Médicalement, les femmes sont différentes des hommes. 

Pour commencer, les femmes peuvent être enceintes, et ça change tout : anatomie, physiologie, chimie, la totale ! 

Et c’est valable pour le trouble bipolaire. Des différences flagrantes ont lieu. Que ce soit dans l’âge d’apparition, les symptômes…

Voilà le pourquoi de cet article : passer en revue ce qui change entre la femme et l’homme pour le trouble bipolaire. 

Principales différences entre une femme bipolaire et un homme

  • Le trouble bipolaire de type Il, dans lequel la dépression est plus prédominante, est plus fréquent chez les femmes.
  • Les épisodes mixtes, dans lesquels la manie et la dépression sont impliquées même temps, et les cycles rapides (quatre ou plusieurs épisodes thymiques par an) semblent être plus fréquents
  • chez les femmes.
  • L'âge moyen d'apparition du trouble bipolaire est de 25 ans. Les hommes déclarent la maladie à un âge plus précoce que les femmes.
  • Les femmes souffrant de trouble bipolaire semblent également souffrir davantage de troubles de l'anxiété et des troubles des conduites alimentaires concomitants. Les hommes ont des taux plus élevés de toxicomanie et d’alcoolisme.
  • D'autres pathologies médicales, en particulier les maladies de la thyroïde, les migraines et l'obésité peuvent être plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.
  • Certaines études suggèrent que les antipsychotiques atypiques sont plus susceptibles d'entraîner une prise de poids et des problèmes de régulation de la glycémie chez les femmes que chez les hommes, mais ces résultats doivent encore être confirmés par des recherches supplémentaires.

Décider d'une grossesse en étant bipolaire

Le trouble bipolaire ne vous exclut pas de la parentalité. De nombreux parents ayant un trouble bipolaire ont élevé des enfants en bonne santé et socialement bien adaptés. Lorsque vous pensez à avoir des enfants, posez-vous les questions suivantes et discutez- en avec quelqu'un dans votre réseau de soutien qui est susceptible d'être impliqué ou affecté par vote décision :

- Quelles sont les chances que mon enfant développe un trouble bipolaire ? Si un seul parent souffre d'un trouble bipolaire, l'enfant a 12 à 15 % de risque de développer la maladie. Si les deux parents en souffrent, le risque grimpe à environ 25 %.

- Comment les médicaments affectent le développement du fœtus ? Bon nombre de médicaments utilisés pour traiter le trouble bipolaire peuvent être dangereux pour le fœtus en développement. 

- Comment la grossesse affectera-t-elle mes humeurs ? La grossesse et le post-partum sont parfois des périodes à haut risque pour l'instabilité de l'humeur.

- Puis-je gérer le stress ? Être enceinte, accoucher, et élever un nourrisson puis un jeune enfant va sans aucun doute perturber vos horaires, changer vos relations, et augmenter votre stress. Grâce à une planification minutieuse, cependant, vous pouvez réduire les perturbations et externaliser au moins une partie des responsabilités et des facteurs de stress.

Bipolarité et post-partum

La période de post-partum est connue pour ses risques élevés d'épisodes thymiques récurrents. De nombreuses femmes et leurs médecins décident de reprendre les médicaments d'avant grossesse juste après la naissance afin de réduire la probabilité d'un épisode thymique. Néanmoins, faire cela engendre les risques suivants :

- De nombreux médicaments sont transmis par le lait maternel, donc si vous commencez à prendre immédiatement vos médicaments après l’accouchement, il vous faudra peut-être choisir le biberon plutôt que l'allaitement naturel, ce qui peut aussi vous aider à réguler votre sommeil.

- La fatigue ou les autres effets secondaires de reprise de médicaments peuvent être particulièrement difficiles avec un nouveau-né à la maison. Cependant, ces effets peuvent être un faible prix à payer pour la prévention d'un épisode thymique.

- Avoir les bons niveaux de médicaments peut être un objectif difficile à atteindre immédiatement après l'accouchement, lorsque le poids du corps et les niveaux de fluide varient beaucoup.

Planifier et préparer une grossesse

Si vous êtes une femme avec un trouble bipolaire et décidez d'essayer de tomber enceinte, travaillez avec votre médecin pour élaborer et rédiger un plan pour faciliter la grossesse, minimiser les risques pour le fœtus et prévenir les cycles de l'humeur. Votre planification et votre préparation devraient viser les objectifs suivants :

  • Stabiliser votre humeur pendant plusieurs mois avant la conception. Démarrer une grossesse quand les humeurs sont stables améliore vos chances de les conserver stables pendant toute la grossesse.
  • Surveiller plus étroitement vos humeurs. Demandez à quelques amis de confiance ou à vos proches (idéalement ceux que vous voyez plusieurs fois par semaine) de vous aider à surveiller vos humeurs. Assurez-vous que vos recrues connaissent vos signes précoces d'alerte et sachent quoi faire s’ils remarquent un problème.
  • Utiliser le moins de médicaments possibles et aux doses efficaces les plus faibles. Si un médicament est nécessaire, l'objectif est la monothérapie (un seul médicament).
  • Évitez les médicaments qui ont un risque élevé d'affecter le développement du fœtus.
  • Privilégiez des traitements et un soutien non-médicamenteux. Une bonne nutrition (qui comprend les vitamines prénatales incluant de l’acide folique), une psychothérapie et le soutien de la famille allégeront le fardeau supplémentaire de la grossesse et vous aideront à compenser toute diminution de votre traitement.
femme bipolaire

Gérer une grossesse avec un trouble bipolaire

Si vous pensez que vous pourriez être enceinte, confirmez la grossesse dès que possible et planifiez une réunion entre votre psychiatre et votre obstétricien/gynécologue pour élaborer le plan d'action le plus adapté pour vous et votre grossesse. Dans le cadre de votre plan, envisage les étapes suivantes :

1. Planifiez des rendez-vous plus fréquents chez le médecin et le thérapeute.

2. Discutez avec vote médecin pour ajuster de vos médicaments.

3. Comme toujours, si vous observez les signes avant-coureurs d’un changement d’humeur, contactez immédiatement votre psychiatre.

Gérer un trouble bipolaire pendant la ménopause

La péri-ménopause, les années précédant la ménopause, ainsi que la ménopause et la post -ménopause sont des périodes de changements importants pour les niveaux d'hormones et peuvent déclencher des troubles de l'humeur même chez les femmes qui ne souffrent pas de trouble bipolaire.

Pour les femmes bipolaires, ces fluctuations des niveaux d'hormones peuvent sérieusement aggraver leurs symptômes, notamment la dépression, car les niveaux d'œstrogènes baissent et le ratio gènes/progestérone change.

Si des instabilités d'humeurs apparaissent ou empirent en raison de la ménopause, votre médecin peut vous recommander une certaine forme d’hormonothérapie substitutive (HTS), avec ou sans un traitement de la bipolarité. L'HTS n’est pas judicieuse pour tout le monde, surtout si vous êtes à risque concernant les problèmes cardio-vasculaires. Mais certaines femmes présentant des symptômes sévères de l'humeur répondent bien à la HTS.