Forum des bipotes

Il paraît que je suis un bipote...  

 

Florent
(@floki)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 2
10/02/2019 6:59  

Bonjour, 

Après plusieurs mois je me décide enfin à écrire. J'ai 31 ans et j'ai été diagnostiqué bipolaire type 2 en septembre dernier. J'ai eu beaucoup de mal à l'accepter et à y croire. Ça renforçait mon sentiment d’être différent et inadapté. Même maintenant, avec le traitement je me sens plus instable qu'auparavant. Ou alors est-ce parce que je fais beaucoup plus attention à mon humeur?

Petit j’étais très actif et rêveur. Je détestais m'ennuyer. Seulement le monde autour de moi me stimulais peu. J’étais souvent seul, il a fallut apprendre à s'ennuyer. Dans ma tête je jouais au jeu de la poule et de l'oeuf, qui est arrivé en premier?! J’étais un Terrence Malick en herbe! Ça m'a fait réaliser que j'allais disparaitre un jour. À 7 ans j'avais des crises de paniques, déjà peur de mourir et surtout je ne comprenais pas l’utilité d’exister

Heureusement, contrairement à mes parents, mon grand père était là. C’était quelqu’un de brillant, très réfléchi, libre, joyeux et rêveur. C’est définitivement sa faute si mon esprit s’égare si loin! Je papillonne sans cesse à la manière de JD dans « Scrubs », c’est dur de me concentrer! 

Mon grand père est décédé quand j'avais 12 ans. Je me suis retrouvé seul. Personne pour me comprendre et canaliser mes pensées. Je me suis renfermé. Ma joie est partie avec lui. Plus rien ne me stimulait, tout me paraissait futile. J’avais un énorme sentiment d’échec, l’idée d’être une merde. A quoi bon faire des efforts tout est perdu d’avance…

Tout le monde et moi compris pensaient que je n'arrivais simplement pas à faire le deuil. Que mes sautes d'humeurs, mon irritabilité venaient de mon hypothyroïdie. Il y avait du vrai mais c’était bien plus que ça. On a tenté les anti dépresseurs, sans résultat.

Le seul moyen que j'ai trouvé pour anéantir mon flux de pensées a été les jeux vidéos. J'ai saboté mes études. Déjà timide, j'ai développé une agoraphobie. Je restait enfermé dans mon 35m carré. Mangeais peu. Sortait après un effort surhumain à 18h55 avant que le bureau de tabac ne ferme et me prive de cigarette pendant une nuit. C’était plus important de fumer que de manger. Des idées noires en pagaille.

J’avais aussi une addiction aux collections. Monnaie, bd, dvd, livres… Elle m’est passée mais je continue à m’emballer pour des choses et me lasser très vite. Sentimentalement c’est la même chose. Ma plus longue relation est de 1ans et demi. Encore aujourd’hui une fois la séduction passée soit je pers de l’interêt et ne vais pas plus loin, soit mon imaginaire s’emballe et je m’imagine passer la vie avec la fille et je me prends une claque de plus.

J’ai développé une passion pour la photo. Elle m’a permis de sortir de mon appartement. J’ai eu l’a fierté d’être accepté dans une excellente école de photo. Je m’en suis lassé au bout de 5 mois… Impossible de me lever le matin. Pourtant je continue a adoré la photo et je suis plutôt bon. 

C’était trop j’ai décidé de partir. Pour ma timidité. Pour retrouver un intérêt à la vie. Je suis allé seul en Australie. Puis en Allemagne, en Nouvelle Zélande, en Asie… Pendant 5ans. Des hauts des bas des émotions extrêmes dues au voyage. J’avais toujours cette lassitude présente mais j’y faisait plus ou moins face. 

Tout ça jusqu’à mon dernier voyage en Asie. 3 mois d’expériences dingues qui m’ont laissées de marbre… Là, c’était grave… Tout ça pour entamer une année 2018 catastrophique mais précieuse. Je suis revenu de voyage déprimé, fait face à une énorme désillusion amoureuse et surtout gérer la fin de vie extrêmement longue et difficile de ma grand mère qui était mon dernier point de repère. Pour rien arrangé j’ai dut arrêter le sport après une déchirure.

Mes idées noires étaient revenues. J’élaborais des plans pour disparaitre de la meilleure façon possible est-ce que c’était mieux que ma famille ne retrouve pas mon corps et pense que je sois simplement reparti en voyage, simuler un accident ou alors comment rendre la découverte de mon corps la moins dure possible pour eux

Cependant, en voyant ma grand mère s’accrocher à la vie, je ne pouvais pas me permettre ça. J’ai fait un bilan de compétence pour reprendre ma vie professionnelle à zéro. J’ai repris mon suivi médical thyroïde et foie (stéatose hépatique). Surtout j’ai repris une thérapie avec une psychologue. Après plusieurs mois elle m’a dit qu’il fallait que j’aille voir un psychiatre. 

J’ai mis deux mois à m’y résoudre. Aujourd’hui je suis sous Lamotrigine (150) et Paroxetine (20 et 10 un jour sur deux). Je me sens mieux ça m’a permis d’attaquer une formation en Tourisme. Mais encore une fois je commence à me lasser. J’ai des démarches à faire pour trouver un stage et je n’arrive pas à m’y lancer.

Pour moi les moments où je suis bien sont les moments ou je suis en hypomanie selon mon psychiatre. Pourtant c’est dans ces moments la que je suis productif. Je ne suis plus au fond du saut mais je suis apathique. J’ai besoin de trop de sommeil. Le sport est très important pour moi et je n’ai ni le temps ni l’énergie d’en faire. 

Tout ça ne me correspond pas. C’est pour ça que je me décide à écrire l’histoire de ma vie, dépasser ma pudeur et vous la partager. Je m’excuse pour la longueur j’ai pourtant essayé d’être le plus concis possible et cohérent même si c’est parfois déstructuré. 

Merci pour votre attention, bonne soirée.

Florent.


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Marie Laure
(@marie-laure)
Moyen Bipolaire
Inscription: Il y a 7 mois
Msg: 137
10/02/2019 7:36  

Bonsoir Florent 

Tu sembles très bien te connaître et c'est déjà pas si mal. La maladie, c'est vrai qu'il est difficile de l'accepter, mais c'est  avant tout, avoir le traitement et l'aide dont tu as besoin.

Je retrouve en tes multiples revirements, la vie décousue et éparpillée que j'ai eue.

Le tourisme est un secteur passionnant qui demande aussi beaucoup d'énergie, surtout si tu envisages des excursions.... Peut être qu'un stage en agence de voyage t'irait bien ?

A bientôt

Marie Laure


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Claudie
(@claudie)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 12 mois
Msg: 4
10/02/2019 7:53  

Bonsoir Florent

votre démarche d'aller voir un psychiatre me semble une très bonne solution

je suis aussi bipote et suivie par un psychiatre et une psychologue depuis plusieurs années,il n'y a pas de guérison mais une stabilisation après de nombreux tatonnements pour trouver la bonne combinaison.Il faut de la patience et du dialogue avec les soignants.Surtout ne pas abandonner .

bon courage à vous et vous n'êtes pas seul


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ver00
(@ver00)
Super Bipote
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 1403
10/02/2019 9:11  

Bonsoir Florent ,

 

Pas facile de coucher sa vie dans un post ; belle description !

Tu as du mal à accepter la maladie, moi, j'ai mis 8 ans ! Je trouve que tu acceptes plutôt bien . Ta vie est passionnante , malgré tout . Tu manques de constance mais ça va venir avec un bon traitement . Peut être tu reprendras la photo ? Ou le tourisme  ?  Équilibré , tu seras trouvé ce qui te convient .

Ne sois pas triste d'être bipolaire, ce sont les gens les plus intéressants  !

Bipolaire et fière d'y être.


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ver00
(@ver00)
Super Bipote
Inscription: Il y a 1 an
Msg: 1403
10/02/2019 9:29  

Tu sauras trouver

Bipolaire et fière d'y être.


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theo
 theo
(@theo)
Petit Bipolaire
Inscription: Il y a 7 mois
Msg: 62
10/02/2019 9:54  

Bonjour Florent,

Bienvenue au club des bipolaires de type 2 ... mieux vaut en rire même si ce n'est pas notre fort 😉

L'avantage dans ton cas, c'est, premièrement, que tu as réussi à dépasser ta timidité, ton introversion, par toi-même, en prenant l'initiative et en ayant le courage de voyager à travers le monde. Deuxièmement, tu as appris à te connaitre à travers toutes (car oui, elles sont nombreuses) tes expériences. Crois moi, c'est une force pour la suite de l'aventure. Peu de gens peuvent s'en targuer.

Également, tu sembles présenter un profil hp (dis moi si je me trompe). Cela explique peut-être tout cet ennui qui s'installe rapidement à chaque nouvelle expérience. Tu sembles avoir besoin de stimulis constants, que ce soit cognitifs ou physiques. 

Dis toi bien que tu as déjà vécu un bout de vie que la plupart des gens ne vivront pas dans cette vie ni dans la prochaine.

On m'a dit un jour: on ne peut pas être et avoir été. Cette personne ne croyait pas si bien dire. On ne sera plus jamais comme avant ! Mais cela, c'est pour le pire et surtout... pour le meilleur !

J'ai moi aussi connu énormément de phases hypomaniaques hyper productives, tu n'as même pas idée (ou peut-être que si en fait). Mais d'énormes phases dépressives et anxieuses également...

J'ai moi-même vécu une vie assez tumultueuse.

Il faut se faire à l'idée que ce que l'on a vécu appartient au passé. Il y a une sorte de deuil à faire. 

L'essentiel aujourd'hui et de trouver de la stabilité. C'est essentiel quand on a un trouble bipolaire.

Je t'invite à peaufiner ta médication avec ton psychiatre pour qu'elle te soit tip-top. Tu y arriveras. Également, si la possibilité t'es donnée, faire un travail avec un psychologue (TCC par exemple) pourrait compléter le travail  sur toi déjà bien entamé. Des cours de psycho-educations sont également très intéressant.

Il faut aujourd'hui accepter la maladie, te préserver et te mettre des limites, te fixer des objectifs de vie. Fini le temps du butinage. Tires en tout ce que tu en as appris sur toi et la vie.

Loin de te connaître en détail, cela pourrait être (par exemple):

- te trouver un petit appart

- terminer tes cours de tourismes (qui pourront t'ouvrir d'autres portes plus tard)

- y ajouter la photographie comme passion

- ...

 

Bref, comme tu l'auras compris, fixe toi un cadre de vie pour ne plus partir dans tous les sens...

Profites de chaque jour comme une nouvelle expérience.

Et qui sait, un jour tu seras peut-être photographe international 😉

Courage...

 

This post was modified Il y a 7 mois by theo

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Florent
(@floki)
Micro Bipo
Inscription: Il y a 11 mois
Msg: 2
11/02/2019 11:32  

Bonsoir,

Je vous remercie pour vos réponses. Je passe tellement de temps dans ma tête que j'ai appris à me connaître plutôt bien 😉 Je sais que je me suis donné la chance de vivre des choses formidables et constructives. Au final c’est mon instabilité émotionnelle qui m’a permis tou ca. Je suis donc en quelque sorte reconnaissant d’être bipolaire!!! 

Le plus dur à accepter est le traitement. Être dépendant de pilules... réaliser que c'est totalement hors de mon contrôle. Pourtant dès octobre j'ai adoré ces pilules! De 9h de sommeil et réveil difficile, je suis passé à 6h avec une énergie décuplée. J'étais en fait en hypomanie et hyper productif. Et c'est super frustrant parce que cet état est fantastique et je l’estime normal puisque ce n’est pas un état extrême. 

D'autant plus frustrant que depuis, je suis de nouveau au bord de la dépression. On tâtonne dans la stabilisation et j’ai l’impression que rien ne bouge. Du coup j'ai peur de rater ma formation, de me retrouver à nouveau En situation d’échec. 

Je cherche mon stage dans une agence. J'aimerais finir à la conception de voyages et y associer la photo ensuite. Je fais tout pour trouver une stabilité. Cest pour cette raison que je fais cette formation. J’ai abandonné l’idée de me mettre à mon compte, bien trop compliquée. 

Mais c’est cette notion de gestion d’énergie qui m’énerve. Ça ne va pas du tout ensemble avec mes envies de bouger, de voyager, de sport. Comme tu dis Theo on ne peut être et avoir été. Il faut que je fasse le deuil de tout ça ou du moins les envisager différemment mais c’est dur. 

Je ne sais pas si je suis hp, je n’ai jamais fait le test. C’est vrai que j’ai toujours eu des facilités. Je n’ai jamais fait d’efforts à l’école. J’ai eu mon bac S sans réviser. J’avais fait un test de QI ou j’avais eu un résultat élevé mais je doute de sa fiabilité. 

Une chose est sûre c’est que mon entourage ne me stimule pas. Je me fais chier et je me sens déconnecté. C’est pour ça que je cherche sans relâche l’endroit où je pourrai me sentir bien. L’entourage qui pourrait me stimuler et me comprendre comme le faisait mon grand père. J’aimerai retourné dans une grande ville, j’envisage Lyon. Mais l’étranger m’intéresse toujours. Et tout ça va à l’encontre de la stabilité tant recherchée!! 

Bref tout ça m’agace énormément mais c’est une étape avant l’acceptation... comme tu dis il faut arrêter de butiner....

Pour reprendre une thérapie avec un psychologue, je ne sais pas trop. Ça a un coût et surtout je n’ai pas du tout le temps. Ça serait une source de fatigue supplémentaire. 

Bonne journée. 

This post was modified Il y a 7 mois by Florent

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