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Ça ne va pas du tout (très long post)

 

Sadie
(@sadie)
Micro Bipo
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Posts: 2
Début du sujet  

Bonjour,

Nouvelle sur le site, je viens chercher de l’aide ou au moins un peu de compréhension.

Je n’ai jamais été heureuse dans ma vie. Petite j’avais déjà des hauts et des bas anormaux, hypersensible à tout et encore plus aux critiques, environnement familial instable si ce n’est toxique. En grandissant j’avais du mal à nouer des relations saines avec mes ami.es, j’étais trop dépendante affectivement car je ne recevais pas d’amour à la maison.

J’ai commencé à avoir des idées suicidaires vers 15 ans et à faire des petites hypomanies où je couchais avec des mecs sans raison par exemple, et des dépressions. À 19 ans j’ai rencontré qqun de bien et j’ai réussi à me forcer à me poser. Mais mon tempérament ne s’est pas amélioré et malgré mes efforts il m’arrivait trop souvent d’être irritable avec lui ou triste sans raison.

Quand je suis tombée enceinte de notre premier enfant j’ai senti que je devais faire qqch pcq j’étais définitivement pas comme tout le monde et que ça risquait de porter préjudice au bébé. J’ai consulté une psychologue, sans résultat. Mon instinct avait été le bon car j’ai fait une grosse dépression post partum et le lien avec mon fils en souffre encore aujourd’hui (il a presque 6 ans). J’ai recherché à consulter quand il était bébé et suis tombée sur une psychologue qui ne convenait pas. Je me suis ensuite tournée vers un généraliste, qui m’a prescrit des antidépresseurs que je n’ai pas supportés. Idées noires, excitation, palpitations presque… J’ai vite arrêté. Ensuite ça a été psychanalyste pendant quelques mois, qui se foutait de ma gueule en fait.

À un moment ça allait un peu mieux, avec mon conjoint nous nous sommes mis d’accord pour un autre enfant. Je suis tombée enceinte rapidement et à ma grande surprise tout allait bien cette fois. Sauf que j’ai perdu le bébé. Je suis tombée dans un océan de noirceur. Dans la douleur on a décidé de retenter. La grossesse suivante, j’étais persuadée que le bébé allait mourrir aussi. J’ai refait une dépression après sa naissance.

Quand mon dernier a eu un an et demi, j’avais suffisamment digéré les échecs des thérapies précédentes pour retenter. J’ai trouvé une psychologue avec qui le courant passait bien mais on n’a jamais réussi à traiter mes problèmes de fond et bien sûr je n’avais pas de diagnostic à part une tendance à faire des dépressions.

Et puis en mars 2021 j’ai fait une grosse hypomanie. Ça a duré 10 jours. J’ai trompé mon mari, je ne dormais que quelques heures alors que je suis une grosse dormeuse en temps normal, au boulot je ne voyais plus les problèmes etc. Et puis l’homme avec qui j’avais trompé mon mari a préféré arrêter notre liaison et l’illusion s’est dissipée. J’avais le cœur en morceaux et la dépression est revenue, plus forte que jamais. Je pense que mon mari ne comprenait pas. Au même moment une de mes meilleures amies m’a annoncé qu’elle ne voulait plus jamais me parler. Ma généraliste m’a proposé des antidépresseurs avec un suivi étroit mais malgré ça j’ai fait une première tentative de suicide et me suis retrouvée hospitalisée sous la contrainte un mois. Là on m’a enfin diagnostiquée bipolaire, avec un profil plutôt cyclothymique.

Dans le même temps on se débattait avec nos difficultés de couple. On avait décidé d’essayer le couple libre pour voir si ça nous convenait. Mon mari a eu plusieurs aventures et moi j’avais noué une liaison avec une personne rencontrée à l’HP. Je suis retournée travailler en mi temps thérapeutique.

Ensuite ça a été traitements sur traitements, psychoéducation, organisation de la vie pour essayer de sortir de la dépression et prévenir les rechutes… J’ai essayé de toutes les forces avec l’aide de ma psychologue mais les légers mieux ne duraient jamais. Mon humeur restait très basse et en septembre j’ai planifié une deuxième tentative. Mon mari s’en est rendu compte et s’est mis en colère. Il m’a renvoyée en HP un mois puis a demandé que je rompe avec mon amant, ce que j’ai fait malgré la peine que ça me causait. Pendant mon séjour le psychiatre a indiqué à mon mari que je resterai à risque suicidaire. À partir de là je n’ai pas pu reprendre le travail et je suis passée en congé longue maladie.

Voyant la peine que ça me faisait d’avoir rompu, mon mari est revenu sur sa décision en février 2022. À la même période on a beaucoup discuté de la maladie. J’ai cru qu’il avait compris ce que ça signifiait, à quel point je subissais mes comportements, qu’en aucun cas je ne cherchais à l’embêter et que j’étais désolée de ne pas réussir à plus m’occuper des enfants parce que la dépression me happait. Il a dit qu’il choisissait de rester avec moi.

On est arrivés au bout de notre histoire avec mon amant et j’ai décidé de rompre. Je trouvais que ça n’allait pas si mal avec mon mari et même si je me trouvais toujours aussi mauvaise mère pour mes enfants, au moins j’avais réussi à démêler des choses à propos d’eux et je savais que je les aimais. Je voyais que je tirais tout le monde vers le bas et que je ne m’en sortais pas. Le psychiatre m’avait annoncé qu’il ne saurait bientôt plus quel traitement me proposer. J’ai oublié quelquefois de prendre mes médicaments, puis intentionnellement. Et forcément les idées suicidaires ont repris toute la place, et le soulagement à l’idée d’en terminer aussi.

J’ai minutieusement préparé tout ça et ça aurait marché si on m’avait trouvée une heure plus tard. J’ai fait deux arrêts cardiaques et plein de complications, entre la vie et la mort pendant plusieurs jours. Mais je suis encore jeune et en bonne santé physique, alors mon corps s’en est à peu près remis… J’ai passé un mois en réa puis un mois dans un autre service de l’hôpital en attendant mon transfert en clinique psy. Je tenais en me disant que cette fois j’allais m’en sortir, mes enfants me manquaient horriblement et j’éprouvais un grand soulagement quand mon conjoint venait me voir, même si j’avais remarqué qu’il était distant. Et là mon mari que j’aime plus que tout m’a annoncé qu’il voulait qu’on se sépare, qu’on allait divorcer et qu’il ferait tout pour avoir la garde exclusive des enfants.

J’ai demandé pourquoi, j’ai posé des questions, je n’arrêtais pas de pleurer. Tout ce que j’en ai tiré c’est que je suis mauvaise pour les enfants, que ça leur ira très bien de me voir juste un peu de temps en temps, et que n’importe qui d’autre que lui m’aurait quittée il y a dix ans (ça faisait plus de douze ans que nous étions ensemble). Je ne le reconnais pas. On s’aimait tellement, et si rapidement il m’a jetée à la poubelle et me parle avec une froideur méprisante.

Je me suis raccrochée à mon séjour en clinique psy, quel meilleur endroit pour affronter tout ce qui me tombait dessus ? Mais ça fait trois semaines que j’y suis et c’est de pire en pire. Mon ex a déjà entamé la procédure de divorce. Je vois s’amonceler tous les problèmes que ça va créer pour moi. Je n’ai pas de logement, pas de travail (et je peux pas travailler), des revenus trop faibles pour obtenir la garde de mes enfants et surtout pas de soutien. Mes parents avec qui j’ai une relation compliquée sont à côté de la plaque et je n’ai pas d’ami.es. Je n’ai pas de raison de vivre, j’ai perdu le peu que j’avais et je souffre sans cesse.

Les idées suicidaires sont déjà là et je recommence à planifier. Chaque fois j’apprends de mes erreurs. J’ai dit au personnel de la clinique que ça n’allait pas bien du tout et ils m’ont envoyé le psychiatre de garde qui m’a dit de « prendre du temps pour moi ».

Là j’aimerais m’enfuir loin d’abord, voir la mer une dernière fois et enfin me reposer pour toujours. En finir avec la souffrance qui ne m’a jamais quittée. La prochaine fois sera la dernière, je le sais. C’est le hasard si ça n’a pas marché la dernière fois. Et je n’ai aucune envie de repasser par la case réa, HP etc.

J’ai lu plusieurs fois sur 85% des bipolaires parvenaient à être stabilisé.es et à avoir une vie normale. Et les 15% restants, que leur arrive-t-il ?

Pour l’instant je suis coincée à la clinique, c’est trop compliqué de planifier quoi que ce soit. Je m’organiserai quand je serai sortie. Je ne sais pas trop ce que j’attends en retour de ce message. Des témoignages de personnes tombées aussi bas que moi ? Dans un premier temps je me suis dit que je devais apprendre à accepter simplement la situation comme elle est mais je me connais, dès qu’une autre mauvaise nouvelle tombe je m’écroule et ne supporte pas la douleur. J’en ai déjà trop en moi.

Merci et bravo si vous avez tout lu !


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