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  • Michèle a adressé une note au groupe Logo du groupe Les nouveaux bipolairesLes nouveaux bipolaires il y a 3 semaines et 5 jours

    Bonjour, Je m’appelle Michèle et je suis bipolaire. Ca fait très « alcooliques anonymes », mais quand on a un problème, le début de la guérison est de le reconnaître.

    Bizarrement pour moi, l’effet de l’annonce du diagnostic a été très ambivalent. D’une part j’étais soulagée car j’avais des doutes depuis des années, d’autre part j’étais morte de peur car « c’est confirmé, et maintenant on fait quoi? »

    Pourquoi des doutes? J’ai été diagnostiquée dépressive à 17 ans, puis dépressive endogène à 24 ans après mon troisième épisode dépressif majeur. J’ai été hospitalisée deux fois pour dépression majeure, et la première fois j’ai été mise sous un nouveau traitement, je n’ai jamais pu savoir ce que c’était ni à quelle dose, mais il a eu un effet vraiment étrange. J’ai commencé à ressentir une énergie inexplicable et ingérable, une euphorie à la fois merveilleuse et effrayante. J’étais un vrai moulin à paroles, je chantais, je dansais, j’étais HEU-REU-SE! J’ai été recadrée par le personnel soignant, je me revois encore leur dire « s’il-vous plaît, arrêtez ce traitement, il me rend folle ». Une fois un autre traitement antidépresseur à moindre dose instauré, cet état a disparu, les autres patients ne me reconnaissaient pas.

    Cela devrait signer immédiatement un diagnostic de bipolarité non? Et bien non, la psychiatre m’a certifiée que je n’étais pas bipolaire mais dépressive, et donc je suis repartie avec des antidépresseurs, de l’escitalopram à prendre à vie.

    Ce n’est que récemment, après un nouvel épisode dépressif majeur, que j’ai finalement consulté un psychiatre. Il m’a dit de garder le même antidépresseur, et de doubler la dose. Au rendez-vous suivant, j’étais complètement à l’opposé de ce que j’étais quand il m’avait vue la première fois: Logorrhéique, agitée, passant du coq à l’âne, avec la sensation de pouvoir soulever des montagnes. Après un interrogatoire musclé, le verdict tombe: Bipolaire de type 2 pharmaco-induit (donc aussi type 3, bref), c’était de l’hypomanie et non de la manie (vu qu’entre autres je n’ai pas d’hypersexualité ni de dépenses inconsidérées).

    Mes doutes étaient donc fondés, et à 32 ans, soit après 15 ans de traitement contre une dépression unipolaire, je suis traitée par antiépileptiques. Pour le moment je me sens mieux, même si l’angoisse que ça ne dure pas est quand même là. Mon compagnon l’a très bien accepté, j’ai cette chance. Je n’en parle pas énormément à mon entourage à part les personnes de confiance car je sais que la santé mentale est un tabou.

    Je ne pense pas être différente d’avant l’annonce du diagnostic, j’étais bipolaire bien avant ça. Mais maintenant que c’est diagnostiqué et traité, j’ai enfin bon espoir que ma vie va changer en mieux.

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