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  • Julie a publié une note il y a 4 mois et 1 semaine

    Bonjour, après 13 ans de vie commune, un mariage, et 2 enfants avec mon conjoint bipolaire, je franchis le pas et appelle à l’aide.
    Infirmière en psychiatrie, je connais très bien la pathologie et ai pensé tout ce temps que j’arriverais à l’aider voire à le changer.
    J’ai d’abords pensé qu’en lui donnant tout ce dont il rêvait, en le protégeant de toutes les difficultés, j’arriverais à le rendre heureux et que ce bonheur serait plus fort que les symptômes de la maladie.
    Je n’ai réussi qu’à nous laisser nous enliser financièrement et à me perdre. J’ai organisé ma vie en fonction de lui (finalement devenue infirmière en psy…) j’ai lâché tous mes loisirs pour partager les siens, j’ai calé mon comportement sur ses humeurs…
    Et puis je suis devenue mère. Je ne pouvais plus faire passer ses besoins avant tout le reste. Il a fallu qu’il accepte de « partager », presque d’être « détrôné ». Et ça ne fonctionne plus si bien… Quoi qu’il arrive il se positionne toujours en victime, bien qu’il soit souvent à l’origine des conflits. Moi qui ai tout fait pour elle la sauveuse, me retrouve la responsable de la plupart de ses problèmes.
    Mes enfants assistent à de nombreux conflits. A l’heure où je tente d’apprendre à mes enfants à gérer leurs frustrations et leur colère, lui laisse exploser librement la sienne à la maison.
    Bref mon problème aujourd’hui est que je ne supporte pas le spectacle qui s’offre à mes enfants, et je ne me reconnais plus. Moi qui était douce et patiente, je suis devenue nerveuse et impulsive. J’ai fait le choix depuis le début de ne pas parler de tout cela à mon entourage, pour ne pas que tout le monde s’inquiète mais aujourd’hui j’ai besoin de parler, avant d’exploser en plein vol!!

    • Bonjour
      Bipo depuis 2007 j’ai rencontré quelqu’un après mon diagnostic nous nous sommes mariés et depuis il partage tout avec moi. Je sais que c’est très dur au quotidien de vivre avec un bipo. Mais mon mari ne m’a jamais ménagé il ne me protège pas et ne va jamais dans mon sens. il cherche tjs à comprendre pour mieux m’expliquer où je me plante ou je dois changer de direction. Certaines fois cela me frustre et souvent je dirais. Mais pour préserver notre couple il ne peut absolument pas se plier à mes colères ou mes demandes débiles des fois. Tu dois penser à toi et tes enfants. Tu dois le contrer c’est ça aussi un couple

    • Bonsoir Julie,
      ton témoignage fait écho chez moi.
      Je me permets de t’évoquer mon histoire en espérant que cela te soit utile.
      Pour ma part, c’est moi qui suis bipolaire. Mon mari a tenu le choc de nombreuses années entre crises et dépressions. Puis l’année dernière j’ai eu une crise maniaque longue et violente qui a abouti à notre séparation. Nos enfants alors âgés de 13 ans et 11 ans ont hélas assisté à des scènes marquantes (qui me hantent encore maintenant que je suis plus stabilisée). Je ne vois mes enfants qu’un we sur deux car ils ont voulu vivre avec leur père et je les vois aussi en partageant les vacances. Mais la note positive est que nous avons trouvé un rythme apaisant pour tous. On s’appelle tous les jours tous les quatre et on essaie de partager aussi des moments ensemble dans la paix et l’harmonie. Cela est réparateur pour nous tous. Je ne te cache pas que je souffre terriblement de cette séparation mais je ne vois plus mes enfants pleurer et je vois qu’ils ont trouvé un certain équilibre qu’ils apprécient et le disent. Ainsi il n’y a pas eu d’impacts sur leurs résultats scolaires et mon mari est apaisé et vit plus pour lui ce qui me permet de ne plus culpabiliser. C’est très dur pour moi car le manque est là mais il faut penser aux enfants qui sont des victimes de cette maladie comme nous le sommes tous dans une structure familiale touchée par ce fléau.

      • Merci de ce témoignage. Mes enfants sont encore jeunes (3 et 5ans) et il est difficile de savoir ce qu’ils ressentent. ce qui me trouble c’est que mon mari a grandi avec un père bipolaire et très agressive et au final, bien qu’il soit bien différent de lui, il se trouve lui même avec les mêmes troubles, tout comme sa petite soeur. Difficile de ne pas se demander si mes enfants (en plus du facteur favorisant de l’hérédité) ne vont pas à leur tour devoir faire avec cette fichue maladie. Comment leur faire comprendre que le comportement qu’ils observent au quotidien n’est pas le comportement « normal ». Je n’arrive pas à croire que la seule façon de s’épanouir quand on a un parent bipolaire soit de vivre loin de lui… En tout cas j’ai pas envie d’y croire. Et en même temps je m’en veux de continuer à les élever dans une ambiance quotidienne « borderline ». Je suis très ambivalente et c’est ce qui rend la chose difficile pour moi.
        Je suis admirative du recule dont tu fais preuve.

    • Je l’ai appris à mes dépends. Mais lorsque je l’ai rencontré j’avais 17 ans et une vraie appréhension du conflit. La grosse problématique que j’ai avec mon mari c’est qu’en phase basse comme en phase haute le trouble dominant est l’agressivité. Il ne m’a jamais frappée, mais il cogne dans les murs, les portes jette des objets au travers des pièces. Son visage se déforme, il devient vraiment flippant. Du coup, j’ai dissimulé pas mal de difficultés, le protégeant mais surtout avec l’objectif de ne pas déclencher de nouvelle crise. Au final c’est plutôt moi que j’ai essayé de protéger. Sous traitement, l’agressivité physique est plus discrète, mais l’agressivité verbale est toujours aussi présente. Il crie encore et encore jusqu’à atteindre mon seuil de tolérance et me faire craquer.
      On s’aime tellement en dehors de toutes ces périodes de crise… Il n’empêche qu’au fil des années, le quotidien invivable, le stress du retour du travail et de se demander qu’elle sera l’humeur du jour, tout ça à bouffé notre couple et petit à petit je supporte de moins en moins les choses.

      • Lorsque la soupape monte en pression ou montait car plutôt stabilisée, je pouvais jeter tout ce qui me passait sous la main. Vaisselle, livre, chaise. J’étais vulgaire je prenais le volant et je partais. Mes enfants m’ont vu dans des phases vraiment violentes des fois parce que ma fille refusait de manger du hachis parmentier et là je vrillais. Mon mari qui n’est pas leur père c’est tjs opposé mais pour me faire redescendre. Aujourd’hui je n’ai plus ces phases de violence mais il m’arrive de m’énerver rapidement alors je sors faire un tour en voiture ça me calme. Peut être faudrait il trouver quelque chose qui permette de désamorcer quand la pression monte avec ton aide dans un premier temps et le laisser y arriver seul dans un second temps. Ça permettra d’essayer de retrouver un peu de sérénité

        • C’est là que le bât blesse chez nous. On a une maison et une annexe (avec salle musique, garage gigantesque, salle de jeux…). Toutes ses passions sont réunies dans cette annexe. Le but était justement qu’il puisse sortir dans un autre batiment et se vider la tête avec ce qu’il aime faire. Mais quand il monte en pression, il s’acharne, rien ne le calme, et si moi je fuis, il me suit, il ne lâche pas, jusqu’à me faire péter un plomb. Il finit généralement par me lâcher un « tu vois dans l’état que tu te mets, t’es vraiment folle ».
          J’ai déjà pris la voiture pour mettre fin au conflit, mais au bout de 2 min je m’en veux de fuir alors que mes enfants sont seuls avec lui, alors je rentre…

          • Il est suivi ?

            • Je parle par une structure spécialisée en troubles bipolaires pas un psy normal

            • Il est suivi par un psychiatre plutôt réputé, qui exerce dans une clinique institutionnelle très réputée elle aussi. On peut difficilement avoir mieux dans notre coin parce qu’on est dans la pampa et que le réseau de santé mentale du département est particulièrement minable… Mais malheureusement on peut avoir le meilleur des médecins et un traitement miracle, cette maladie est très vicieuse. Dés qu’il va mieux, il se sent « normal » et se dit qu’en fait il n’est pas malade, donc pas besoin de traitement. Faut attendre la prochaine période de crise pour qu’il admette qu’il a besoin d’un traitement… Il en va de même pour son suivi médical, il a posé pas mal de lapins à son psy

          • En fait, j’aimerais que la prise en charge psy englobe l’entourage. Il raconte bien ce qu’il veut à son psy.

            • Je comprends des fois c’est légitime d’avoir envie d’arrêter perso j’ai tellement peur de redevenir comme avant que ça m’en dissuade. Maintenant chez nous je sais pas chez toi il y a des séances pour les aidants comme ils disent. Pour vous aider ceux qui vivent avec nous. Maintenant je sais que je demande svt à mon mari de m’accompagner car il rectifie svt le tire dans ma perception des choses qui n’est pas forcément la bonne et on en débat ensemble avec ma psy. Mais il faut que ton mari soit partie prenante

            • Merci beaucoup Alex, rien que le fait de pouvoir en parler me soulage. Moi ma soupape c’est souvent l’écriture. Mais d’habitude j’écris des pleines pages, juste pour remettre un peu d’ordre dans ma tête. Parce que dans la tête d’un bipolaire j’ai cru comprendre que c’était parfois un peu le bordel, mais après chaque crise, je n’arrive plus à penser de façon cohérente non plus.
              Toutes ces divergences entre ma perception des événements et la sienne finissent par m’embrumer l’esprit. J’ai parfois l’impression d’être devenue bipolaire par procuration.
              Toutes ces lettres finissent habituellement à la poubelle. Aujourd’hui, le fait de pouvoir le partager et avoir des réponses, devrait me permettre de ne pas aller me coucher avec cette sensation d’isolement et de vide total.

    • De rien effectivement dans notre tête c’est Shanghai svt enfin selon le traitement ça va quand même beaucoup mieux et le principe de la régularité y est pour beaucoup je te le cacherait pas. Après la volonté aussi mais l’entourage y est pour beaucoup dans mon mari je ne suis rien ma famille ne m’a jamais aidé et ça a été très dur. Donc si vous vous aime essaie de lui faire comprendre dans une phase calme l’importance du traitement et si tu veux de l’aide demande

    • Bonjour Julie

      Je me reconnais beaucoup dans ton histoire.
      Je pense être au même point que toi en ce moment.
      J’attend de voir s’il y a du changement mais comme tu dis, moi aussi je me suis perdue et ici aussi j’ai peur pour mes enfants.

      C’est pas facile de partir quand l’amour est toujours la malgré tout.
      J’aimerais faire une thérapie de couple mais mon mari n’a pas l’air enjoué et surtout, nous avons des dettes suite à une phase maniaque.

      Depuis septembre, j’essai de prendre du recul. Je ne me calque plus sur ses humeurs. Et surtout je fais des choses pour moi.
      C’est vrai qu’avec le recul je me suis isolée car les sorties étaient annulées au dernier moment du fait de ses humeurs et j’ai même du demander un licenciement car mon boulot n’était plus en adéquation avec lui.
      Donc maintenant STOP, je pense à moi (et mes enfants)

      • Ca me desole de voir qu ils ne sont pas dans une demarche d avancer, de gérer au mieux la maladie…je ne le comprend pas!

        • Si on est pas dans une démarche d’avancer, on plonge et on devient une loque. Je me suis tjs refusée à cela ce n’est pas simple c’est sur mais avec l’entourage on y arrive. Je me suis tjs dis nous on a le choix avec le cancer on ne l’a pas alors bouge ton cul et avance

    • Vous faites bien de demander de l’aide! Personne ne peut gérer ça tout seul! Votre mari est suivi ? Il est soigné?

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