup, en juin et juillet dernier, je me suis retrouvée dans une période un peu « up » pas trop non plus, mais juste assez pour dépenser de l’argent que je n’avais pas, coucher avec des gars en le regrettant instantanément, et à faire la fête assez souvent. Mais je ne me suis pas rendu compte de mon état, car en même temps, dans la même journée, je pouvais chialer comme une madeleine pour tout et pour rien et me sentir très triste et très mal… je n’avais jamais expérimenté les deux phases en même temps. Quelques semaines après, la dépression est arrivée, bye-bye l’euphorie, bonjour le trou! J’ai recommencé à reprendre mes médocs (je ne me rappelle pas exactement le moment!) mais cette fois-ci, je ne sais pas pourquoi, mon psy (qui est extra!) ne m’a pas remise sous anti-dépresseur. Alors j’ai passé l’automne très mal, avec ma première crise de phobie sociale, je me suis claquemurée chez moi et EN moi, pour ne plus croiser personne, ne plus parler à personne, rester seule et ne prendre aucun risque. Je me voyais comme une bombe à retardement, quelqu’un sur qui on ne peut pas compter, quelqu’un qui décevra forcément, quelqu’un de mauvais même sans compter le blocage que j’ai fait sur mon physique que je ne supporte plus… bref, j’allais très mal cet automne et c’était très compliqué à gérer, mais personne ne s’en ai rendu compte puisque personne ne me voyait!
    Bref. Mais depuis janvier, sans prévenir, je suis peu à peu sortie de ma coquille. D’abord intellectuellement, je me suis remise à lire beaucoup, me suis réinterressée à la politique à l’écologie, à la sociologie etc…petit à petit, j’ai pu ressortir de chez moi et reparler un peu à des gens: un sourire à la caissière, un bonjour à un voisin…je ne me suis pas rendu compte que ça allait mieux. Et comme ça,de semaine en semaine, je me suis forgé une nouvelle philosophie de vie, j’ai accepté que je ne pouvais plus travailler comme avant, j’ai décidé de l’assumer, et à la place je me suis mise au bénévolat prêt de chez moi. Là, quand même, je me suis demandé si je ne devais pas voir ça comme un signal de détresse, et j’en ai parlé à mon psy. Et contre toute attente, au lieu de me dire « oui, peut-être que c’est un signe vers une phase hypomane » restons vigilants », il m’a fait plein de compliments (chose qu’il n’avait jamais fait en plus de 10 ans!) et m’a convaincue que tout allait bien. Donc moi, réconfortée, j’ai continué mes activités, je me suis démenée sur le plan politique, associatif et familial en, même temps car la période à été compliquée… mais voilà, je me connais bien, très bien même, et ce que je redoutais était bien là, j’ai commencé à ressentir la pression monter en moi, une ébullition intérieur désagréable et difficile à contrôler, de la colère, des énervements, des emballements et des émotions trop fortes, disproportionnées… j’ai commencé à avaler un bout de Lexomil de temps en temps, puis j’ai du passer au Tercian aussi,puis les deux souvent puis tous les jours, juste pour ne pas exploser. J’ai donc repris rdv chez mon psy, qui m’a pris dans la semaine et qui a ajusté le traitement (augmentation du thymorégulateur + Tercian tous les soirs) « pour ne pas descendre trop bas par la suite » ou quelque chose comme ça. Dans sa phrase, il m’a rappelé que derrière chaque montée, il y a la petite soeur, c-à-d la descente qui descendra autant qu’on était monté juste avant! Et ça, je l’avais oublié! C’est pas comme si j’avais pas l’habitude quand même! Mais là… j’y suis allé juste pour m’empêcher de faire des conneries, pour ne pas trop pâtir de mon comportement plus tard, contrôler mes dépenses, ne pas faire de vagues dans mes assos, ne pas paraître folle autours de moi… mais à présent, même si je me sens très bien et que je prends bien soin de ne pas monter trop haut, je sais, comme si je ne pouvais pas y échapper, que d’ici un certain temps (jours, semaines, mois?) le soufflé va retomber, et moi avec!
    Mais la dépression j’en sors à peine, je ne veux pas déjà y retourner!!!!! JE NE VEUX PAS!!!!!!!
    Depuis deux mois, j’ai beaucoup fréquenté ma famille (oncles, tantes, cousins cousines…) et ils m’ont vu comme jms ils ne me voient. « En pleine forme », efficace, présente pour eux, volubile, ouverte… tout ce que je ne suis pas d’habitude. Le VRAI moi en quelque sorte, mais du côté de chez mes parents qui ont assisté à la même chose, l’arrivée des nombreux colis par la poste confirme leurs doutes sur ma santé et j’ai l’impression qu’ils ne me regardent plus pareil, qu’ils ne m’écoutent plus pareils. Ce que je dis, et comment je le dis, c’est emprunt d’euphorie, ce n’est pas naturel… je sens le poids de leur regard, leurs non-dits, leurs inquètudes… Peut-être que j’exagère, mas c’est comme ça que je le ressens.
    Mon message est très long et peut-être embrouillé mas j’avais besoin de partager ça avec vous.
    Sommes-nous condamnés à avoir peur d’aller bien?
    Devons-nous douter de nous-même chaque fois qu’on s’investit dans quelque chose?
    Doit-on rester loin des autres par peur de les décevoir, de leur faire du mal sans le vouloir?
    Je me sens bien, c’est si rare, et c’est inquiétant: c’est injuste!

    Merci à tous.

    • Chère Alice, si tu te sens bien en ce moment profite de cet instant. On a toujours peur d’une rechute que ce soit dans une phase dépressive ou maniaque. On a toujours l’épée de Damoclès au dessus de la tête; c’est compliqué. Je te rejoins sur le questionnement de la relation aux autres. Moi aussi j’ai peur de faire « du mal », de mal faire et on se sent souvent incompris mais bon ne culpabilisons pas : ce n’est pas de notre faute si la maladie nous a atteint. Bon courage à toi.

    • Ahhhh ma très chère Alice, comme je te comprends….
      Tu sembles avoir l’habitude et te connaître relativement bien. Nos famille sont nos garde-fous (sans mauvais jeu de mots). C’est bien que tu puisses voir dans les yeux ce qui commence à mal tourner pour toi. Pour ma part, aujourd’hui en pleine dépression j’essaye de compter sur leur bienveillance. Rien que de les voir me fait du bien.
      Porte toi bien.
      BIses

    • Bonjour Alice, je me sens dans le même état d esprit que toi, tu vois en ce moment avec le bénévolat que je fais a la spa, de voir les chiens enfermés ds leurs boxes, et que certains ne sortent pas du tout, j ai du mal, je sens que ca va partir en vrille comme dans tout ce que j entreprends. Je suis très près des animaux . Je promène les chiens 2 fois par semaine, il faut que je prenne du recul, je n y arrive pas, quoi faire. Je me suis investi. Je fais des obsessions. Je prends du nordaz et du noctamide au coucher et la j ai augmante la dosedepuis ca car j ai du mal a m endormir. Courage a toi Alice

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