Comment hospitaliser une personne bipolaire sous contrainte ?

    Cet article répond aux questions suivantes concernant le trouble bipolaire :
  • Comment faire hospitaliser une personne bipolaire ?
  • Qui doit faire hospitaliser une personne bipolaire ?
  • Comment hospitaliser une personne contre son gré ?
  • Quelles sont les étapes pour interner une personne bipolaire sans son consentement ?
    Les réponses aux questions de cet article sur les troubles bipolaires en 30 secondes :
  1. Les hospitalisations sont souvent nécessaires en période de forte crise comme la fureur maniaque ou la crise suicidaire .
  2. Faire interner une personne bipolaire contre sa volonté et de force est possible avec l'aide d'un médecin si elle met sa vie, ou celle de son entourage, en danger .
  3. L'hospitalisation d'office ( HO ) et l'hospitalisation à la demande d'un tiers ( HDT ) sont les 2 formes possibles pour un proche de faire hospitaliser un membre de sa famille sans son approbation .

Comme pour toutes les maladies psychiatriques, il existe 2 catégories d’hospitalisation pour une personne bipolaire : Hospitaliser le malade sous contrainte, donc sans son consentement, ou l’hospitalisation libre, avec son consentement . Dans cet article, nous allons surtout aborder l’hospitalisation sans consentement du bipolaire . Ce type d’internement est généralement demandé par un proche ( entourage familial ou éducateur, curatelle, etc etc … ), c’est ce qu’on appelle l’HDT ( Hospitalisation à la Demande d’un Tiers ) . Il existe également l’HO ( Hospitalisation d’Office ) qui est, à ce moment-là, qui est établi par un spécialiste des troubles mentaux, un médecin ou un préfet . Ces derniers doivent juste être extérieurs à l’établissement psychiatrique d’accueil du patient .

 

Quelles sont les conditions pour hospitaliser une personne bipolaire ?

Avant de pouvoir faire la demande pour hospitaliser une personne bipolaire sous contrainte, il faut que certaines conditions soient confirmées . Le bipolaire doit être dans une phase maniaque intense ( psychose délirante ), une période de dépression sévère ou dans un état mixte instable . Si la personne est dans une phase dépressive majeure, le risque suicidaire doit être pris au sérieux et évaluer par des recherches d’indicateurs ou d’antécédents d’une conduite suicidaire . L’isolement général ( socio-professionnel ), la mauvaise prise de traitement, un état somatique ou une addiction peuvent également être une cause d’hospitalisation d’une personne bipolaire sans son consentement . Il faut cependant noter que ces stades, qu’ils soient maniaques, dépressifs ou mixtes, doivent durer depuis environ 20 jours pour une admission en hôpital psychiatrique .

Découvrons maintenant les différentes formes d’hospitalisation sans consentement …

HDT : Hospitalisation sur Demande d’un Tiers

Comme nous l’avons expliqué en début d’article, ce type d’hospitalisation est généralement formulé par l’entourage du malade bipolaire, c’est une personne de sa famille ou un tuteur par exemple; cette personne agit dans l’intérêt de la santé du patient . Cette demande pour être hospitalisé en psychiatrie est effective si le bipolaire ne veut pas se faire hospitaliser lui-même, et si son état de santé mentale implique, obligatoirement et de toute urgence, un traitement médical ainsi qu’un suivi psychiatrique en permanence . Pour en faire la demande, la tierce personne doit simplement adresser une lettre écrite ( manuscrite ) à l’hôpital souhaité . Dans ce papier, les mentions suivantes du demandeur et du patient doivent être indiquées :
– Le nom
– Le prénom
– L’âge
– L’adresse de résidence
– La profession
– Le type de relation qui unit la tierce personne et le bipolaire
La lettre devra également être datée et signée par le tiers . Il faut également que le demandeur joigne un certificat médical établi par un médecin et dont la date est inférieure à 2 semaines . Un second certificat sera établi par un médecin interne à l’hôpital, mais suivant la gravité du niveau de santé mentale du patient, le responsable de l’hôpital pourra accepter la personne bipolaire sur le simple certificat médical du docteur de son propre établissement hospitalier .

Dès son entrée dans l’établissement, le bipolaire subit une phase d’observation médicale ( avec des soins si nécessaires ) pendant 3 jours complets . Un certificat médical sera établi à la fin de la première journée et un deuxième à la fin des 3 jours afin de savoir si des soins psychiatriques sont nécessaires et de quels types .
Si le patient interné séjourne depuis plus de 12 jours dans l’établissement, le responsable de l’hôpital doit alors obtenir une autorisation du JLD ( Le Juge des Libertés et de la Détention ) pour continuer l’hospitalisation . Le bipolaire peut être présent et entendu lors de l’audience, ou représenté par un homme de loi ( avocat ) .
Au bout d’un certain temps d’hospitalisation et suivant l’état du malade, le responsable de l’hôpital peut soit lui octroyer des sorties de moins d’une demi-journée avec une personne de son entourage ou un médecin de l’hôpital, soit lui autoriser des sorties sans accompagnateur mais limitées à 2 jours . Ses sorties sont intégrées dans le processus du traitement du patient et d’une future réinsertion sociale .

Le mot « internement » peut être fort aux yeux du bipolaire et des membres de sa famille, mais il faut penser que ce système de type « isolement du patient » n’est décidé qu’en ultime recours . Par exemple, si la personne devient dangereuse pour elle-même ou un autre malade / personnel de l’établissement psychiatrique . Seul le psychiatre de l’hôpital peut alors décider de la durée de l’isolement de la personne bipolaire et dangereuse . Le bipolaire sera alors sous haute surveillance pendant toute la durée de son isolement .

La fin de l’hospitalisation sous contrainte est prononcée par le psychiatre en charge du patient seulement si ce denier est exempt de signes pathologiques de troubles mentaux . Elle peut aussi être prononcée par le Juge des Libertés et des Détentions, le procureur, ou si la personne responsable de l’hospitalisation du patient ( le tiers ) en fait la demande écrite et atteste sur l’honneur décharger le centre psychiatrique de toutes responsabilités si le patient commet des délits ou se suicide . On peut aussi retenir que le directeur de l’hôpital peut être condamné à 1 an d’emprisonnement ajouté à une amande financière allant jusqu’à 15 000 euros s’il conteste et oblige le patient à rester hospitaliser et va donc à l’encontre du préfet ou du Juge des Libertés et des Détentions ( le JLD ) !

 

HO : Hospitalisation d’Office ( à la demande d’un médecin ou d’un préfet )

Quand le bipolaire devient un danger pour une ou plusieurs personnes dans la vie générale, et s’il commet des délits à l’ordre public, un médecin ou un préfet peuvent demander une hospitalisation d’office ( HO ), par un arrêté préfectoral avec l’aide d’un certificat et avis psychiatrique .
Si le patient met également sa santé en péril, le médecin peut aussi aller à l’encontre de la famille du malade et demander à hospitaliser d’urgence la personne souffrant de troubles bipolaires . Un simple certificat sera alors adressé au responsable du centre psychiatrique par le médecin, précisant entre autres les causes de l’internement .

Pour le reste des modalités concernant l’hospitalisation d’office sous contrainte par un médecin ou un préfet, le programme et les lois restent les mêmes qu’une HTD ( Hospitalisation sur Demande d’un Tiers ) .

 

Contrôles réguliers pendant l’hospitalisation

Vu brièvement dans les différentes formes d’hospitalisations sous contraintes, l’hôpital psychiatrique accueillant la personne souffrant du syndrome de bipolarité doit se conformer à des contrôles réguliers au cours du séjour de leur patient .
Pour l’HDT, avant l’entrée dans le centre et en complément de la demande écrite par le tiers, un premier certificat médical est déjà adressé au directeur de l’établissement psychiatrique, puis un second est formulé par le psychiatre de l’établissement dans les 24H suivant l’admission du malade . Nous avons vu qu’au bout de 12 jours d’hospitalisation , un jugement est déterminé par le JLD, en réalité, il se passe 3 jours afin d’obtenir un nouveau certificat demandant alors la prolongation ou non de l’hospitalisation . Ce certificat devra être complet et indiquer les causes légitimant l’augmentation de la durée du séjour du bipolaire; ce dernier pouvant aller jusqu’à 30 jours .
Concernant l’HO, les débuts d’hospitalisation sont les mêmes pendant les 15 premiers jours d’internement que l’hospitalisation sur demande d’un tiers . Au bout de 30 jours d’hospitalisation, une demande est faite au préfet afin de maintenir le séjournement du patient si son état de santé mentale ne lui permet pas de retourner à la vie sociale sans doute sur sa sécurité et sans entrave à l’ordre public . 90 jours plus tard, une nouvelle même demande est formulée au préfet pour approbation . Le préfet décide alors de prolonger, par tacites reconductions de 180 jours, l’hospitalisation de la personne bipolaire .
La fin de toute hospitalisation est proclamée au vu des différents certificats médicaux établis par le psychiatre référent de l’établissement hospitalier . Un médecin peut également demander l’annulation à tout moment de l’hospitalisation du patient si toutes les conditions sur l’internement d’une personne souffrant du trouble bipolaire ne sont pas réunies; le préfet lève alors automatiquement l’hospitalisation .

 

L’hospitalisation avec le consentement du maniaco-dépressif

Cette demande est un peu plus rare, car en général le maniaco-dépressif ne se sent pas obliger de faire un séjour en HP ( Hôpital Psychiatrique ) … Les conditions d’acceptation sont d’ailleurs beaucoup plus difficiles, nous savons très bien aujourd’hui que le nombre de places disponibles en psychiatrie sont déjà très faibles . Les volontaires sont souvent découragés … Pour en faire la demande, le patient doit procéder quasiment comme pour une hospitalisation normale . La durée du séjour, si elle est acceptée, est définie avec les professionnels qui suivent le patient . La différence du séjour est dans le fait que le patient peut ( en général ) sortir librement . S’il sort définitivement de l’hôpital sans le consentement de l’avis médical du centre, il devra alors attester sur l’honneur ne pas tenir responsable l’hôpital en cas de délits ou de suicide par exemple …

 

Vous pouvez télécharger ci-dessous un exemple de lettre ( à retranscrire à la main ) pour une demande d’HDT .

Exemple de lettre pour une hospitalisation à la demande d’un tiers pour une personne bipolaire – HDT

 

Hdt sous contrainte

Hospitaliser un proche bipolaire sans son consentement

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9 commentaires sur “Comment hospitaliser une personne bipolaire sous contrainte ?
  1. Charlotte dit :

    Un sujet tabou autant pour les proches que pour les personnes concernées, qu’elles soient atteintes de troubles bipolaires ou d’une autre maladie d’ailleurs!!!
    C’est compliqué au niveau étique moral de devoir hospitaliser une personne chère à notre coeur contre son gré.. Faut beaucoup de courage et surtout que ce soit grave pour en arriver là je suppose.

    • jennifer dit :

      Bonjour,

      J’ai récemment fait appel à UNIPSY.
      Un psychiatre est venu pour mon fils et l’a pris pour l’amener à l’hopital de ma ville à Neuilly-sur-Marne.
      Ils sont très pro, dommage que ce service ne soit pas remboursé.

  2. valerie dit :

    J ai du le faire plusieurs fois pour mon fils
    C est un déchirement pour une maman
    Je reste marqué jusqu à la fin de mes jours

  3. soso dit :

    Bonjour, mon mari est en phase maniaque, impossible de l’emmener à l hopital pour l’interner de force, la police n’a pas le droit sans qu’un médecin generaliste ne soit venu constater son état. si un médecin vient mon mari va se sauver. Le psy qui le suit n’a pas d’autre solution. Le cmp de ma ville peut prendre une decision d’envoyer des ambulanciers le prendre de force. POur l’instant c’est en attente d’une décision, en attendant je dois tout faire pour qu’il ne se doute de rien car dès que j’évoque juste le fait qu’il ne dort pas beaucoup il me dit qu’il va s’en aller, alors imaginez s’il apprend que je veux l’interner… J’ai fait par le biais de son psy habituel une demande de sauvegarde de justice (pour les finances car il dépense bcp (achat voitures etc) mais l’ordonnance n’est pas valable car le psy n’est pas sur la liste du procureur. bref pas de solution

  4. Stéphane dit :

    Bonjour Soso,

    Sans vouloir t’offenser, avant de vouloir faire interner ton mari pour une prétendue phase maniaque, tu devrais l’emmener dans un hôpital classique avec des vrais médecins, pour chercher les vraies causes de sa  » maladie  » au lieu de juste te préoccuper des symptômes, des apparences et de la surface des choses, de vouloir cacher les symptômes avec des traitements multiples.. énormément de pathologies organiques peuvent donner lieu à des symptômes d’allure psychiatrique..
    des examens complets à pratiquer sur un plan somatique seraient déjà plus sérieux afin d’écarter tous les diagnostiques différentiels et alors seulement après cela, peut se poser l’éventualité d’un trouble mental.. la simple foi d’un psychiatre sans aucune formation spécifique autre que la littérature psychiatrique qui relève dans le meilleur des cas d’une science humaine, me paraît très insuffisante..

    donc des examens comme un IRM cérébral, un encéphaloscan etc.. aussi un bilan sanguin très fouillé pour rechercher des carences etc.. bref.. tout symptôme quel qu’il soit et même d’allure psychiatrique, devrait bénéficier avant toute chose d’un bilan somatique complet et d’une prise en charge médicale dans un vrai service de médecine.. on appelle cela la rigueur de l’esprit scientifique et médical..
    Je me permets de te dire cela car ayant moi-même été diagnostiqué PMD, puis passant sur le détail de cela, j’ai été intoxiqué sévèrement au lithium en intra érythrocytaire il y a un peu plus de 3 ans, ce qui m’a valu des mois de convalescence, puis quelques semaines après mon rétablissement, de nombreux examens médicaux ont révélé que je suis atteint d’une maladie génétique qui provoquait les symptômes de PMD que je traînais depuis l’adolescence.. et figure toi que jamais un seul psychiatre ne m’a fait passer de vrais examens médicaux en règles, même il y a 10 ans quand j’ai eu ma seule hospitalisation.. j’ai aujourd’hui 33 ans, je soigne ma maladie génétique et depuis je n’ai plus de symptômes de PMD… je prends soin de moi, et je vis bien, sans plus aucun psychiatre, ni traitement, et du moins du mieux qu’il est possible de vivre au bonheur avec ma maladie et ma foi c’est bien mieux depuis je reçois de vrais soins médicaux.. enfin je ne remercierai jamais assez ma mère de m’accompagner depuis toujours, et encore et d’avoir lutter pour ma santé, ma vie, et même contre la psychiatrie afin que je puisse enfin vivre en paix, et par son amour inconditionnel, sa confiance indéfectible, qu’elle ne m’a jamais abandonné entre les mains des psychiatres…
    alors une déclaration d’amour à ma mère ici : Maman je t’aime..

    enfin le psychologisme de bas étage de la psychiatrie n’a d’équivalent que dans la cartomancie.. les psychiatres sont les manouches de la médecine, bientôt pour fournir leur diagnostique, ils liront dans les lignes de la main.. oui 10 ans de retard diagnostique, mais de ma maladie génétique et non d’une pseudo PMD que seul l’esprit vicié de nullité médicale d’un psychiatre pouvait inventer…
    n’oublie pas que bien avant que d’avoir une âme, nous avons un corps.. et si le corps souffre quelque part, l’esprit souffre aussi par des incidences cérébrales..
    Prends soin de ton mari….

    Je te souhaite du courage et malgré tout un bon Noël…

    Bien à toi

    Stéphane

  5. Boussa dit :

    Bonjour ma soeur est bipolaire elle est grave depressive bois prend des medocs s en prend a tout le monde détruit des vehicules fais des menaces de morts on doit l enfermer de toute urgences mais je sais comment faire elle fabule elle ment dangereuse pour tout le monde elle tabasse un enfant autiste a coup de poing coup de pied avec un manche de brosse etc…..

  6. Langrea dit :

    Bonjour. Je suis bipolaire et je fais de la dépression. Voudrais bien savoir comment se fait hospitaliser. De force. Le CMP ne veux pas nous faire hospitaliser au dirait qu’il s’en fou. Je me suis renseigné aujourd’hui. Par un juge juste ma dit c’est soit proche ou soit le CMP. Voilà. Alors j’ai décidé de me faire hospitaliser de fort. J’ai pas de traitement sur moi. J’ai arrêté mais traitement. CMP il s’en foutent.

  7. IZABO dit :

    Bonjour maman d’un jeune homme de 23 ans qui a beaucoup fume de cannabis et autres substances bouffées délirantes voix violences obliger de faire hospitaliser en 2015 par la suite suivi par CMP avec injection de Xe plion il vient de rechuter mais bien sur ne veut pas se soigner ( arrêt de l’injection il y a 6 mois) on voudrait l’hospitaliser pour qu’il se soigne mais je culpabilise quand il dort mais quand il est en crise avec mon mari nous pensons que c,est la seule solution pour qu’il se soigne VOUS EN PENSEZ QUOI ????????

  8. patricia dit :

    Bonjour . J ai mon fils qui est bipolaire en plein deni 4 tds il y a 10 ans en ce moment il a rechuter cela fait des mois qu’ il recommence à faire des crises . Il a le Hiv il a arrêter le traitement et me dit qu’ il est guérie.tout les spécialiste ne valent rien cc est son avis . Que faire je ne sais plus

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