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Comment gérer le silence  

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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
14 juin 2019 19 h 31 min  

Comment gérer le silence ? Je dirais qu il n y a qu une seule réponse : la patience. Me voilà dans un covoit vers Paris après 3 mois de silence. 

Alors soyez sage ce week-end, les enfants, je ne vais pas beaucoup me connecter jusqu' a dimanche soir 😉


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
15 juin 2019 8 h 49 min  

Salut Nath,

Je suis très heureuse pour toi et j’espère que ce week-end va te ressourcer !

J’ai lu toute ton histoire. J’ai été fascinée par ton abnégation et ta compréhension. Je me suis reconnue dans beaucoup de comportements.

C’est la première fois que j'écris sur un forum et à vrai dire, je ne suis pas très à l’aise. Mais je me sens perdue par son attitude, et par ce que je ressens. Et te lire m’aide à comprendre et à relativiser.

Notre relation à bientôt deux ans. A mes yeux seulement car, à part les 6 premiers mois passionnels, il a depuis pris des distances petit à petit. Et je ne pense pas qu’il soit capable de parler de relation.

Sa dépression a pris le dessus quand la passion étiolée pour mettre un pansement sur ses blessures, il s’est retrouvé face à sa réalité : une femme partie après 10 ans de relation en l’ayant trompé, une famille décomposée et une peur angoissante de perdre ses enfants.

En fait, sans rentrer dans les détails, il n’a aucune confiance en lui et s’imagine que ses enfants peuvent ne plus l’aimer. Il a aussi beaucoup de colère. Il a donc des périodes dépressives mais n’est pas dans une démarche de se soigner. Il a rencontré un thérapeute : échec. Il a abandonné et ne veut pas prendre de médicaments.

Notre relation a traversé des hauts, et surtout des bas. Parfois il était investi et intéressé. Parfois il prenait des distances et me disait qu’il n’avait pas envie d’une relation amoureuse, qu’il n’avait envie de rien. Un break au début, une rupture ensuite, un silence pas si long puis à nouveau des retrouvailles (a mon initiative à chaque fois pour se rabibocher, je sais être insistante). A chaque retrouvailles, il est un peu plus sur la réserve. Par peur de me blesser à nouveau et ses doutes amoureux qu’il gère avec distance. Sauf que nous nous voyons peu. Au début, j’habitais près de chez lui ce qui permettait de préserver les choses malgré sa distance tant émotionnelle que parfois physique. Mais depuis 2 mois, j’ai déménagé à 800km pour des raisons professionnelles et je ne l’ai pas revu.

Au début, était plutôt prévenant et on communiquait tous les jours jusqu’au jour où, en allant cherchant son fils, celui ci lui a dit qu’il aurait préféré aller chez sa mère. Anéanti, il a commencé son silence. Il m’a envoyé quelques jours plus tard « désolé de ne pas donner ou prendre de nouvelles. Tu dois te sentir triste et en colère, tu dois te sentir abandonnée alors que tu n’as rien fait. En ce moment je ne vis qu’angoisses, colère et panique. C’est très dur. Ce n’est pas une excuse, c’est juste pour te dire ».

C'était il y a un mois et demi. J’ai alterné entre compréhension et bienveillance via des mots d’encouragement et un silence partagé. Et des phases de doutes et d’inquiétudes ou j’ai exigé des explications qui se sont butées à « c’est juste que je n’ai pas envie de parler ». J’ai tenté la légèreté, la sincérité, les encouragements, les mots doux, lui raconter des choses positives que je fais... La plupart du temps : pas de réponse. Parfois, une réponse courte, froide où on ne décèle aucun sentiment.

Il a quelques jours, j’ai craqué lui disant que je ne savais pas comment interpréter son silence et que j’avais besoin d'être rassurée car c'était difficile ce silence soudain, et ne plus recevoir de messages de « bonne nuit » à minima. Il a répondu la même chose et à posé deux-trois questions forcées pour faire semblant de s’intéresser. J’y ai vu un signe, c’était un coup d’épée dans l’eau.

Je ne sais pas comment réagir. Parfois je suis en colère car je me sens humiliée d'être douce et n’avoir même pas de réponse. J’ai envie de lui envoyer un message énervée mais je sais que je vais instantanément le regretter. Parfois, je me dis que ça ne sert à rien car visiblement - perdu dans sa bulle - il n’en a rien faire de ma vie. Parfois je me dis qu’il se sert de son silence pour s'éloigner sans faire de vague attendant que je m'épuise. Parfois je veux arrêter d'écrire pour respecter son silence mais j’ai trop peur qu’il m’oublie ou qu’il se soit joué de moi. Alors qu’au fond, il passe le plus clair de son temps chez lui à ressasser et je pense qu’il ne pense même pas à ça. Parfois je veux être patiente et continuer de l’encourager mais je ne sais pas quand - ni si - il reviendra me parler ou si son silence du mal être se transformerait en habitude. Bref, je passe d’un état à l’autre sans savoir quoi penser ni que faire. 

La seule chose dont je suis sûre, c’est que pour le pratiquer avec beaucoup de sincérité depuis longtemps, je sais qu’il va vraiment mal. Mais le temps me paraît long et j’ai du mal à accepter que même si on reprenait contact dans plusieurs mois, on ne pourrait pas reprendre la relation simplement là où on l’a laissé... Parfois je me sens plus à l’aise dans le confort du silence que de me faire rejeter par une non-réponse. Mais merde, tout allait bien et bim du jour au lendemain je deviens invisible, sans intérêt et avec la distance je ne peux rien faire et je me sens démunie ! A chaque fois, nous reprenions contact Caen nous nous voyions mais maintenant je dois demander l’autorisation pour venir (on travaillait ensemble)...

Ça fait du bien d’en mettre des mots raisonnés... Merci d’en m’avoir lue. Et Nath, raconte nous ton week-end ! Ça donne espoir ! Tu dis que tu vivais le silence depuis 3 mois mais avais tu continue à envoyer des mots comme tu le faisais auparavant ou cette fois ci, c’était silence ? Comment s’est passée la reprise de contact ? Est ce que tu lui dis que son silence te blesse ?

Bonne journée !


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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
15 juin 2019 10 h 22 min  

@caro13000

Bonjour et bienvenue sur le site,

Je ne peux que trop bien comprendre ce que tu peux ressentir.

Mais la différence entre nous, c est que ton ami ne se soigne pas et n a aucun suivi. Tu ne nous as pas dit, mais je suppose qu il a été diagnostiqué atteint de troubles bipolaires ? 

En temps normal, c est compliqué de gérer une relation à distance. Si tu rajoutes a ça, une maladie qui peut provoquer des silences prolongés : alors la, ça devient difficile. Mais si en plus, la maladie n est pas soignée, ça devient l enfer.

Avec un traitement, on garde toujours l espoir de jours meilleurs, d une stabilisation. Mais là ? Combien de personnes s en sortent bien sans traitement et sans thérapie ? S il en existe, ils doivent avoir une hygiène de vie très rigoureuse et un bon entourage familial et amical.

C est difficile de te conseiller, tu es la seule a savoir ce qui est bon pour toi. Mais il faut vraiment que tu fasses attention a toi, parce que c est tellement facile de se laisser entraîner dans la dépression.

Je répondrai plus longuement dimanche, parce qu avec un téléphone, c est plutôt galère.

Bon courage.


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
15 juin 2019 10 h 49 min  

Bonjour Nath,

Je te remercie pour ta réponse, profite de ton week-end ! Je patiente depuis tant de mois, que je ne suis plus à quelques jours près 🙂

Sa dépression s’est empirée au fil du temps. J’avais commencé à me renseigner et j’avais repéré chez lui tous les symptômes. A l'époque où il était surpris lui même par son état et donc plus loquace, il mettait des mots assez poignants sur ses ressentis : « angoisses, stress permanent, troubles du sommeil, envie de rien, culpabilité, sentiment de vivre dans une boîte noire sans ressource ni projets, tristesse profonde, colère, renfermement ».

Je l’avais poussé à rencontrer un thérapeute car je le voyais s’effondrer et se renfermer. Il y était allé : le psychiatre avait déceler une dépression mais ayant refusé un traitement, il n’avait alors pris que de quoi dormir mieux. Mais il se sentait dans le gaz, inefficace, alors il a fini par arrêter. Le psychiatre avait pris sa dépression à la légère en la banalisant « oui, on ne vous aime par ce qu’on donne mais bien ce qu’on est donc effectivement votre ex ne vous a pas aimé et maintenant il va falloir être « meilleur » que son nouveau compagnon pour ne pas perdre l’affection et l’intérêt de vos enfants »... Super psy... Il a refusé d’y retourner. Et ensuite, la dégringolade avec quelques moments de mieux suivis d’une période de vide intense. Je dirais presque que l’euphorie d’un moment empirait le reste. Il n’était plus sûr de ses sentiments, de ce qu’il voulait, culpabilisant de ne pas arriver à faire mieux avec moi sans être capable de me quitter en même temps. Et ainsi de suite jusqu'à maintenant.

Personne à part moi connaît sa situation. Il ne vit que pour et par ses enfants, et son travail pour lesquels il ne se sent jamais à la hauteur. Quand il va à peu près normalement, il est présent avec moi et plus affectueux, mais lors de ses phases de noir, je suis la première personne dont il s’éloigne. Auparavant, j’arrivais à le voir et le ré-engager petit à petit car j’habitais dans les parages dont cela lui enlevait la pression de m’accueillir un week-end entier. Il craint l’intimité lorsqu’il va mal car il n’a pas d’envie et craint de me frustrer. Comme il m’a déjà dit : « je ne sais pas si j’ai envie. Parfois oui, parfois non. Et parfois j’ai besoin d’être seul, comme une nécessité ».

La difficulté qui vient s’ajouter maintenant est la distance car je n’ai plus de prise. Il ne m’a pas quittée mais je n’existe plus donc c’est comme si. Et je ne mets pas les pieds dans le plats car je sais qu’il ne me retiendra pas, conscient de son attitude hermétique en ce moment. Je lui ai proposé une fois de se voir et il était désolé mais « il n’avait pas la tête à ça, pas d’envie ».

Je ne veux pas l’abandonner car même si il n’a pas besoin de moi, je tiens à lui. Il est seul, sans famille ni amis. Je ne veux pas le sauver mais d’experience je sais que lorsqu’on se revoyait alors il allait mieux. Mais je ne peux pas le voir sans qu’il l’accepte. Et puis je l’aime donc je ne veux pas le quitter même si je ne sais pas du tout comment agir face à sa froideur et son mutisme. Je m’en veux de l’avoir fait culpabiliser il y a deux jours sur son attitude blessante et en même temps, c’est difficile parfois pour moi de prendre du recul et ne pas me laisser aspirer par mes émotions et ce sentiment de rejet sans raison.

Je ne sais pas si je dois accepter son silence en espérant qu’il s’ouvre un jour a l’échange, ou continuer de le soutenir bien que je crois qu’il culpabilise d’autant plus de ne pas être à la hauteur lorsque je lui envoie des messages d’encouragement et de douceur, le quitter mais je culpabiliserais et je n’en ai pas envie, me faire absente puis lui proposer de se voir au risque de me voir refusée à nouveau, envoyer des messages légers et accepter son silence etc. Difficile de savoir quoi faire... En acceptant son silence, j’ai peur qu’il m’oublie ou que revenir le fasse culpabiliser, ou qu’il espère que je trouve quelqu’un de mieux que lui, ou qu’il croit que je sois passée à autre chose, ou qu’il attende que je m’épuise et prenne une décision dans la mesure où il n’en est visiblement pas capable, ou qu’il s’habitue à cette distance. J’ai peur, oui.

Et effectivement, sans prise en charge, je ne sais pas si une dépression peut se résorber avec le temps. Un amour impossible ? Sans espoir ? Lorsqu’on est ensemble physiquement, on arrive à en discuter. Mais à distance...

Je me sens perdue face à des comportements que - malgré toute ma bonne volonté - j’ai parfois du mal à comprendre ! Surtout ne pas avoir de réponse (sauf si j’insiste) lorsque je lui partage quelque chose d’important dans la vie, comme si il n’avait plus intérêt ou empathie. Ça, c’est très difficile. Et pourtant au fond de moi, je sais qu’il n’est pas comme ça et que ce n’est pas lui. Et pas simplement par amour (ou pas) pour moi, mais pas lui tout court.

Merci de m’avoir lue.


Bilu ont aimé
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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
15 juin 2019 11 h 00 min  

Je suis habituée a me connecter avec mon ordi et je ne l ai pas avec moi. Tes posts méritent une longue réponse et c est trop galère avec mon téléphone. Je n y manquerai pas dimanche soir.

En attendant, essaie de profiter de chaque petit moment de la vie. Prends soin de toi, de ton moral. Parce qu aller bien, c est lui envoyer du positif 😉


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
15 juin 2019 11 h 27 min  

Merci ! Il fait beau et plein de choses de prévu. Hâte d’échanger avec toi ! D’ici là, profite de ton week-end et de tes (enfin) retrouvailles ! Je ne lui enverrai rien ce week-end de toute façon, j’ai besoin de souffler. À bientôt !


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
16 juin 2019 11 h 21 min  

... Bon si, je lui ai quand même souhaité une bonne fête des pères aujourd’hui ^^


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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
16 juin 2019 22 h 37 min  

Bonsoir, 

Bon finalement ma réponse ne va pas être si longue, parce que je suis rentrée tard et un peu vannée.

Je ne sais pas si c'est généralisé à toutes les personnes atteintes de dépression, mais les principales personnes qui sont mises à l'écart à ce moment là sont ceux qu'on aime.

Y faire face, c'est dur, très dur. On est entrainé malgré nous vers le bas. Alors on a le choix entre partir ou supporter. Je ne suis pas partie mais je n'étais pas loin. Et on ne sort jamais indemne d'un long silence de son chéri, suivi d'un rejet. Aujourd'hui, après un week-end à ses côtés, je me sens un peu apaisée. On ne voulait pas d'un week-end d'explications, mais c'est venu malgré tout sur le tapis. C'était difficile d'en parler parce que ça le culpabilise, mais moi, j'en avais besoin. ça va surement le remuer dans les jours qui viennent, mais j'espère qu'il saura rebondir.

Une relation à distance avec une personne atteinte de troubles bipolaire qui ne se soigne pas, je ne sais pas si c'est jouable. Rien ne t'empêche d'essayer, mais il faut que tu sois prête à souffrir et à dire stop quand tu ne t'en sentiras plus capable, avant que la dépression ne te mette le grappin dessus.

Bonne soirée 😉 


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
17 juin 2019 7 h 19 min  

Merci Nath de ton petit mot et j’espère que tu as passé une bonne nuit malgré toutes ces émotions.

 

C’est normal d’avoir entraîné une discussion dont tu avais besoin. Je me rappelle lors de son premier vrai silence. Je l’avais respecté et lorsque je l’avais revu, alors qu’il tentait de faire la discussion l’air de rien, que si j’avais respecté son silence c’était alors à son tour de respecter mon besoin d’y mettre des mots. Finalement il n’y avait pas eu beaucoup d’explications car il n’avait pas d’autres choses à dire à part qu’il se sentait particulièrement mal et qu’il n’avait pas envie de parler. A l’époque, nous avions officiellement rompu même si nos échanges étaient ambigus. Donc j’avais respecté son silence car je pensais que c’était un moyen de me quitter franchement.

 

Il m’a toujours dit qu’il vivait la relation comme une pression et qu’il culpabilisait beaucoup de ne pas réussir à avoir de l’enthousiasme ou de l’envie. Donc pour rejoindre y’a première phrase, je dirais qu’ils s’éloignent de ceux qu’ils aiment en premier car 1/ ils culpabilisent de faire du mal à ceux qu’ils aiment justement et 2/ la relation est une pression donc dans un moment où ils n’ont pas les ressources, ça devient une pression en trop. Parfois je crois qu’ils ont peur de se tromper et de nous quitter alors dans le confort du silence, ils espèrent nous protéger et que nous les laissions tomber pour être heureuse ailleurs. A mon avis.

 

Évidemment qu’on ne sort jamais indemne de ces situations. Je crois qu’il faut réussir  à ne pas le prendre contre soi, s’épanouir individuellement et être patient, mais ce n’est pas évident à faire vraiment.

 

Je me permets de te poser quelques questions un peu plus techniques sur ta relation. Même si elles sont toutes différentes, cela me permet de situer quelques points d’ancrage :

 

  • Quelle a été la période la plus longue au cours de laquelle vous n’avez pas eu de contact, même de toi ? Comment la reprise est elle arrivée ? Qu’est ce qui le faisait réagir ? Finalement est-ce que vous vous êtes déjà officiellement quittés ?

 

  • Dernièrement tu ne l’avais pas vu depuis plus de mois et presque un mois sans contact. Je te sentais - dans tes messages - un peu résignée. Et finalement, tu as pu le revoir ce week-end. Que s’est-il passé ? Comment a t’il accepté de te revoir ?

 

  • Tu as l’air de faire très attention à la façon dont tu communiques avec lui. T’est il déjà arrivé de lui faire des reproches ? De paniquer et lui demander des explications ? Ou de lui faire une grande tirade d’amoureuse pendant le rassurer ou l’encourager ? Comment tu communiques pour qu’il réponde ?

 

  • Lorsque tu as discuté avec lui, quels mots met-il sur son silence ? Le fait de ne meme pas répondre face à la douleur de l’autre.

 

En fait, ça ne me dérange pas d’essayer et de prendre des distances car 1/ je l’aime et 2/ j’ai ma vie à côté. Mais je ne sais pas quelle attitude adopter, ni quelle distance (car je ne veux pas non plus qu’il croit qu’on est ami alors qu’on ne s’est pas quitté !) : respecter rigoureusement son silence et « attendre » (mais peur qu’il s’habitue ou qu’il ne revienne pas), continuer d’envoyer régulièrement des messages (mais quel genre ?), proposer de se voir de temps en temps en espérant qu’il accepte une fois, débarquer et m’imposer, ne rien faire... Que me conseillerais-tu de ton expérience et le feed-back que te donne ton homme ?

 

Ce serait tellement plus simple si on pouvait parler en vrai... À chaque fois, ça remet les choses a leur place et je le sens aller mieux.

 

Merci ! Désolé si je suis trop longue ou trop de questions... Très bonne journée, et dis-nous comment tu te sens après la nuit et du recul !


Bilu ont aimé
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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
18 juin 2019 0 h 05 min  

@caro13000

Ton homme, ce n'est pas le mien. Je ne suis pas toi. Chacun doit réagir comme il le sent et que ça colle au plus près de sa personnalité.

Alors ce n'est pas parce que moi, j'envoyais des sms de temps en temps, pour parler de tout et de rien que c'est forcément la meilleure solution pour tout le monde. Et puis, cette fois ci, ce fut inédit puisqu'il me demanda un jour de ne plus lui écrire. S'imposer et faire une visite surprise : quelques fois, ça peut faire plaisir, mais il se pourrait que ça fasse l'effet inverse. La règle principale, à mon avis, est de rester dans la bienveillance. Même si parfois, à trop encaisser, parfois on tombe dans les reproches, mais ça reste humain.

Je ne communique que par sms avec lui, car dans ces moments là, téléphoner devient impossible. Et même par sms, on peut essayer de trouver tous les sujets du monde, s'il n'est pas prêt, il ne répondra pas.

Il faut que tu comprennes que tu pourrais faire tous les plans que tu veux, tu ne sauras jamais comment ton ami réagira, et le fait qu'il ne prenne pas de traitement peut le rendre encore plus imprévisible.

Je n'ai pas répondu à tout, mais il y a des jours avec, et des jours sans. Ce soir, je ne m'en sens plus la force.


Bilu ont aimé
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ver00
(@ver00)
Super Bipote
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 1653
18 juin 2019 0 h 51 min  

Essaie Nath, de ne plus être parfaite, ça t'épuise et ça peut épuiser les autres . Quand il n'y a plus de solution , faut essayer d'être très con .

Bipolaire et fière d'y être.


Bilu ont aimé
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ver00
(@ver00)
Super Bipote
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 1653
18 juin 2019 0 h 52 min  

Excuse moi, nath, j'écris comme je pense, mais je n'ai pas forcément raison .

Bipolaire et fière d'y être.


Bilu ont aimé
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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
18 juin 2019 10 h 18 min  

Nath, ne t’en veux pas d’en ne pas avoir répondu à tout. J’imagine à quel point cet ascenseur émotionnel que tu vis, et toute l’energie que tu mets pour maintenir ta relation, t’aspire physiquement et psychologiquement. Comment te sens tu aujourd’hui ?

Peut-être que malgré tout l’amour qu’on porte, on doit aussi accepter que 1/ on ne peut pas les sauver et 2/ même si la maladie parle parfois à leur place, leur silence et leur rejet sont aussi des choix qui - dans ces moments - peuvent être une nécessité mais restent des choix qu’on devrait accepter. Parfois, on ne leur rend peut-être pas service à être là pour eux plutôt qu’en leur imposant de se prendre en mains.

Comment vous êtes vous retrouvés - après tout ce silence - à vous revoir ? Que retiens-tu de votre discussion et de ce que vous partagé ce week-end ? Tu dois te protéger Nath comme tu me l’as conseillé. Peut-être qu’après quelques semaines ou mois de silence - et donc de rupture imposée - vous pourriez vous retrouver dans de meilleures conditions lui ayant avancé et toi, étant ressourcée (et lui ayant peut être manqué = électrochoc). Je ne sais pas, il n’y a pas de vérité absolue mais peut-être que ce sont des amours impossibles et que ton bonheur est ailleurs pour l’instant.

En ce qui me concerne, je me sens un peu résignée. Malgré toute ma compréhension, parfois je me dis que je ne peux pas lutter contre ses non-envies. Et je n’aime pas l'idée de le forcer face à ses propres pulsions négatives. Effectivement, le silence ne laisse pas indemne. Je te dis ça mais demain, je penserais sûrement différemment...

This post was modified Il y a 6 mois by @caro13000

Bilu ont aimé
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Hec
 Hec
(@hec)
Super Bipote
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 1029
18 juin 2019 10 h 57 min  

Vous êtes très patientes les filles.. c'est beau.. dommage que ces hommes ne réalisent pas à quel point ils sont chanceux..

moi célibataire par choix.. parce que les femmes que j'ai pu rencontrer, avec qui j'ai été, à un moment elles voulaient une cohabitation, vivre ensemble, et moi j'en suis incapable, c'est à dire que j'ai besoin de mon espace, de ma bulle, c'est un équilibre.. je réservais quand même 4 jours par semaine consécutifs avec elles, soit chez elles, soit chez moi.. et 3 jours seul chez moi, mais ça suffisait pas, alors oui, rupture et je peux comprendre.. toutes les femmes ont envie de construire quelque chose, de partager le quotidien etc.. enfin, j'ai toujours espoir de rencontrer celle qu'il me faut, qui saura gérer ce besoin d'espace que je ressens.. 

un avis perso : je trouve qu'ils exagèrent un peu ces hommes... 

Courage.. 


Bilu ont aimé
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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
18 juin 2019 11 h 09 min  

Merci pour ton avis.

Je le partage parfois sur la patience et la bienveillance dont nous faisons preuve vs ces comportements que je peux trouver exagérés.

A vrai dire, je n’attends même pas de lui de grands projets ou habiter ensemble. Mais plus de la stabilité émotionnelle : savoir qu’on est ensemble malgré son silence, qu’on se reverra etc. Savoir où moi j’en suis en fait. Et le minimum dans les échanges via des messages irréguliers peut être mais rassurants quand même pour prendre en compte mes propres besoins également. Un respect de la relation. Ce sont les doutes, l’instabilité et l’attente  (et le silence !!!) qui sont frustrants car j’accepte ensuite qu’en nous soyons différents avec des besoins différents également.


Bilu ont aimé
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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
18 juin 2019 19 h 42 min  

Et c’est comme ça que j’apprends par hasard par l’intermédiaire d’un ancien collègue qu’il a l’air - dixit « d’aller plutôt bien, qu’il rigole et échange, et qu’il était au tennis ce week-end ». Étonnant pour quelqu’un qui m’a dit n’avoir envie de rien alors que je lui proposais le même genre d’activités il y a peu. Je me demande même avec qui il y a pu y aller lui qui n’a pas d’amis et qui jouent ponctuellement au tennis seulement en semaine après le boulot avec un collègue... Je finis par me demander si ce mal être qui m’impose un silence rigoureux n’est finalement pas du lard ou du cochon... Pas pu m’empêcher d’envoyer un message un peu énervé « bon visiblement tu as l’air d’aller mieux puisque tu retournes au tennis, tu rigoles, tu échanges... Je suis contente pour toi. Je crois que je commence à mieux comprendre ton silence... Bref tant mieux pour toi. J’espère que les enfants vont bien également. Bonne soirée ». Quand bien même que ce serait un mieux être de surface, l’énergie pour le faire est quand même là. A vouloir être trop patiente, bienveillante et compréhensive... Peut-être qu’on se fait en fait larguer en silence sans faire de vagues... À suivre.


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Ju013
(@snickerz013)
Jeune Bipote
Inscription: Il y a 7 mois
Msg: 854
18 juin 2019 20 h 15 min  

Se faire larguer en silence sans faire de vagues c'est une jolie formulation.


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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
18 juin 2019 22 h 19 min  

@caro13000

Ne te torture pas le cerveau. Ton ami ne maitrise pas tout, et encore moins ses émotions. Peut être qu'en ce moment, il ne t'aime plus sans savoir l'expliquer. Peut-être que ça reviendra...ou peut-être pas. Ou peut-être qu'il veux juste avoir la paix pour traverser ce qu'il a à traverser.

Il faut arrêter d'essayer de  comprendre, quand eux-mêmes ne s'expliquent pas tout. 

Lorsqu'ils prennent de la distance, il faut rester à l'écoute, bienveillants, mais ne pas rester plantés là à les attendre ou les harceler.

En 3 ans et demi, on ne s'est jamais quitté, mais je crois que cette fois-ci, la rupture devient inévitable. Une rupture pour mieux se retrouver ou une rupture pour tourner une page. Je ne sais pas encore.

J'y suis allée. On était content de se voir. Mais chacun gardait ses distances. L'Autre a toujours le contrôle. Celui qui inhibe ses émotions, qui le fait parler tout bas, alors qu'il a habituellement une voix claire et forte. Au final, on en est au même point : il ne sait pas ou il en est. Un deuil en sortie d'hospit ne l'a pas aidé à aller mieux.

Aujourd'hui extérieurement, il a l'air d'aller très bien. Il s'est fait un tas d'amis, les rencontre souvent, va voir un tas de thérapeutes, mais au fond, il est complètement paumé.

Ce soir on a décidé d'arrêter de s'écrire, parce que finalement on se fait du mal : lui par ses silences, et moi par mon insistance à vouloir l'aider.  Il me contactera dès qu'il ira mieux. Mais il ne le fera pas, il ne le fait jamais. Alors cette fois-ci, j'aimerais résister et ne pas le relancer.

Quand la relation finit par te faire plus de mal que de bien, il faut songer à plier bagages avant de sombrer.


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
18 juin 2019 22 h 27 min  

Je suis triste de te lire parce que j’ai le sentiment de ressentir ce que tu évoques. Donc je perçois la tristesse décourageante qui t’habite. 

Mes mots vont te paraître dérisoires et simplistes mais pourtant réels : on ne peut pas aller contre la volonté d’un autre. On ne peut pas le changer. On ne peut pas l’aider. On ne peut qu’essayer d’être heureux soi même. Et bien que je sois plutôt quelqu’un de pessimiste, je crois sincèrement que si vous êtes l’un pour l’autre, vous vous retrouverez plus tard quand chacun sera en paix. Et si ce n’est pas le cas, vous aurez grandi. Je crois que tu devrais ne plus rien faire. Pour toi, pour vous deux, et pour qu’il se rende compte par ton absence que tu es la. C’est paradoxal mais vrai.

Je te rejoins sur le fait que lorsque la relation ne t’apporte que doutes et frustrations, il faut peut être se recentrer sur soi parce que si toi tu l’aides autant, lui ne le fait pas pour toi. La maladie oui, mais TU EXISTES et tu as l’air d’être une si sacrée belle personne que tu mérites quelqu’un qui le voit et le préserve.

Mais je comprends ta douleur. Et le fait que tu aies l’impression d’avoir perdu ton temps. Mais ce que tu as fait n’était pas inutile et tu l’as fait aussi pour toi.

Quoiqu’il en soit, si cela t’angoisse, tu peux commencer par te donner deux semaines de silence pour souffler et remettre tes idées en place. Tu auras tout le temps de réagir après à tête reposée.

Pour la petite histoire, il m’a finalement répondue après 4H  juste « ????? ». C’est dire la qualité de l’échange... Faut peut être apprendre à avoir mal pour aller mieux, et égoïstement lâcher prise face à des personnes toxiques malgré elles.


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Nath
 Nath
(@modocool)
Super Bipote
Inscription: Il y a 9 mois
Msg: 1581
18 juin 2019 22 h 49 min  

Je n'ai pas dit que j'avais perdu mon temps. Je ne regrette rien. Je n'angoisse pas et je ne me donne aucun délai pour rien. Je vais laisser la vie décider de mon destin.

Quoi qu'il advienne, je serai toujours là pour lui. 

Par contre, je ne peux pas te laisser dire que qui que ce soit soit toxique, même involontairement. Nos hommes ne sont pas toxiques : ils ont une pu**** de maladie qui les empêche de contrôler leurs humeurs. Pourquoi la plupart des gens malades sont seuls ? Parce que nous, les conjoints n'avons pas trouvé le moyen de supporter leur maladie, alors qu'eux, n'ont pas d'autre choix que de la supporter 10 000 fois plus jusqu'à la fin de leur vie. Ce sont des guerriers, on est des pleurnicheurs. A venir nous plaindre qu'ils ne nous parlent plus, alors qu'eux luttent contre leurs démons.

Mauvais karma pour moi en ce moment, je ne suis pas trop en mode bienveillante ce soir. Désolée.


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@caro13000
(@caro13000)
Mini Bipo
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 11
18 juin 2019 22 h 57 min  

Je comprends ce que tu dis.

Je suis en colère ce soir mais je pense comme toi la plupart du temps. Que nous sommes parfois capricieux car nous avons le choix de ne plus supporter la situation. Eux n’ont pas ce choix.

A l’inverse de ton homme, le mien ne se soigne pas. Et je pense que ça me met en colère parce que si maladie réelle il y a - et je ne peux pas juger cette difficulté de vie - il ne cherche pas à s’en sortir à part espérer que le temps soigne ses blessures. Je trouve ton homme plus lucide dans sa démarche, et peut être plus sincère.

Je suis admirative de ta pugnacité. Et tu as sûrement les bons mots lorsque tu dis que tu vas laisser la vie décider de ton destin car elle est souvent bonne conseillère.

Je ne regrette rien non plus et malgré les moments de découragement, je ne le laisserai pas tomber si il a besoin de moi comme je l’ai toujours fait.

Tu as eu vraie philosophie qui ne me laisse pas indifférente. Protège toi juste pour ne pas basculer. J’espère ne pas t’avoir blessé.


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