Travailler quand on souffre de troubles bipolaires …

    Cet article répond aux questions suivantes concernant le trouble bipolaire :
  • Pourquoi il est difficile de travailler quand on est bipolaire ?
  • Y-a-t-il beaucoup de bipolaires qui travaillent ?
  • Bipolarité et emploi : Quels sont les obstacles à une activité professionnelle ?
    Les réponses aux questions de cet article sur les troubles bipolaires en 30 secondes :
  1. La personne atteinte de bipolarité peut travailler, même si cela reste très difficile .
  2. Les crises d'angoisse et les attaques de panique sont les causes principales de la difficulté à maintenir une activité professionnelle .
  3. Le traitement de la maladie peut parfois rendre compliqué un rythme de travail souhaité par l'employeur .
  4. Les métiers créatifs semblent être très plébiscités par les personnes bipolaires; tout comme les emplois à mi-temps .
  5. La maladie bipolaire est imprévisible, ce qui n'arrange absolument rien lors de la recherche d'un emploi et de son accès .

Le travail pour les bipolaires, un vaste sujet de discussion et de contradiction, mais pourquoi ? Souvent, la première chose que font 2 personnes quand elles se rencontrent, c’est de se demander mutuellement si elles travaillent et que font-elles exactement ? … Comme si c’était une des choses les plus importantes dans notre vie et que nous sommes ce que notre travail influe sur notre personnalité, notre vie quotidienne . C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup de personnes jugent ceux qui ne travaillent pas, qui ne rentrent donc pas dans un système conformiste, car selon eux nous devrions tous travailler, sinon on est catalogué comme étant feignant,  paresseux, etc etc … C’est certain alors que ces personnes ne pensent pas à la santé des autres et à certaines complications …
Une personne souffrant de troubles bipolaires et qui ne travaille pas peut apercevoir un certain regard méprisant de la part des autres personnes en bonne santé . Elle est souvent très ( trop ) vite jugée, interrogée pour savoir pourquoi elle ne travaille pas . C’est comme si à chaque fois elle devait se justifier, non pas se justifier du pourquoi elle ne travaille pas, mais plutôt la raison pour laquelle elle ne peut pas travailler, c’est différent !

 

Pourquoi il est très difficile de travailler avec un trouble bipolaire ?

Non, le bipolaire n’est pas un feignant, non ce n’est pas son souhait de ne pas travailler !!! D’ailleurs, généralement, quand il peut travailler, il travaille ( trop même ) ! En dehors des phases dépressives sévères la plupart du temps . Anecdotiquement, les études semblent poser moins de problèmes, peut-être que c’est dû au laxisme des absences possibles …
Travailler pendant plus d’un mois peut relever de l’exploit, suivant notamment la réaction du cerveau à son nouvel environnement professionnel . Un travail qui n’est pas plaisant, cela pourrait déclencher une crise sur le long terme .
Le bipolaire souffre parfois de symptômes antisociaux : le bruit, le travail en équipe, l’impact de l’image de soi, etc etc … Difficile de travailler dans ces conditions-là ! La motivation manque, le réveil est compliqué jour après jour …
En plein travail, la peur au ventre, la panique peut très vite s’installer pour x raisons . Après toute crise de panique, devant les collègues, la honte s’empare alors du mental du bipolaire, vulnérable, encore plus fragilisé qu’en temps normal … Comment retourner au travail après de telles situations ( effrayantes ) ? Après l’abandon de l’emploi ou la rupture du contrat par la société, il faut de nouveau en retrouver un nouveau job, jusqu’à la prochaine crise, c’est un cercle vicieux …

Quand on est une personne sans trouble mental, on peut ne pas comprendre cette réaction de tout quitter pour des choses qu’on ne vit pas …

Gérer un trouble bipolaire est déjà un emploi à plein temps, 24h/24 7j/7, seul . Les symptômes ne sont pas présents pendant seulement 7H et vous les donnez ensuite à quelqu’un d’autre ( ce serait trop beau ) !!! Il ne faut pas oublier que cette maladie peut avoir des conséquences mortelles si elle est mal gérée ( suicide ) … C’est épuisant . Faire le deuil de sa carrière professionnelle est très dur à vivre, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle beaucoup de patients ne demandent pas tout de suite une pension d’invalidité . Cette dernière fait peur, elle annonce la fin d’une vie normale et rappelle encore plus cette maladie mentale …

 

Je suis bipolaire et sans emploi, mais voilà pourquoi …

Avant de juger une personne qui est bipolaire et sans emploi, il faut plutôt essayer de comprendre sa maladie et son rythme de vie autour de cette dernière … Il existe bien évidemment des centaines de raisons propres à chacun, mais en voici une dizaine qui reviennent souvent …

 

Une stabilité dans le temps

Suivant le type de bipolarité, les durées des cycles notamment, maintenir une stabilité et rester dans la constance, rester toujours pareil et opérationnel est très compliqué . Les patients ayant une période euthymique ( stable ) durant plusieurs mois ne sont pas si nombreux que cela . Pour vous donner un petit aperçu, on parle de trouble bipolaire à cycles lents pour ceux qui ont des périodes d’humeur normales pendant 3 mois seulement … Autant vous dire que les bipolaires à cycles rapides n’ont pas beaucoup de « repos » … Alors, comment garder un emploi quand on est en dépression majeure ou que l’on traverse une crise maniaque ???

 

Un espace familier avec des personnes de confiance

L’anxiété est un trouble quasi-permanent chez le bipolaire, c’est pourquoi il est important de réduire au maximum les facteurs stressants comme celui de l’inconnu . Pour pouvoir gérer son anxiété et/ou réagir face à une crise d’angoisse, la personne a besoin de se sentir « comme chez elle » et se sentir entourée de gens qu’elle connaît, des personnes de confiance . Être en sécurité mentalement et physiquement est primordial pour elle .

 

Une vie avec une maladie imprévisible

La bipolarité est une maladie invisible à première vue, mais elle est aussi imprévisible pour la personne qui en souffre et son entourage . Comment peut-elle prévoir d’aller travailler quand elle ne sait pas de quel symptôme elle va souffrir le lendemain ? Les hauts et les bas sont le lot quotidien du bipolaire, des jours où il sera super bien, des jours moyennement et des jours qui seront catastrophiques …

 

Une peur des effets secondaires dus aux médicaments

Si une personne est diagnostiquée bipolaire, normalement elle a un traitement médicamenteux, voilà une contrainte de plus à gérer, enfin surtout celle des effets secondaires indésirables … La fatigue et les tremblements sont les plus fréquents, mais il y en a d’autres, et souvent bien plus difficiles à masquer au travail . Une personne bipolaire a vraiment besoin de plus de repos qu’une personne en bonne santé, alors si elle ne peut pas faire une petite sieste en cours de journée, comment faire pour être polyvalente tout au long de la journée à son poste ? Prendre encore plus de médicaments ? Non, ce n’est absolument pas une bonne solution sur le long terme … D’ailleurs, suivant le traitement prescrit par le psychiatre, le patient peut être dans l’interdiction de conduire, ce qui est déjà très restrictif pour trouver un travail dans certaines villes …

 

Une prévision des attaques de panique

C’est environ 30% des personnes bipolaires qui seraient aussi touchées par le trouble panique . Ce trouble connexe à la bipolarité, bien plus fort qu’un simple symptôme, peut bloquer littéralement une personne chez elle, aussi intense qu’une phobie sociale … Se dire qu’il faut aller à la rencontre du monde ( du public ) peut sembler être une horreur ! En général, cela ne dure que quelques heures, mais est-ce qu’un patron accepterait des retards courants pour ce type de motif ? Si oui, pas très longtemps …

 

Une fiabilité malgré les troubles divers

Le trouble bipolaire est composé essentiellement de troubles du comportement et de troubles de l’humeur . Comment peut-on faire confiance à 100% à une personne qui souffre de troubles tels que la concentration, la mémoire, le jugement, etc etc … ? Et vice-versa, comment une personne bipolaire peut affirmer qu’elle est de confiance alors qu’elle connaît ( normalement ) ses symptômes ? En synergologie, c’est ce qu’on appelle un mensonge de sur-valorisation, ce n’est pas grave en fait car tout le monde le fait ( au moins à l’entretien d’embauche ), mais quand c’est régulier, est-ce honnête envers sa hiérarchie ? Non, ça peut même être dangereux pour les 2 parties : employeur et salarié ( accident, perte de client important, etc etc … ) .

 

Un rythme professionnel compliqué avec la maladie

Quand on est au travail, ce n’est pas pour s’amuser en général, un rythme de travail est donné par ses supérieurs et cette cadence est à respecter, malade ou pas ! C’est là un gros facteur de stress pour le bipolaire, car oui, en phase maniaque il lui est facile de manager plusieurs personnes ou effectuer plusieurs actions en même temps, mais cela ne dure pas éternellement et a un impact néfaste sur sa santé … Les semaines qui suivent sont alors désastreuses car il lui faut un temps égal de récupération, chose impossible avec un patron . Le rythme d’activité doit toujours être égal .

 

Une pause-déjeuner en bonne compagnie

C’est un peu différent des troubles alimentaires et cela se rapproche même de l’angoisse . La personne bipolaire a ses habitudes et ce n’est pas bon de les changer, cause de frustration, alors si pendant la pause déjeuner elle n’est pas avec une personne qu’elle apprécie, elle pourra avoir l’appétit coupé ! Stress, panique, difficile à expliquer, mais le bipolaire risque de ne pas manger normalement en présence de facteurs d’alerte ( l’image de soi peut-être ? ) .

 

Un agenda de santé à respecter

Les rendez-vous avec le psychiatre sont très importants pour maintenir la bonne santé mentale du patient et ainsi prévenir d’une rechute . Certes, les heures de consultation peuvent être en dehors des horaires de travail, mais on rajoute alors une activité supplémentaire et donc de la fatigue, du stress … Beaucoup le font, mais un jour ou l’autre, bien souvent, ils craquent : burn-out dû au rythme de vie qui est en général sans repos suffisant …

 

Une hospitalisation nécessaire en cas de forte crise

Certaines personnes souffrant de troubles bipolaires sont hospitalisées 2 à 3 fois par an !!! Burn-out, fureur maniaque, crise suicidaire ou autres problèmes divers ( boulimie, addiction … ) . C’est malheureux de le dire, mais ces hospitalisations sont nécessaires, elles sont même vitales . Les durées varient suivant les causes, de 1 semaine à plusieurs mois … L’employeur risque de très mal comprendre ces hospitalisations !!!

 

Est-ce qu’une personne bipolaire est incapable de travailler ?

Alors oui cet article est très négatif dans sa forme, car oui il y a des patients souffrant de maniaco-dépression qui travaillent depuis longtemps, oui il y a des super patrons très compréhensifs, etc etc … Mais ce n’est malheureusement pas la majorité des bipolaires . Si la personne arrive à gérer les 10 points énoncés ci-dessus, alors BRAVO à elle . C’est un très gros travail de fait sur soi-même . On pourrait même presque dire que la maladie n’est plus un problème, ce n’est d’ailleurs même plus une maladie à ce moment-là … Encore une fois, tout est possible !
Il existe cependant des structures de réinsertions professionnelles qui peuvent prendre en considération les handicaps psychiques et mentaux, mais c’est compliqué à mettre en place, surtout que les handicaps physiques sont prioritaires .
Le réel problème du bipolaire n’est pas de travailler, c’est surtout de réussir à maintenir, dans le temps, la cadence régulière nécessaire pour garder son job . Le traitement est bien sûr primordial pour espérer cela : la stabilité . Le travail ne rentre donc pas dans le traitement de stabilisation du maniaco-dépressif, c’est donc un objectif …

Se stabiliser à l’aide des traitements ( médicament, suivi, aide, hygiène de vie ) pour pouvoir réussir à travailler …

Comme dit le proverbe : « Le travail, c’est la santé ! »
Mais quelquefois, il faut la santé pour pouvoir travailler …

 

Si vous avez aussi des problèmes pour trouver un travail adapté à votre bipolarité, n’hésitez pas à venir en parler sur le forum des bipotes et/ou à expliquer les raisons dans les commentaires …

 

Troubles bipolaires et travail

Travailler quand on souffre de bipolarité …

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Publié dans BIPOLAIRE : Des troubles mentaux de la personnalité maniaco / dépressif Tagués avec :
12 commentaires sur “Travailler quand on souffre de troubles bipolaires …
  1. Linka dit :

    Hello,
    Je suis fonctionnaire depuis 2003 et certaines personnes dans mon entourage ne comprennent pas que je puisse me plaindre de mon travail (sureté de l’emploi,revenus fixes et au delà du seuil de pauvreté ,ect)Tu as de la chance !! …Mais voilà comment avancer au milieu d’un lac dans une barque vétuste et sans rames !!! L’incompréhension des gens est parfois très déstabilisante face à des troubles qui vous bouffe tous crus et quoi leur dire … C’est la deuxième fois que je suis placée en longue maladie …Entre les 2…J’ai tenu 18mois …Mais la municipalité qui m’emploie m’a ballotté durant cette courte (mais trop longue) période entre différents services et m’en demandant toujours plus et bien sur que j’ai tout pris de front en me sentant pousser ds ailes et en devenant Miss-multitâches!!!Et un matin ,plus envie ,plus d’énergies!Et depuis c’est la descente aux enfers …

  2. alice dit :

    Salut!
    Je vois que tu n’as pas de réponse à ton post, alors je te laisse un mot pour que tu vois que tu n’est pas seule! Malheureusement je n’aurais pas de solution à t’apporter… juste mon témoignage.
    Le monde du travail c’est un vrai sujet d’inquiétude pour moi en ce moment. Quand je suis en crise, « facile » puisque le travail est impossible, mais dès que je suis stabilisée, ben le problème se re-pose, comment faire?
    Toi, ton problème c’est que tu as un boulot stable, du coup, tes collègues savent qu’il y a quelque chose qui va pas. Tu dois te sentir jugée et regardée de travers et j’imagine que ce doit être très dur. Quand tu décris ton poste durant cette année et demi où tu as pu travailler, on voit bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ca donne l’impression qu’ils ont fait exprès de te soumettre au stress pour que tu quittes le boulot de toi-même. Je me trompe? Si c’est le cas, et même si ce n’est pas le cas d’ailleurs, tu devrais peut-être contacter la médecine du travail et parler d’aménagement de poste?! Pour nous en sortir, nous avons besoin d’un environnement stable et loin de la pression. Et si jamais quand tu reprendras on te refait le coup, tu peux même pousser jusqu’à l’inspection du travail, pourquoi pas?!
    En tout cas, ne laisse pas les gens qui ne te comprennent pas influencer la vision que tu as de toi-même! Oui un poste de fonctionnaire c’est beaucoup mieux que la plupart des emplois du privé, mais tu as des problèmes que n’ont pas les autres et nous ne sommes pas égaux face aux exigences de la vie! Et puis un poste stressant où on est dévalorisé et maltraité, qu’il soit dans la fonction publique ou pas reste un mauvais poste!
    Je pense que quand tu seras capable de reprendre ton travail, il faudra y poser des conditions claires en amont. Ne pas te laisser entraîner dans un emploi qui te reconduira toujours dans la même impasse! Ca sert à rien de prendre un traitement pour aller mieux d’un côté si c’est pour tout foutre en l’air de l’autre côté à cause d’un boulot mortifère!
    En tout cas je te souhaite de bien prendre soin de toi pendant cette pause et de bien penser à comment faire évoluer les choses dans ta vie professionnelle avant d’y retourner. Prends contact avec la médecine du travail, je crois que c’est une piste à explorer.
    Bon rétablissement
    Alice

    • Marie dit :

      Bonjour
      Moi aussi je travaille
      Le plus dur c est la fatigue la concentration et la mémoire
      Mais malgré ça je ne veux pas que ma maladie soit connue dans ma société car je serait. Considéré comme pas normale dans le milieu professionnel la maladie psychique c est comme une maladie honteuse alors surtout je me bat tous les jours pour que personne ne voye mes difficultés j aimerait savoir si d autre personnes sont comme moi et comment ils gèrent
      Bonne soirée

      • alice dit :

        Bonjour.
        Tu as de la chance de travailler! Moi je suis dans un secteur d’activité qui ne correspond pas du tout à ma maladie. Je suis dans l’hôtellerie restauration et je fais beaucoup de saisons. Du coup l’activité est très intense et il y a énormément de stress. Après chaque saison je craque complètement. Depuis quelques temps j’éssaie de travailler à l’année et à mi-temps, mais ça se passe mal car les horaires ne sont pas respectés et le stress toujours là. Donc là c’est pire car à chaque fois je dois démissionner car je ne suis plus apte au travail. Du coup je me grille d’entreprise en entreprise et les employeurs se demandent pourquoi j’ai un CV en pointillé.
        Comme toi, je ne veux pas que ma maladie soit connue de mes employeurs ou collègues. Pourtant ça expliquerait pourquoi je démissionne au lieux de passer pour une bonne à rien ou un feignante… D’ailleurs hier à Pôle Emploi, ils m’ont proposé de me faire suivre par un organisme réservé aux travailleurs handicapés (car j’ai le statut). J’ai fini par accepter car ils sauront mieux m’aider pour redéfinir mon projet pro aux vues de ma maladie, mais je refuse qu’ils prennent contact avec des employeurs pour moi pour ne pas être cataloguée.
        Le travail, c’est mon gros problème en ce moment. A force d’échecs, je ne crois plus en moi, j’ai l’impression d’être un danger pour la société qui m’emploierait. Que faire d’une employée instable? On m’a fait remplir une demande de RQTH (reconnaissance travailleur handicapé), mais je ne m’en suis jamais servie et comme je n’ai pas droit à une aide financière, elle ne me sert à rien. Elle me déculpabilise un peu, surtout face à mes parents, mais je n’en ai jamais parlé à mes amis, alors face à eux j’ai honte de mal travailler!
        Tu vois, je n’ai pas de réponse sur comment gérer la situation. En plus d’être handicapante, la maladie est culpabilisante!
        Je partage ta souffrance et j’espère que tu vas trouver un moyen de te sentir bien dans ton entreprise.
        Alice.

      • L. Dominique dit :

        Bonjour Marie
        Après des années d’errance médicale, ils ont fini par coller l’étiquette de bipolaire type II.
        A l’heure actuelle je suis absente de mon travail depuis presque plus de 6 mois, suite à un burn out.
        Mon problème est aussi la fatigue, la concentration et la mémoire, et bien sur, ça colle pas avec le boulot.
        Je me suis battue pendant des années sans rien dire, mais là j’en ai trop marre, je me demandais si je n’allais pas carrément dire à mon chef ce que j’avais, pour qu’il comprenne et me foute la paix, et qu’on ne me reproche plus de travailler trop lentement.
        On est complétement déstabilisé ne sachant jamais comment se comporter, et comment vont réagir les autres, c’est une maladie usante, et humiliante aussi c’est vrai, car on nous prend souvent pour des fainéants (ben quoi c’est vrai de l’extérieur, on ne voit rien)alors pourquoi on serait fatigué même quand on est en arrêt.
        Bon j’arrête là mes jérémiades, mais tu vois Marie, t’es pas la seule, et quelque part ça me rassure que des gens pensent aussi comme moi, je me dis que je ne suis pas la seule.
        Dominique.

  3. Unknow dit :

    Travailler, travailler, travailler…

    Non seulement je ne peux pas avoir une vie personnelle correct, mais en plus, je n’arrive pas à garder le moindre travail assez longtemps.
    Et je n’ai reçu aucune aide jusqu’à maintenant. (Personnellement.)

    Je n’ai plus qu’à vivre à Flatland.

  4. Unknow dit :

    Vous travaillez ? : Non.

    Vous ne travaillez plus ? : Exact !

    Pour quelles raisons ? : Angoisse/crises d’angoisses et instabilité. Je fini par soit me faire viré pour absentéisme, soit démissionner.

    Et mon dernier travail en date était technicien en support informatique.
    Je ne vous raconte pas le délire stressant qu’apporte un travail que je trouve personnellement assez ingrat.

  5. Maât dit :

    Bonjour et merci pour cet article rassurant pour ma part c’est comme si je n’avais quasiment jamais réussi à travailler. La maladie m’est tombée dessus pendant que j’étais professeur remplacante (contractuelle) en college/lycée après avoir bossé quelques temps en ministère et avoir été diplômée d’une bonne école.
    Je n’ai jamais suffisamment travaillé pour bénéficier du chômage et mon mari a un revenu qui m’interdit l’AAH et le RSA.
    J’ai eu plusieurs emploi (étudiants ou non) mais à chaque fois j’ai démissionné ou ai dû être arrêtée pour raison de burn-out ou autre au niveau médical. Je ne peux pas tenir très longtemps à un poste.
    Aujourd’hui, en phase euthymique j’aimerais trouver un travail, mais je suis refusée partout où’ j’envoie mon CV et cela me décourage (refusée même pour des postes dont le niveau exigé est bien inferieur au mien)… je souffre de mon manque d’expérience et de stabilité professionnelle. Je cherche un emploi pour me sociabiliser et pour gagner de l’argent car ma situation financière devient très compliquée.
    Je vais ouvrir un dossier pour une RQTH et espère trouver un emploi que je pourrai garder, être capable de surmonter mes troubles paniques et accepter d’être dirigée par des personnes moins diplômées que moi…
    L’hypersensibilité fait que chaque micro-événement d’une journée routinière d etravail devient une aventure terrifiante…

    • Lucie dit :

      Je me reconnais tellement dans ce que tu vis. Accroche toi, nous avons tous notre place. La RQTH sera un premier pas. Et tu peux apporter beaucoup de chose à toi même et à la société en dehors du salariat.

  6. bistef dit :

    Salut à tous,
    Je ne suis pas sûr de comprendre comment ça fonctionne alors désolé si je poste à coté de la plaque.
    Moi, je travaille à 60%, 60% pour épuiser la pile, 40% pour recharger. Quand mon psy me demande si je peux reprendre à plein temps, moi je me demande si c’est bien psy son métier.
    Oui, je suis fâché très dur avec tous mes collègues que je déteste pour plein de raisons très vraies. J’en ai bouffé des ronds de chapeaux. Croyez-moi, les collègues ils vous enfoncent encore plus quand vous êtes anormalement anormal.
    Dernière phrase entendue : « il est dangereux, faut appeler quelqu’un ! ».
    Parfois, je me dis que certains ne travaillent pas et ça m’ouvre des horizons : bourrer la gueule de ce mec pour lui montrer que oui, je suis vraiment dangereux et puis virer galoches.
    Oui, on me regarde de travers et je suis le sujet de discussion principal de mes collègues. Je travaille seul, je pause seul, je mange seul et je ferme ma gueule.
    Ne vendez jamais la mèche, où vous serez habillés avec le costard du fou, le type pas gérable, dangereux, instable, à qui on ne peut pas faire confiance, sur qui on peut déverser toute sa haine de frustré. A personne, le secret c’est une grosse blague. Comment l’ont-ils su ? Autre débat qui me grattouille d’une bonne missive argumentée à la DRH, le genre de chose que je me crois obligé de faire et de regretter juste après.
    Le travail quand on est anormalement anormal c’est une bataille contre soi et beaucoup contre les autres, malheureusement les gens sont méchants, encore plus quand ils peuvent taper sur quelqu’un qui ne peut pas se défendre. Et le groupe, où l’on peut tous penser pareil, c’est tellement rassurant, pourquoi voudriez-vous qu’ils fassent un pas vers vous ?
    Suite à un incident avec un collègue, j’ai surpris la réunion organisée en salle de pause pendant laquelle il a pu raconter les faits et dire comment il m’avait niqué profond. J’ai vu défiler les collègues dans son bureau et pu entendre les chuchotements étouffés. Face à un malfaisant de ce type, je ne peux pas me permettre de répondre quoi que ce soit car dans ma situation, tout est enregistré, utilisé, déformé et je serai toujours celui qui crée le trouble. Alors je me laisse niquer profond et je compte les fiches de paie qui tombent.
    Sûr qu’ils savent que vous êtes différents, faites en sorte qu’ils ne sachent pas pourquoi.
    Oui, je bosse bien, mieux que mes collègues.

    A mon chef que je fais tant souffrir.

  7. marie-lou dit :

    bonjour,

    à chaque fois que j’ai été hospiltalisée,j’étais la seule à travailler(toutes pathologies confondues) et je rendais compte que j’avais de la chance.je ne voyais pas ce qui aurait pu m’en empêcher.je n’avais que des troubles de l’humeur.
    j’étais dentite/dans l’euphorie,j’étais très affable,je parlais,parlais à mes paients,on dicuttait,mais je ne faisais strictement rien.les euphories durait maxi une semaine.
    et au début,pour les dépressions,j’allais travailler,au ralenti et en faisant la tronche mais j’y arrivais.

    avec le temps,les dépressions ont été beaucoup plus douloureuses,je fermais tout de suite le cabinet,d’bord en décommandant les gens,puis plus,trop difficile de parler.

    je prenais stilnox,lexomyl ou temesta pour dormir.je me faisais des ordonnances.

    c’est la perte de la mémoire « immédiate » puis les troubles de la concentration qui m’ont obligée à arrêter.

    mantenant,à part des ménages,je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre…

  8. Lucie dit :

    Bonjour,
    J’ai 33 ans et J’ai renoncé au travail salarié.
    J’ai été diagnostiquée bipolaire suite à un super burn-out, durant la fin de mes études ou je travaillais en étude notariale à temps complet et suivais des cours pour obtenir mon diplôme de notaire… youpla 3 mois d’hospitalisation dont je ne garde quasiment aucun souvenir si ce n’est les kg pris sous Tercian. Puis des mois d’arrêts, au fond du trou.
    Après cet épisode, quand J’ai réussi à remonter, je me suis « accrochée  » comme je pouvais pour arriver à décrocher mon diplôme. Me voilà donc diplômée notaire… sauf que la pression, le stress, et la fatigue ont eu raison de moi. J’ai essayé de travailler dans d’autres structures juridiques (avocats, huissier…) mais la maladie ne m’as jamais permis de trouver un emploi stable (hospi, épuisement tout ça, tout ça…), si ce n’est un job à 20% d’assistant de justice généralement réservé aux étudiants ou fraîchement diplômés pendant 2 ans, dans lequel J’ai eu beaucoup de plaisir à m’investir malgré mon salaire de misère (je payais quasiment aussi cher d’essence et péage que ce que je recevais à la fin du mois). Le boulot était super et je ne me sentais plus coupable de ne pas arriver à travailler. ..
    Durant ces 2 années, mon humeur à été plutôt stable, mais j’étais toujours épuisée (mais pas vraiment ou tres épisodiquement depressive) avec quelques périodes d’hypomanie.
    En 2016, J’ai mis au monde une petite fille et je suis chaque jour émerveillée par la chance que J’ai! Par contre, J’ai essayé de reprendre le travail dans un cabinet d’avocats pour etre plus proche de mon domicile et recevoir un vrai salaire, mais J’ai très vite mis un terme à cette experience : la souffrance,la peur, l’épuisement liés au stress m’ont rattrapé au premier grain de sable dans l’engrenage. J’ai donc décidé d’arrêter de travailler comme salarié et de me concentrer sur ma famille et un projet professionnel beaucoup plus personnel et adapté à ma bipolarité. J’ai créé ma très petite entreprise avec une boutique en ligne de produits que je créé. J’arrive beaucoup mieux à me gérer ainsi que dans le cadre « cloisonné »du salariat. Je peux m’organiser en fonction de ma thymie,et prendre soin de mon bébé. Je contrôle le rythme de cette aventure. Mon entreprise est vouée à rester toute petite, car je ne pourrai pas gerer une structure importante, mais J’ai quand même une salariée depuis le mois de janvier! Je me paye au smic ainsi que la jeune fille qui travaille désormais avec moi.
    Je suis fière d’avoir reussi ça… certaines personnes ont un air narquois quand je leur dis ce que je fais (surtout quand elles savent que J’ai fait 7 ans de droit), mais je n’ai plus honte, je me suis fait une petite place.
    Accrochez vous, votre place est quelque part! Peut être pas dans le monde du travail, et alors? Nous n’avons pas à avoir honte d’être différents. Votre valeur n’est pas là, elle est en vous ! Courage à tous!

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