Forum des bipotes

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Tous hypocondriaques ? ...  

 

Massimanon
(@massimanon)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 95
27 août 2020 20 h 40 min  

Bonsoir, désolé, le titre de cet article ( voir même son emplacement sur le forum ) pourrait poser problème. 

Là où je veux en venir c'est : sommes nous tous en permanence à avoir peur de mourir et en même temps, ou de temps en temps, avoir des pensées suicidaires ? 

 

Cette oscillation chez moi m'interpelle. Avoir toujours cette "peur" quand quelque chose ne va pas ( réellement ) dans mon corps, et du coup vouloir consulter, me soigner. 

Et à côté attendre pour prendre les rendez vous, parfois les déplacer, voir même les annuler parce que j'estime que "ce n'était que dans ma tête". 

Parfois me dire j'ai pas envie de mourir de telle ou telle chose, ou tout court d'ailleurs. Et parfois "oh ben faut bien mourir de quelque chose, au point où j'en suis". 

 

Je me relis je ne sais pas si je suis assez précise... 

M'interpellent donc le fait que :

. Dès que quelque chose ne va pas dans mon corps j'ai peur, voir très peur selon ce que c'est, et c'est la panique sur le coup, et je m'imagine je ne sais quel diagnostique. 

. Quand ma santé physique ne va pas je prend rendez vous, j'essaie d'honorer ces rendez vous, mais parfois j'annule parce que finalement je me dis que "c'était rien" et donc parfois je reporte quelque chose qui pourrait être important. 

. Il y a des moments où je me dis clairement " faut bien mourir de quelque chose" et puis "tu l'auras bien cherché " ( après tout les problemes physiques que je développent sont souvent liés à mon hygiène de vie ). Et d'autres où j'ai juste peur, je suis flippée, et j'attends quand même pourquoi ? ( Point suivant : ) 

. " C'est dansta tête, c'est psychosomatique" C'est la rengaine, on me l'a tellement répétée que maintenant j'y adhère complètement et que quand quelque chose ne va pas j'attends, j'attends de voir si ça passe, parfois quelques mois, parfois plus. ( Je vous dit pas la nombre de problèmes psychosomatiques que j'enchaîne selon mes proches, c'est bizarre quand je consulte il y a vraiment un problème ). 

. Pensées suicidaires VS peur de mourir ?! Bon alors ça je pense que c'est plus dû à la nature intrinsèque de l'humain, l'instinct de survie... Même si je comprend pas que ces deux choses puissent cohabiter, mais bon nous sommes des êtres complexes, soit. 

Donc, suis je la seule confrontée à cette situation ? 

J'ai heureusement un médecin traitant plus que compréhensif qui cherche toujours plus loin que les causes psychosomatiques. Mais bon, là je me retrouve encore à flipper ( grave ) depuis un moment, mais j'attends, parce que je ne veux pas faire perdre leur temps aux professionnels de santé ( oui j'en suis à ce niveau de culpabilité, il m'arrive même de me dire que j'ai pompé son temps à la psychologue )... 

Si vous êtes dans le même cas que moi, que faites vous ? C'est quoi votre solution ? ( S'il y en a une ). Parce que je suis en train une fois de plus de me dire que mon état est passagé, que c'est que du stress, et que bon de toute façon si c'est vraiment sérieux je l'aurais cherché ( mon hygiène de vie s'est améliorée, mais bon, je trimballe encore des bonnes grosses casseroles ). 

 

(Et(je suis encore en train d'accaparer ce forum pour mes petites peur, sorry. ) 

Bonne soirée, et merci à ceux qui ont eu le courage de me lire. 


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Mosis 7
(@mosis-7)
Grand Bipolaire
Inscription: Il y a 6 mois
Msg: 256
27 août 2020 21 h 43 min  

Bonsoir, 

C'est des questions intéressantes et c'est un post compliqué.

Je pense que l'humain est extrêmement complexe et qu'il y a une ambivalence sur certains sujets, on peut à la fois vouloir être en bonne santé et en même temps ne pas faire attention à son hygiène de vie, sa nourriture et à la prise de toxiques. 

À titre personnel, je pense qu'il y a une pulsion de vie et de mort en chacun qui dans un fonctionnement non pathologique sont transparentes pour l'individu. Pas besoin d'en avoir conscience pour mener sa vie normalement. Dans le cadre d'une pathologie, la pulsion va prendre des formes pathologiques et ça va devenir plus compliqué (mais pas impossible...) pour l'individu d'en ignorer les manifestations. Il faut alors étudier ces manifestations et corriger ce qui peut l'être. 

Concernant le fait de déranger les médecins, faut vraiment pas avoir de scrupule, c'est toi qui vit avec les conséquences et les symptômes de tes pathologies. Reculer des rendez-vous ou des prises en charges médicales dont on a besoin, ça peut ressembler à une forme d'autosabotage (voir d'autodestruction en fonction de la gravité) ou à du déni. 

Ensuite pour le psychosomatique, peu importe l'origine du trouble, le problème c'est que les symptômes sont réels. Il me semble qu'il faut donc poursuivre les explorations aussi longtemps que nécessaire pour avoir un diagnostic et une prise en charge. Le psychosomatique se prend aussi en charge. 

J'ai connu le même genre d'ambivalence vis-à-vis de ma santé mais j'y travaille et j'essaie maintenant d'en faire une priorité. 


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Poupic
(@poupic)
Bipo
Inscription: Il y a 4 mois
Msg: 33
27 août 2020 22 h 33 min  

@ Massimanon

Bonsoir Massimanon 

J'ai lu avec attention votre récit et ne sais si vous apprécierez mon retour, mais c'est aussi pour vous montrer que nous sommes vraiment tous unique face a la maladie cela étant la bipolarité.

Vous parlez de peur de peur de mourir, j'ai eu ces peurs quand l'on m'a diagnostiqué et par la suite je n'ai plus jamais éprouvé ses pensées.

Les peurs peuvent être maîtriser mais il faut faire un travail sur chacun des aspects qui si associes. Je ne consultait pas beaucoup vers la fin car j'avais fait le tour de la question, oui car je n'aime pas la répétition.

"Faut bien mourir de quelques choses" et " tu l'aura bien cherché" désolé mais la mort fait partie de la vie et c'est pas toi qui choisis ton heure alors autant vivre pleinement.

La solution est en vous et vous seul pourrai la trouver personne ne le fera pour vous. J'espère vous avoir apporté ne serait-ce qu'une infime partie de mes pensées et quelle pourront vous éclairer.

Passez une bonne fin de soirée et au plaisir de vous relire cordialement.

                                                 Poupic


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Massimanon
(@massimanon)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 95
28 août 2020 13 h 19 min  

@mosis-7 

 

je te remercie pour ta réponse.

Elle est complète, rassurante et aussi pleine d'espoir.

Il est bien vrai qu'en dehors de toute pathologie cette ambivalence est humaine. Le plaisir VS la santé.

Mais oui, mon problème c'est que mon hygiène de vie néfaste est dû au mal être qui découle de ma maladie.

J'ai réussi malgré tout à supprimer pas mal de choses pour supprimer cette peur de mourir, enfin, vivre tout simplement.

Mais mon corps a tellement subit, et pour certaines choses il subit encore, mais je ne peux pas arrêter mes "béquilles" comme cela.

Bref, pour en revenir au sujet plus généralement, je pense que tu as raison. Il doit y avoir une part d'autodestruction quelque part parfois... Mais je doit me soigner, sur tous les plans, pour que tout évolue ( le corps, l'esprit ).

C'est un sujet qui englobe tellement de choses. Je voulais une "bonne" réponse à la tienne. Mais il n'y en a pas.

Merci avoir répondu en tout cas.

Bonne journée.

 


Mosis 7 ont aimé
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Massimanon
(@massimanon)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 95
28 août 2020 13 h 29 min  

@poupic 

Merci pour cette réponse.

Effectivement, ta réponse est simple et concise. Elle semble claire pour toi. Et quoiqu'il arrive je l'apprécie.

C'est vrai qu'elle l'est moins pour moi.

Mais c'est aussi bien d'apprendre des autres.

On ne choisis pas son heure, certes, mais quelque part on choisis sa façon de vivre.

Ceci dit je suis d'accord. On peut travailler sur sa peur. Je suis encore en chemin là dessus.

Je tiens à préciser que je n'attends pas forcément de réponse toute faite sur ce forum, ou peut être l'ai je fais sentir via mon post. Mais l'échange pour moi est toujours constructif. Je pense qu'on peut apprendre de chacun, même si on est unique.

Et oui, il est vrai que nous sommes la solution à nos problèmes, mais parfois juste un soutien moral peut faire la différence.

Merci de m'avoir répondu. Bonne journée.


CleoBip ont aimé
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Elona
(@elonawasikowska)
Grand Bipolaire
Inscription: Il y a 2 ans
Msg: 380
28 août 2020 16 h 07 min  

Je crois que d'un côté, on a tous peur de mourir à des degrés plus ou moins différents. Les gens qui disent "je m'en fous", je ne les crois pas, à part peut-être des gens très âgés qui n'attendent que ça (et encore, j'en ai pas encore vu qui s'en fichaient réellement). On peut penser qu'on s'en fout, même qu'on veut mourir, puis une fois que le risque se concrétise, c'est pas pareil... Je me souviendrai toujours de la sensation que j'ai eue quand je me suis sentie partir lors de ma TS, un énorme "tout ça pour ça", il n'y avait plus que le fait de me rattacher à la vie qui comptait. Instinct de survie sans doute. Toujours est-il que ça ne m'est plus jamais passé par la tête. 

Pour les pensées suicidaires, le désir premier est de mettre fin à la souffrance et pas à la vie en elle-même, et certains peuvent penser que mourir est le seul moyen de ne plus souffrir. Les vieux qui se suicident, eux, veulent mettre fin à leur vie car ils la considèrent terminée, et ils ne se ratent pour ainsi dire jamais.

L'humain est rempli d'ambivalence aussi... Pour l'exemple de la santé, ça me tuait de voir des gens me dire "surtout n'utilise pas ça, il paraît que c'est dangereux" en pointant ma cigarette électronique, le tout avec leur clope au bec comme s'ils avaient oublié que ça c'était vraiment prouvé dangereux. Après quand ils prennent toute leur énergie à péniblement respirer reliés à des bonbonnes d'oxygène "mon dieu ma petite si j'avais su je n'aurai jamais fumé" alors qu'ils savaient, juste qu'ils ne réalisaient pas. Il y a des gens qui ont réalisé mais qui continuent le mauvais comportement aussi, comme le père de ma meilleure amie qui "ne veut plus jamais revivre un infarctus tellement c'est angoissant" mais s'y expose en continuant à fumer et manger gras comme avant. Après il y a des gens qui préfèrent profiter quitte à vivre moins longtemps. Je pense que c'est une question de capacité à se projeter dans l'avenir, j'ai souvent l'impression que l'humain a du mal voire est incapable de se projeter à long terme (moi la première, quoique j'ai arrêté de fumer car des malades respiratoires du tabac, j'en ai vus assez).


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kust
 kust
(@kust)
Super Bipolaire
Inscription: Il y a 3 ans
Msg: 2756
28 août 2020 16 h 16 min  
Posté par: @elonawasikowska

Les vieux qui se suicident, eux, veulent mettre fin à leur vie car ils la considèrent terminée, et ils ne se ratent pour ainsi dire jamais.

25% le taux de létalité des TS chez les personnes âgées, on est loin d un suicide aboutit à chaque TS : p


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