Lorsque l’on parle de trouble bipolaire, la question de savoir si c’est de type I ou de type II revient sans cesse. 

Et souvent, les personnes ne savent pas vraiment les différences entre les deux. Pour le coup, étant moi-même bipolaire, j’ai mis du temps à vraiment faire la distinction de façon nette et précise. 

Pourtant, les différences sont quand même flagrantes, et les courbes d’humeurs changent. 

Vous l’aurez compris, voilà le but de ce nouvel article. Comprendre quelles sont les réelles différences entre ces deux types de bipolarité. 

Mais avant, une courte leçon de vocabulaire s’impose, afin que vous puissiez bien comprendre la suite. 

Let’s go !

Les différents types de bipolarité : les bases à savoir 

Quelle est la différence entre un épisode maniaque et hypomaniaque ? Quels sont les symptômes d’une dépression bipolaire ? 

Pour bien cerner les différences entre le type I ou le type II, voici un très court (mais important) lexique à connaître. Ouvrez grand les yeux !

Qu’est-ce qu’un épisode maniaque ? 

 La manie est caractérisée par une élévation anormale de l’humeur, pendant minimum 1 semaine. Durant cette période, trois des symptômes suivants doivent être présents à un degré significatif. 

Une estime de soi gonflée à bloc ou des idées de grandeur (mégalomanie).
Une réduction du besoin de sommeil (comme se sentir reposé après seulement 2 à 3 heures de sommeil).
Un débit de parole excessif, une plus grande communicabilité ou un désir constant de parler.
Une fuite des pensées et un trop-plein d’idées ou la sensation subjective que les pensées défilent avec une grande vitesse.
Une distractibilité, une attention facilement attirée par de stimuli extérieurs sans importance ou non pertinents ; ou une incapacité à se concentrer.
Une augmentation significative de l’activité dirigée vers un but (social, professionnel, sexuel ou scolaire) ou une agitation psychomotrice (activité excessive sans objectif précis, non orientée vers un but).
Un engagement excessif dans des activités potentiel élevé de conséquences dommageables, y compris des conduites sexuelles inconséquentes, des virées shopping inconsidéré, et des investissements déraisonnables.

Pour parler d’épisode maniaque, la perturbation de l’humeur doit être suffisamment intense pour entraîner une altération marquée du fonctionnement ou nécessiter une hospitalisation (pour protéger le sujet ou son entourage des conséquences de la manie) ou bien comporter des symptômes psychotiques (délire, hallucinations).

Qu’est-ce qu’un épisode hypomaniaque ? 

Un épisode d’hypomanie est semblable à une crise maniaque, mais en moins intense. 

Certaines caractéristiques diffèrent comme :

Plus courte durée : seulement 4 jours sont suffisants pour être qualifiés comme étant un épisode hypomaniaque
Moindre sévérité globale qui n’est pas suffisante pour entraîner une altération marquée du fonctionnement ou pour nécessiter une hospitalisation.
Absence de signes de psychose.

Qu’est-ce qu’un épisode dépressif ? 

La dépression vous fait voir le monde lent, sombre et lourd. Pour évoquer le diagnostic d’épisode dépressif, le DSM énonce des critères précis comme avoir cinq ou plus des symptômes dépressifs (avec au moins une humeur dépressive ou perte d’intérêt ou de plaisir), qui doivent durer au minimum deux semaines d’affilée.

Une humeur dépressive présente quasiment toute la journée, presque tous les jours (par exemple, se sentir triste, vide, sans espoir).
Une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour des activités précédemment considérées comme agréables (ce qui peut inclure le sexe), et ce, presque tous les jours.
Un changement notable de l’appétit (augmentation ou diminution) presque tous les jours ou un changement marqué du poids corporel excédant 5 % en un mois en l’absence de régime amaigrissant.
Dormir trop ou trop peu presque tous les jours.
Une façon de se déplacer inhabituellement lente (ralentissement moteur) ou avec agitation physique observable par d’autres, non limitée à un sentiment subjectif de fébrilité ou de blocage intérieur.
Une fatigue ou perte d’énergie quotidienne.
Un sentiment de dévalorisation, de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être parfois délirante) presque tous les jours (pas seulement se reprocher ou se sentir coupable d’être malade).
Une indécision inhabituelle ou une diminution de l’aptitude à penser clairement ou à se concentrer sur une tâche donnée, presque chaque jour, que vous ressentez ou qui est observée par les autres.
Des pensées récurrentes de mort (pas seulement une peur de mourir) ou de suicide sans plan précis ; tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.

Bien. 

Maintenant que nous avons vu les bases, répondons à votre question : quels sont les différents types de troubles bipolaires (notamment type 1 et type 2) ? 

type de bipolaire

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Les différents types de bipolarité : le trouble bipolaire de type I 

Pour obtenir le « badge » du trouble bipolaire de type I, vous devez présenter au moins un épisode de manie au cours de votre vie (selon le DSM). 

L’épisode maniaque doit durer au moins une semaine, ou être suffisamment grave pour nécessiter une hospitalisation, et doit constituer un net changement de comportements habituel.

La survenue d’un épisode dépressif n’est pas nécessaire, bien que de nombreuses personnes atteintes de trouble bipolaire de type I feront des épisodes dépressifs majeurs à un moment de leur vie. 

En fait, la plupart des patients souffrant de trouble bipolaire de type I présentent la séquence MDI : manie/dépression/intervalle libre. Ce qui signifie que la manie est une épreuve assez difficile pour le cerveau (hyperactivité, peu de sommeil, engagement dans des activités dommageables, abus de stimulants, etc.) qui forcément sera suivie par une phase d’épuisement (équivalent d’un burnout) se manifestant comme un épisode dépressif secondaire. 

Le défi serait de dépister et de traiter au plus tôt les phases maniaques pour prévenir les dépressions post-maniaques. De plus, on sait que la dépression est la phase de la maladie bipolaire qui est la plus longue (par rapport à la manie) et qui cause le plus de problèmes et de handicaps.

Les différents types de bipolarité : le trouble bipolaire de type II

Le trouble bipolaire de type Il est caractérisé par un ou plusieurs épisodes de dépression majeure avec au moins un épisode d’hypomanie au cours de la vie. 

L’épisode dépressif doit durer au moins deux semaines, et l’hypomanie doit durer au moins quatre jours.

L’hypomanie ne donne généralement pas de graves problèmes relationnels ou un comportement extrêmement risqué, mais votre comportement hypomaniaque peut rendre les gens mal à l’aise autour de vous.

En tant qu’épisode, l’hypomanie apparaît comme une variante plus atténuée et moins sévère que la manie. 

Enfin, le trouble bipolaire de type 2 se distingue du type 1 par : 

Des épisodes dépressifs plus récurrents.
Plus de cycles rapides.
Des formes de dépression atypiques, agitées et mixtes.
Plus de comorbidité anxieuse.
Plus d’abus de substance (alcool).
Plus de conduites suicidaires.
Une histoire familiale bipolaire plus importante.
Plus d’instabilité (des hauts et des bas) dans le tempérament du sujet (association fréquente entre hypomanie et cyclothymie).

Les différents types de bipolarité : le trouble bipolaire de type III

Le 3ème type de bipolarité est un peu plus complexe. Les sujets oscillent toujours avec de fortes variations émotionnelles entre exaltation et déprime, mais les épisodes d’hypomanie ou de manie sont générés par la prise d’antidépresseur (mauvais traitement ou pas de prise de stabilisateur d’humeur), et les épisodes dépressifs sont engendrés par des antécédents familiaux de manies et/ou de troubles bipolaires. 

La pathologie est alors purement provoquée pharmacologiquement. Le danger de ce type 3 de bipolarité réside dans le fait que la personne peut avoir des sautes d’humeur maniaco tout en étant dans une phase dépressive … Le malade devra alors être suivi avec un nouveau traitement, des thymorégulateurs comme le lithium, pendant un minimum de 6 mois afin de le stabiliser sur son trouble de l’humeur pour ensuite lui faire baisser en intensité ses phases dépressives avec les bons anti dépresseurs. Des douleurs musculaires peuvent également apparaitre avec le temps.

Les 2 autres types de trouble de l’humeur sont plus des sous catégories .

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Le trouble bipolaire de type IV

Le type 4 des troubles de l’humeur correspond surtout à la cyclothymie. Certes, on s’éloigne un peu de la bipolarité, mais cela reste semblable dans le fait qu’il s’agit toujours de stade hypomaniaque et dépressif, mais avec une intensité très faible. 

Très peu perceptible pour une personne ne connaissant pas cette maladie mentale, ce qui n’en n’empêche pas qu’elle reste tout de même assez handicapante au quotidien pour la personne qui en souffre. 

Les patients sont moins dans l’excès, mais les phases sont beaucoup plus courtes et il n’est donc pas rare de voir une personne cyclothymique passer d’un état d’hypomanie à un état de dépression en une journée !!

Le trouble bipolaire de type V

Le type 5 des troubles de la personnalité est très dangereux puisqu’il est encore moins visible que le type 4. Le malade est un hyperactif (voire même borderline) au quotidien et vis à 2000 à l’heure … Il est impossible de le considérer comme bipolaire pendant très longtemps, car il peut garder cet épisode d’hyperactivité pendant des années … Jusqu’au jour où il tombe en dépression … On parle alors de dépression bipolaire ou le risque suicidaire est 2 fois plus important et peu survenir à la suite d’un burn out.

Enfin pour finir, au-delà de la bipolarité, si cette dernière est mal soignée ou la malade est dans le déni total pendant de longues années, alors sa santé mentale sera en jeu et sa maladie évoluera vers les syndromes supérieurs comme la schizophrénie, fibromyalgie ou encore un état de psychose constant

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